Carnet de bord : la transat’lantique

Vous en rêviez, vous l’attendiez avec impatience, voici enfin le récit de notre séjour en cargo, de la mer du Nord aux côtes du Pacifique ! En bleu, le récit d’Alice et en vert celui de Benoit. Evidemment, nous ne pouvons pas tout dire et pas tout écrire. Il y’a des choses qui se vivent, qui deviennent des souvenirs en mémoire, mais ne se disent pas forcément. Mais on espère tout de même que ce récit vous permettra de naviguer un peu avec nous…

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11 Août 2015

Le Sambhar arrive au port plus tôt que prévu. En accord avec l’agent portuaire de la CMA-CGM d’Anvers, avec qui nous sommes en contact depuis une semaine environ pour connaître les modalités d’embarquement et la date, nous décidons d’embarquer à 18h. Initialement, pour les passagers, l’embarquement était prévu le lendemain mais ça nous fait économiser une nuit de camping, et surtout on est plus sereins pour le trajet jusqu’au bateau. Oui, parce que le port d’Anvers n’est pas comparable à Montoir de Bretagne… Il y a deux rives, donc il faut déjà savoir de quel côté arrivera le bateau, puis 60km de quais d’un côté, 30 km de l’autre. Chance, le Sambhar arrive rive gauche, celle aussi du camping, et nous n’avons que 17 km environ à pédaler pour le rejoindre. On traverse toute la zone portuaire avec nos vélos chargés, les camions nous regardent interloqués ! On a beau avoir une « adresse » à laquelle se présenter, il n’y a évidemment pas de noms et de numéros de rue pour se repérer, donc on finit par se présenter à la première personne « physique » qu’on voit au bout d’un quai, qui gère la sécurité et les autorisations d’accès aux quais. Elle ne comprend pas qu’on veut embarquer, elle nous demande si on veut juste déposer les vélos, ou si on veut visiter un navire… ça lui paraît étrange deux personnes qui voyagent sur cargo avec leurs vélos bizarres tout chargés. Pourquoi ? On doit pas être à l’endroit prévu puisque visiblement cette personne n’a pas l’habitude des visiteurs, mais peu importe, elle s’occupe bien de nous, vérifie qu’on est bien prévu sur le port, enregistre nos papiers, nous appelle un fourgon qui assure la circulation des ouvriers sur le port, et nous demande de mettre nos gilets jaunes et nos casques de vélo, au cas où ! A peine débarqués du fourgon aux pieds du monstre Sambhar, je suis prise d’une angoisse en voyant les équipiers Philippins s’atteler avec ardeur à descendre une passerelle étroite en féraille parallèle à la coque du bateau, reliée au quai par une petite plateforme maintenue droite par un bout de bois. Comment on va faire passer nos vélos par là ? Même pas le temps d’élaborer une stratégie, les bagages sont hissées par les matelots, et l’un deux regarde le vélo de Benoit 30 secondes, l’examine, le saisi par le siège, le met sur son dos et monte par la passerelle. Même sort pour le mien. Les membres d’équipage sur le pont supérieur rigolent bien en regardant le spectacle, nous aussi. On n’a même pas le temps de prendre de photos.

La façon dont ce Philippin chope nos vélos pour les embarquer me fait penser qu’il ne va pas falloir trop contrarier nos hôtes, un accident est si vite arrivé genre chute d’un pont ! De toute façon nos hôte sont très sympas, souriant et serviables, ils nous mettent à l’aise d’entrée. Par contre, mon anglais déplorable mixé à leur accent Philippin font que je ne pige pas grand-chose à leurs propos. Alors je fais comme on m’a appris, quand tu ne comprends pas et ben sourit !

A peine arrivés dans le bateau on s’enregistre, on monte à la cabine, et il est déjà temps de dîner. Les horaires des repas sont dignes d’une maison de retraite : 7H30 – 12h – 18h !

Après les formalités d’usage, nous sommes conduits à notre cabine, petite mais d’un minimalisme charmant, je me croirais revenu dans mes jeunes années d’étudiant.Le « messman » Arturo, nous explique que nous n’avons pas le temps de trainer, c’est l’heure du souper à notre grande surprise vu que notre montre indique 18h à peine. Passer d’un sentiment de jeune bachelier à celui de vieux crouton d’une maison de retraite est déconcertant, ce grand écart m’ouvre l’appétit et je ripaille ferme. Je m’inquiète tout de même de ne pas voir de vin trainer dans un coin (inquiétude levée dès le lendemain, ouf, sauvé!!!).

Nous regagnons notre chambre, le temps de se laver et de ranger les vêtements dans l’armoire, Alice se jette sur le lit… et frôle le drame : fracture du bassin, tassement de vertèbres et déplacement de la hanche gauche ( ou droite au choix). Et oui le matelas est hyper dur, pour nous qui rêvions d’un lit apaisant c’est une déception. Elle décide alors de partir en éclaireur sur le pont pour oublier cela !

Pendant toute la soirée, le chargement bat son plein. Nous montons sur les ponts pour observer l’inlassable et magnifique ballet, dans la nuit, des portiques, des grues géantes, des containers. Tout est fluide, millimétré, ordonné, l’éclairage est somptueux, on dirait une danse. On se sent privilégiés d’observer ça du toit du bateau, en tant que spectateurs oisifs. Plus tôt dans la soirée, alors que j’arpentais le bateau et ses couloirs, je suis tombée nez à nez avec le capitaine qui du coup m’a fait une première visite du poste de pilotage dans lequel il m’indique que nous serons les bienvenus « all the time ». Génial ! C’était une de mes craintes : tomber sur un capitaine rabougri qui veut avoir les passagers le moins possible dans ses pattes… Notre capitaine, c’est tout le contraire. Il aime qu’on s’intéresse à ce qu’ils font, et il aime nous le faire partager. C’est vraiment super.

12 Août 2015

A 10h, nous accueillons nos compagnons de voyage des trois prochaines semaines : Bernard et Marie-France, (futurs) retraités de la Nièvre. Lui est passionné par la marine, et ils vont rejoindre leur fille leur gendre et leurs deux petits-fils qui vivent à Lima. Et Cyrille, français aussi, habite en Chine depuis plus de 20 ans et n’en ai pas à son premier voyage en cargo. Une telle concentration de maudits-français à de quoi faire stresser l’équipage 🙂

A 14h environ, on largue les amarres. C’est un grand moment quand ce géant des mers commence à bouger. Je passe presque toute la journée à observer, sur le pont extérieur, et dans la salle de commande. C’est incroyable. Il y a beaucoup d’activité dans la salle de commandement, car pour sortir du port d’Anvers et de l’estuaire, des pilotes montent à bord. Ils seront deux à alterner. Ils rejoignent le navire avec des petites navettes et ils grimpent à l’échelle sur le pont, on se croirait dans un James Bond 🙂 Le capitaine prend le temps de nous expliquer les cartes maritimes, et notre itinéraire à venir. Le temps passe vite. Le ciel est dégagé et on prendra un peu de temps pour observer les étoiles. Elsa nous a dit avant de partir que c’était la meilleure nuit. On en verra deux en 30 secondes d’intervalle. Ce qui est dommage, c’est qu’on ne peut plus monter au sommet du navire pour avoir une vue à 360°, le radar est en marche. Donc notre fenêtre sur le ciel n’est que partielle. On longe les côtes françaises, ce qui me permet de capter free au milieu de la manche et de partager un appel téléphonique surprise avec mes parents et Camille, on est tous les quatre bien contents.

On termine notre soirée la tête dans les étoiles, observant le ciel, je pense à ma grand-mère avec qui j’ai passé quelques soirées d’été à les observer. J’aperçois une étoile filante, Alice une autre, je ne m’autorise pas à faire un vœu, j’ai l’impression d’être déjà (beaucoup trop) privilégié. Le lendemain je vois ma 1ère baleine certes brièvement, mais quand même, oui ce voyage conjuguera bel et bien l’instant unique au pluriel.

19 Aout 2015

Déjà une semaine que nous n’avons plus vu la terre, et on ne s’ennuie pas pour autant, au contraire ! Nous avons déjà accumulé, en douceur, 4h de décalage horaire. Le soir, l’officier de quart passe un message radio dans toutes les cabines pour annoncer qu’il faudra penser à reculer d’une heure les pendules. Chouette pour nous qui allons dormir un heure de plus, moins chouette pour les officiers de quart qui veillent sur le pont par rotation de 4h et devront chacun travailler 20 min de plus.

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Nous avons été un petit peu secoués et avons traversé des dépressions en fin de semaine dernière. Le Sambhar n’est pas un gros porte-container, donc quand il y a de la houle, il tangue sérieusement. Je me rappelle avoir lu que les porte containers étaient trop gros pour qu’on puisse ressentir les effets de la houle, je peux maintenant nuancer… Un officier m’a d’ailleurs confirmé que le Sambahr était plus sensible à la houle que d’autres. Pas de soucis toutefois, et pas de mal de mer, grâce à mon super bracelet placebo d’acuponcture 😉 Quand il ne fait pas beau comme ça, on lit, on regarde des films, on joue, on s’occupe. Le responsable de la sécurité à bord du Sambhar nous fait faire le tour du navire pour nous apprendre les procédures en cas d’incendie, d’homme à la mer, d’évacuation, ce qui nous permet de faire notre première promenade sur le deck autour du bateau. Désormais, on ira tous les jours. Sur la plateforme à l’avant du bateau, entre les cordes, les chaines et les ancres gigantesques, il fait aussi bon vivre, car la vue est magnifique, on est loin des moteurs, donc au calme, et on peut entendre la mer et observer : dauphins, poissons volants, etc. Et aujourd’hui, le capitaine nous a fait installer là-bas des transats !

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La vie sur le bateau est très encadrée, les habitudes rodées et la hiérarchie bien ancrée. La culture et la nationalité des membres de l’équipage ont un impact sur la vie à bord. L’équipage est composé principalement de Philippins et de Croates. Le capitaine est Monténégrin, son second Phillippin et le chef ingénieur Croate. Nous avons assez peu l’occasion de voir ensemble les philippins et les croates. Pour le temps des repas, il y a deux salles distinctes : une pour les officiers, une autre pour l’équipage. Dans les faits, il y a les croates et nous d’un côté, les Philippins de l’autre. Sans tenir compte du « grade ». Même constat lorsqu’il s’agit des salles de détente : il y a normalement celle des officiers, plutôt occupée par les Croates, et celle de l’équipage, plutôt occupée par les Philippins. Le barbecue mensuel est l’occasion pour tout le monde de se mélanger. Ça tombe bien, il est organisé le jour de l’anniversaire de Benoit ! Ça tombe moins bien, il fait moche, donc plutôt que de faire griller le cochon sur le pont et de le déguster tous ensemble à l’extérieur, on est obligés de se rabattre à l’intérieur pour partager l’apéro, puis chacun mange dans sa salle habituelle. C’est tout de même un moment très sympa, où nous avons enfin l’occasion d’échanger avec ceux que nous ne faisons que croiser habituellement. On échange des points de vue sur la vie : on me met en garde contre le fait d’attendre trop longtemps avant d’avoir des enfants, tout le monde se renseigne au sujet de notre statut matrimonial, se demande pourquoi on ne se marie pas, pourquoi on voyage, on nous averti sur le danger de notre projet… Et on découvre aussi que pour ceux qui ont travaillé toute leur vie dans la marine, ce que nous vivons comme un moment délicieux loin du monde est vécu comme un enfermement et un isolement infernal et destructeur. Un des haut-placés, qui travaille depuis plus de 40 ans dans la marine nous a avoué que si c’était à refaire, il ne ferait pas ce choix. Il faut dire que l’éloignement doit être difficile à vivre. Pour l’État major (Capitaine, second, Ingénieur chef), quelque soit la nationalité, c’est 4 mois environ à bord du navire, et toute l’équipe de direction arrive et part en même temps. L’équipage Croate a des contrats de 4 mois, l’équipage phillipin, de 6 à 9 mois. Concrètement, comme le bateau fait toujours la même rotation « Nord Europe – Chili », ça veut dire qu’ils passent 4 à 9 mois à bord à faire toujours le même trajet, sans coupures. Qu’ils ne peuvent prendre des nouvelles de leur famille que lors des escales, bien chargées en tâches à accomplir pour certains. Pour eux, il est donc très surprenant que des gens en vacances choisissent de voyager sur un cargo. On m’a demandé à plusieurs reprises pourquoi on n’avait pas choisi un bateau de passager. On répond que dans un bateau de passager, on n’aurait pas pu découvrir tout ce que l’on découvre ici, ni pu passer du temps sur le pont de commandement comme nous avons la chance de le faire. Je ne suis pas certaine que cette réponse éclaire vraiment nos interlocuteurs toujours aussi circonspects…

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A l’occasion du barbecue, Benoit interroge des membres de l’équipage sur la séparation entre croates et philippins à bord. Ceux-ci nous assurent qu’il n’y a pas de soucis entre-eux, juste des habitudes culturelles et des loisirs différents, des repères différents, et donc le besoin de se retrouver entre pairs pour partager dans sa langue lors des moments de pause, parler de choses communes. Surtout quand on est loin des siens. Ce qui se conçoit tout à fait. Le bateau, c’est un microcosme de la société finalement. D’ailleurs, après le repas, on décide, à leur invitation, de rejoindre les philippins en plein Karaoké, pratique nationale dans laquelle ils excellent ! Les croates se joignent aussi à la fête mais seul Benoit, galvanisé par son excuse « c’est mon anniversaire » et sa consommation de Whiskies et de vin à l’apéro se lance dans l’interprétation de « la Isla Bonita » (chanson que les Philippins attribuent à la chanteuse Alizée, qu’ils vénèrent) de manière absolument catastrophique… Le Benoit des grands soirs est de sortie un dimanche après-midi, quelque part au milieu de l’Atlantique mais vous n’en saurez pas plus, ce qui se passe sur le bateau y reste (et à l’heure où j’écris ces lignes, mon anniversaire n’est pas encore passé, prudence est de mise!).

21 Aout 2015

La traversée de l’Atlantique prend fin, nous entrons en mer des Caraïbes, demain après-midi nous serons à Saint-Domingue. Cette traversée a été pleine de découvertes,d’apprentissages maritimes et de contemplation. Le ciel nous a offert des perspectives et des couleurs incroyables. J’ai adoré les nuages gigantesques et gonflés d’eau, ressemblant à de grosses balles de coton, qui flottent juste au dessus de l’eau dans un jeu de perspective avec la ligne d’horizon de l’océan. On se croirait dans un film d’animation, on dirait qu’ils sont à portée, qu’on peut les toucher. Les couchers de soleil qui embrasent l’horizon, avec parfois même un petit air d’apocalypse quand le soleil de fin du jour croise sur sa route les fameux nuages. Le bleu profond de l’océan que nous avons vraiment découvert lors de cette traversée. Un bleu qui varie du bleu roi, au bleu gris, au turquoise et au injustement nommé « bleu pétrole ». Des couleurs vives et pures : on a à la fois envie de s’y jeter et à la fois une angoisse de la profondeur que cette couleur intense traduit. Parfois 7000 mètres de profondeur, parfois 4000 ou 2000 quand on passe au dessus des massifs. Il y a beaucoup de reliefs dans l’océan. Quand je regarde le bleu profond, je me demande ce qui s’y cache, quelle est la vie que nous « survolons » sans la voir ? Nous croisons quelques bateaux, mais toujours des gros. Je ne peux pas m’empêcher de penser à ceux qui ont traversé et traversent toujours l’Atlantique à la voile ou à la force des bras… Comme on doit se sentir petit, être rappelé à sa vraie nature… Si les premiers jours ont été un peu houleux, venteux et frais, nous naviguons depuis le passage des açores sur un océan calme comme un lac, sous le soleil et la chaleur. L’air est de plus en plus chaud et humide, on sent l’approche de l’équateur. Nous avons croisé la route de quelques baleines, dans le nord, des poissons volants en pagaille, des fous de bassan et la migration d’une quarantaine d’Ibis. On attend de pied ferme les dauphins qui se font attendre ! Bref, on a beau être sur un (petit) géant des mers bruyant et polluant, on a pris un grand bain de nature et découvert une partie du monde qu’on aurait sans doute pas pu apprécier autrement, vu que ni l’un ni l’autre n’avons les compétences pour voyager et être utiles sur une plus petite embarcation. C’est une expérience fantastique !

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26 Août 2015

Entre vendredi dernier et aujourd’hui, j’ai enfin vu mes premiers dauphins. Deux fois. Des apparitions furtives mais toujours magiques, j’ai l’impression d’avoir 5 ans ! Nous avons aussi été envahis, le 22 au matin, d’oiseaux de mer venus chasser le poisson volant. Des mouettes en somme, mais bien différentes de celles qu’on connaît. Il y en avait de différentes formes et couleurs, elles squattaient à l’avant du bateau avant de plonger à pic dans l’eau. Il y en avait bien une cinquantaine qui volaient à quelques mètres seulement de nous. Et aucun caca sur la tête à déplorer !

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Dimanche, nous avons fêté mon anniversaire et celui de Bernard, qui a eu 70 ans le 24 aout. Nous offrons l’apéritif et le capitaine organise le barbecue. Comme le temps le permet cette fois, tout a été installé à l’extérieur, à l’arrière du bateau, sous les containers. Ce n’est pas tous les ans qu’on peut trinquer au coucher du soleil au milieu de la mer, en dégustant des calamars et crevettes grillées ! C’est vraiment très sympa. Tout le monde est adorable avec nous, comme toujours, mais l’alcool aidant, certains deviennent plus insistants, tactiles, un peu lourd quoi, mais rien de grave. La situation énerve le capitaine qui craint que nous nous sentions importuné par les marins un peu lourds, en particulier moi, et il finit par en prendre un à parti qui, il faut l’avouer, était bien lourd. Une esclandre éclate entre les deux, on est abasourdis ! Le capitaine remonte dans sa cabine, et ça devient vite le sujet principal de discussion : le capitaine n’avait pas à s’énerver et blablabla… On se sent pas hyper à l’aise parce qu’objectivement le capitaine se devait d’intervenir, mais en même temps c’était rien de méchant donc peut-être pas nécessaire… On se trouve pris à parti entre le crew et le capitaine, c’est pas une place appréciable… Bref, ça finit un peu en « eau de boudin » cette soirée, mais quand j’y repense, j’ai surtout en tête les bons moments qui ont précédé la crise du Rhum !

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Escale à St-Domingue le 22 Aout 2015

Nous arrivons en fin d’après-midi au port de Saint-Domingue. Rien à voir avec celui d’Anvers, il est plus à taille humaine. Nous souhaitons visiter la capitale mais notre arrivé tardive conjuguée à notre couvre-feu de minuit, nous font renoncer à ce projet. Le capitaine nous conseille de nous rendre à la ville la plus proche du port, ville que nous pouvons apercevoir depuis le bateau. De là ou nous sommes, Bocachica paraît-être une ville touristique à grande échelle, d’immenses hôtels se dressent à l’horizon, au pied de ces tours, on distingue la baie d’une eau turquoise, promesse d’un endroit paradisiaque pour vacanciers « all-inclusif ».

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Après s’être acquitté d’une taxe de 10 dollars pour pouvoir fouler le sol de Saint-Domingue, nous nous retrouvons Alice, Cyrille (un autre passager) et moi, devant un taxi fissuré et cabossé de toute part qui doit nous amener au centre ville de Bocachica. Quelques instants de négociation seront nécessaires pour faire baisser le prix de la course. L’argument du chauffeur de taxi est limpide : il ne sera pas qu’un simple courtier, il sera également notre garde du corps durant notre petite escapade, la ville étant « gangrénée » par la mafia locale, d’où un prix assez élevé pour ses services ! Tient donc, il nous faut un protectorat local maintenant !?! Après négociation, nous arpentons avec lui les routes dominicaines qui ne sont pas éclairées, en compagnie de très nombreuses motos et autres véhicules au code de la route douteux.

Nous quittons la voie rapide et pénétrons dans la ville par des petites ruelles délabrées où s’entassent un certain nombre d’immondices. Le chauffeur de taxi s’arrête dans l’une d’entre elle et se gare. 

« Euh senior, on avait demandé d’aller au centre ville, pas dans la périphérie. »

Il nous assure que nous y sommes et nous conduit dans une rue qu’il qualifie de « rue principale » à peine plus animée que ces consoeurs. Nous sommes étonnés, mais après tout, il connaît l’endroit bien mieux que nous, nous nous laissons donc guider. Peut-être même un peu trop puisqu’il nous amène directement dans un bouiboui pour prendre un verre. L’endroit paraît sympas, il donne directement sur la plage, on a les pieds dans l’eau à table. Conscient qu’il doit sans doute prendre une commission de rabatteur de touriste pour nous avoir amené ici, on décline prétextant que nous préférons nous balader avant de nous désaltérer. On marche un peu dans cette rue « principale », autour de nous, des bars et restaurants ternes, très peu de gringos, mise à part des hommes d’un certain âge, attablés, en compagnie de femmes du coin d’un âge moins certain. Le tourisme sexuel bat son plein malheureusement ici aussi.

C’est toujours délicat de se faire une impression lorsque l’on visite un endroit de nuit, encore plus lorsque l’on a quelques heures seulement devant nous, mais se que l’on a pu observer ne nous emballait pas beaucoup.

A la fin de la rue nous nous retrouvons face à ces fameux hôtels que l’on apercevait depuis le cargo, de la musique et beaucoup de lumières s’en échappent. Nous comprenons alors qu’il s’agit de véritable « tours d’ivoires », où les vacanciers se regroupent, discutent et consomment entre eux. Ce sentiment nous est confirmé par un gars du coin qui nous explique que le touriste est attiré par les rues du centre uniquement lorsque le soleil brille, même un samedi soir comme aujourd’hui, nous ne verrons pas de gringos autour de nous.

C’est difficile pour moi de me faire une opinion concrète, d’un coté, je comprends la sensation d’une certaine insécurité à se balader dans ces rues la nuit, mais d’un autre coté, je me dis qu’aucun échange n’est possible avec les habitants, hormis celui de l’argent, si les touristes ne mettent pas le nez dehors le soir…

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Nous faisons demi-tour et décidons de ne pas rejoindre ce « bunker doré ». Nous atterrissons « Chez Marius », un bar autoproclamé « recommandé par le guide du routard » selon ce qui est peinturluré sur la pancarte. La serveuse qui nous accueille parle effectivement le français, c’est du coup un peu plus facile pour s’exercer à la langue espagnole et emmagasiner du vocabulaire.On se connecte au wifi, le chauffeur s’éclipse, il reviendra nous chercher plus tard. On en profite également pour tremper nos pieds dans la mer divinement chaude…

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A son retour, nous décidons de passer par la plage plutôt que par la rue pour regagner le taxi. Il est difficile de se frayer un chemin tant l’enchevêtrement de paillotes empiète sur la plage, nous « obligeant » à mettre les pieds dans l’eau par endroit pour continuer notre route.

Au détour d’une paillote une femme nous regarde, au premier coup d’oeil on remarque tout de suite la profession qu’elle exerce. Comme dirait Fredon, le pouvoir de la bague dépasse l’entendement ! Je suis donc protégé car j’ai mis ma fausse alliance de mariage au doigt. Malheureusement pour Cyrille, lui n’en a pas et il se retrouve en grande conversation avec la chica qui n’hésite pas à allier le geste à la parole. S’en suit une rigolade en voyant Cyrille essayer de se dépatouiller pour faire fuir la chica de plus en plus insistante, même le chauffeur de taxi s’amuse de la situation. Cyrille, pour qui chaque instant, chaque échange permet d’apprendre et de réviser son espagnol a eu le droit à une leçon Assimil qu’il n’est pas prêt d’oublier.

Il est plus de 22h, il est temps de regagner le bateau, avant de monter dans le taxi, le chauffeur nous demande de vérifier nos affaires, porte-monnaies, papiers… On se dit alors tous les 3 qu’on ne passerait pas nos vacances ici, c’était une expérience particulière et cela nous suffisait amplement.

Escale à Carthagène le mardi 26 Aout 2015

Le 26 aout au matin, une joyeuse ambiance se dégage du bateau, tout le monde paraît excité par cette escale, autant lorsque nous nous sommes arrêtés à St-Domingue, peu de marins étaient descendus du bateau, autant là, tout le monde semble vouloir regagner la terre ferme. Nous aussi nous sommes impatients, la Colombie était un pays que nous souhaitions découvrir à vélo, cela devait-être notre point de chute en Amérique du Sud. Malheureusement, la compagnie de transport maritime n’accepte plus que les voyageurs débarquent là-bas, pour des questions de manque à gagner et pas de sécurité, et nous avons été « contraints » de changer nos plans.

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Nous partageons avec les autres passagers un taxi direction le centre ville historique. Étant donné que nous sommes 5 plus le chauffeur de taxi on se retrouve à 4 derrière, moi étant assis sur un quart de fesse, je ne me sens pas vraiment confortable mais au moins tout le monde peu partir au même moment sans poireauter devant le port. En chemin, nous pouvons observer tout un tas de boutiques et de petits commerces en périphérie de Carthagène. De grandes pancartes affichent la tête d’un candidat souhaitant briguer le fauteuil de maire de la ville, les élections ayant lieu dans 4 jours…

Pour accéder au centre ville de Carthagène les voitures doivent s’acquitter d’une taxe à un péage, le centre historique quand à lui est totalement interdit à la circulation en dehors des commerces et habitants. Le chauffeur nous dépose devant une grande place prêt d’un théâtre, nous convenons qu’il vienne nous rechercher quelques heures plus tard.

Nous entrons dans le centre ville historique par une grande porte (la torre del reloj), le centre étant entouré d’une fortification de 12 Km de remparts. Nous arpentons les rues un peu au gré du vent et sommes émerveillés par la beauté des lieux.

On a l’impression de se retrouver au siècle passé avec ses petites rues en pavées, l’architecture coloniale des maisons et des monuments. Les couleurs des façades de maisons et les fleurs aux balcons donnent un charme tout particulier à la vieille ville. On mange le midi dans un restaurant situé dans une court intérieur d’une vieille maison coloniale, un vrai régal.

L’après-midi avançant, il fait de plus en plus lourd et l’humidité ambiante est dure à supporter, on se sent poisseux. Nous décidons d’aller nous baigner pour nous rafraichir un peu. Les belles plages de sable blanc se trouvent loin du centre ville et nous n’avons plus beaucoup de temps. Tant pis, on se contentera d’un sable noirâtre au pieds des buildings, la mer est chaude, on se sent un peu mieux…

On retrouve les autres passagers du bateau pour prendre notre taxi qui doit nous ramener à notre Sambhar, je décide vu l’expérience inconfortable de l’aller de me mettre dans le coffre, le chauffeur me demande seulement de ne pas trop me faire voir. Tu m’étonnes, surtout qu’il ne nous amenait pas directement au port ! En effet, quelle ne fut pas notre surprise lorsque le chauffeur nous annonce que nous devons faire un détour par le centre d’immigration avec nos passeports, passeports qu’il avait en sa possession ! On s’est tous regardés ne comprenant pas comment il avait pu se procurer nos papiers sensés être restés sur le bateau ! Après avoir poireauté dans les bureaux de l’immigrations plusieurs minutes, on nous a tamponné nos passeports et nous avons pu reprendre le chemin du bateau. Plus tard dans la soirée, nous apprenons par le capitaine que le chauffeur de taxi travaillait souvent avec la compagnie maritime et qu’il avait l’habitude d’effectuer ce genre de démarche auprès des autorités locales.

Cette étape à Cartagène nous a plus, nous avons cependant une petite pointe d’amertume, on aurait tant voulu découvrir plus de la Colombie… Nous reviendrons ici un jour on se l’est promis.

28 Aout, traversée du Canal de Panama

Le 27 aout, nous faisons escale à Manzanillo, un port à l’entrée du canal. Equipage et capitaine nous ont déconseillé de sortir. Le port est un coupe gorge, la ville un peu plus loin sans intérêt et le taxi pour s’y rendre est cher. Une telle unanimité ne nous motive pas trop, et on reste à faire la siesta. A 17h nous quittons le port pour jeter l’ancre à quelques encablures de l’entrée du Canal, au milieu d’une quarantaine d’autres bateaux, de toutes tailles et de toute forme, attendant eux aussi de pouvoir passer. A 4h du matin, nous démarrons en direction de la première écluse. La manœuvre est extrêmement lente, puisque nous ne sortirons de cette première écluse, qui compte 3 bassins, à 7h du matin seulement. L’ouvrage est impressionnant : les portes sont gigantesques, les bassins longs de plus de 300m, le bateau est tiré par des petits wagons appelés les « mules ». Nous montons ainsi de 26m pour atteindre le lac Gatun.

Nous jetons l’ancre dans le lac, avec les autres bateaux qui attendent comme nous. En effet, le canal est étroit et deux gros bateaux ne pourraient pas s’y croiser. Donc nous attendons que ceux qui empruntent le canal en chemin inverse arrivent pour pouvoir, à notre tour, nous lancer, à la queue-leu-leu !

Le spectacle est magique, nous traversons une forêt tropicale, des îlots (sommet des montagnes immergées), des montagnes… La nature est toute proche et nous la traversons très lentement tant le risque de se planter est élevé. Le Canal de Panama a un statut particulier : le pilote monte à bord avec toute une équipe, et il est responsable du navire. Ce n’est plus le capitaine qui en a la responsabilité en cas de soucis. Il est au service du pilote qui décide. Nous sommes chanceux d’assister à toutes ses manœuvres et discussions. Par contre aujourd’hui, nous n’avons pas le droit d’aller sur le pont extérieur inférieur, car les manœuvres dangereuses y sont nombreuses.

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Nous n’atteignons la sortie du Canal qu’en toute fin de journée, vers 18h, quand la nuit tombe. Marie-France, qui a du réseau sur le bateau nous apprend alors que sa fille a découvert que la douane péruvienne s’apprêtait à nous la jouer à l’envers à l’arrivée en bloquant les vélos pour nous faire payer cher… Nous savons que ce n’est pas légal du tout, mais nous savions aussi que c’était un risque et que le passage des douanes est toujours un moment délicat quand on trimballe des objets de valeurs… Ils veulent qualifier nos vélos de marchandises d’importation, taxées lourdement, alors que ce sont des équipements sportifs à usage personnel, non assujettis aux taxes d’entrée… On rage, on se sent impuissants, sans internet pour monter une stratégie de défense, sans rien… Du coup, malgré cette belle journée, c’est un peu dépités que nous allons nous coucher, sans voir le pont des Amériques…

31 aout

Nous sommes entrés dans les eaux péruviennes. Le soleil n’est pas au beau fixe, mais nous apercevons les reliefs, et surtout, la nature nous offre un spectacle exceptionnel de baleines, dauphins et phoques du matin jusqu’à la fin de la journée. On ne sait plus où donner de la tête ! Pour les photos souvenirs, c’est un peu compliqué : ces petites bêtes sont furtives, nous ne sommes pas à l’océarium ou à Marineland, et je n’ai pas emmené le grand zoom. Ça restera donc surtout des souvenirs pour nous et pas des photos de carte postale, ne vous attendez pas à voir les fanes de la Baleine ou l’oeil enjoué du Dauphin ! Pendant ces quelques jours d’approche, les échanges entre le capitaine, l’agent portuaire, Marie France, sa fille et son gendre vont bon train pour mener à bien l’opération « sauvons les vélos ». ça s’annonce bien compliqué mais on est aussi très rassurés et touchés par l’énergie déployée par tout ce petit monde pour nous aider…

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1er septembre 

Les sacoches sont prêtes, déjà 3 semaines se sont écoulées. Nous sommes d’accord : on n’a pas vu le temps passer et cette expérience aura été formidable. C’est l’une de celle qu’il fallait vivre maintenant, sans enfants, en ayant du temps devant nous et pour nous. Ce monde de la marine marchande est dur. De 4 à 9 mois dans un microcosme, à travailler 7/7, être dispo 24/24, à avoir très peu de sas de décompression à l’extérieur… Beaucoup nous ont dit ne faire ça que pour l’argent, offrir une situation à leur famille et leurs enfants. D’autres nous ont dit que si c’était à refaire ils ne referaient pas ce choix. Et je les comprends. Combien nous ont dit qu’ils n’avaient pas fêter noël en famille depuis des années ? D’ailleurs, du coup, ils étaient un peu surpris qu’on ne rentre pas pour Noël alors que rien ne nous oblige à rester loin des nôtres. Ce statut professionnel m’a fait beaucoup réfléchir sur le sens de la vie, du travail, la réussite sociale et les sacrifices. Offrir mieux à ses enfants, oui, mais à quel prix ? Si c’est pour ne pas les voir grandir ? Même si les conditions de travail n’ont rien à voir avec celles du siècle dernier, ça reste, pour moi, de l’exploitation moderne…

On arrive à Callao avec le coeur serré, dire adieu n’est jamais agréable. On a quand même passé 3 semaines sur le même bateau, et on s’y sentait bien, cocoonés, protégés, privilégiés. Tout le monde était extrêmement aimable et gentil avec nous. Etre une femme à bord aura été plus souvent un atout qu’un handicap, l’équipage étant globalement encore plus aux petits soins avec une femme. Mais parfois aussi un peu pesant, quand on a l’impression d’être une poule perdue dans un champ de renards…

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Le coeur serré de tourner cette page. Et la boule au ventre face à la nouvelle qui s’ouvre. Ça y’est, nous apercevons les sommets au dessus de Lima, et la perspective de m’y lancer à vélo me glace le sang… Mais ce qui me glace encore plus le sang, c’est la perspective de ne rien parcourir du tout à vélo si la douane nous joue la carte du chantage financier… Bref, on est un peu sous le coup des émotions mélangées et on quitte finalement le bateau un peu comme on est arrivé, discrètement et sans grands cérémonials. Chacun reprend son fil, ainsi va la vie !

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Je ne veux pas détailler ici toutes les manœuvres qu’il aura fallut faire pour sortir les vélos sans y perdre une semaine et un mois de salaire, mais ça n’aura pas été une mince affaire, et sans l’intervention, avant notre arrivée et lors de l’arrivée, de nos anges Franco-Hispanico-Péruviens, nous serions certainement coincés à Lima, nos vélos à la douane et une belle facture fictive en $ à trois zéros à payer pour les faire sortir… On ne pouvait pas anticiper ça. On avait pris contact avant le départ avec l’ambassade, tout était en règle. Même les arguments présentés par les agents de la douane pour nous faire payer étaient en contradiction avec les droits des voyageurs au Pérou, clairement rédigés au dos du formulaire d’immigration qu’ils nous ont fait remplir. C’est dire comme c’est tordu… On l’a bien entendu souligné, et ça a compliqué leur stratégie pour nous faire cracher, mais tout est bon pour inventer des textes et règlements d’exception, dans notre cas par exemple, au transport de vélo par voie maritime ! Après 2 bonnes heures de tractations, puis de fouille, nous avons enfin pu quitter la barrière du port où Marie-France, Bernard, leurs enfants et le taxi qu’ils nous avaient gentiment réservé et négocié nous attendaient.

Bienvenidos a Perù !

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PS : ce que nous pouvons conseiller à quelqu’un qui souhaiterait entrer au Pérou avec son vélo par voie maritime et qui ce serait perdu sur cette page web, c’est de rassembler avant le départ des documents prouvant que son vélo et plus largement son matériel est réservé à un usage personnel et/ou sportif. Une lettre d’attestation en ce sens d’un organisme péruvien peut-être d’une grande aide. A ma connaissance, personne n’a rencontré de telles difficultés en entrant au Pérou en avion ou par voie terrestre…

13 réponses à “Carnet de bord : la transat’lantique

  1. Enfin des nouvelles de vous ! Et toujours ce talent et cette envie de communiquer vos emotions et vos petites et grosses frayeurs ! Ceux qui ont voyagé s’y retrouvent bien . Belles photos en prime ! Vite la suite des aventures avec toujours de grands paysages et un peu de vélo cette fois
    christian

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    • Oh ouuuuuuiiiii, vient !!!!!!! Faut dire qu’au delà d’une bague au doigt, le Benoit avait accessoirement une trentennaire châtain d’1m70 et XX kg au bras, pas très discret pour passer pour un célibataire… 😉

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  2. A peine commencé, votre voyage est déjà très passionnant, palpitant et superbement bien écrit. J’ai hâte de découvrir la suite de votre périple à travers les Andes.
    Enfin, Alice, j’espère que, photographiquement parlant, tu prends beaucoup de plaisir avec le D90…
    A bientôt à travers vos mots et vos images !!!

    Aimé par 1 personne

    • Merci ! L’appareil est parfait pour mon usage, je ne regrette pas un instant de l’avoir choisi ni de l’avoir emmené ! On utilise pour les photos dans les grosses villes et quand il faut sortit rapidement l’appareil, un compact dit expert Lumix LX7, et je me dis à chaque fois que j’aurai été extrêmement frustrée de ne partir qu’avec celui là…Le reflex est bien plus qualitatif, même plus ancien. Pour les retouches, je fais finalement trop de photos et je n’ai pas assez le temps. Donc je me contente de retouches très basiques sur iPhotos, le logiciel du mac, et ça me va pour la plupart des usages. J’ai également Darktable dès que je veux des fonctions plus avancées. J’ai mis plus de photos dans un album Picasa. A bientôt !

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  3. Bravo!
    Quel plaisir de partager vos émotions et les paysages magnifiques! Quel talent d’écrivains! On s’y est cru en vous lisant ligne à ligne, et en découvrant cette nature et ses hommes. On a pu plonger près de vous et partager tous les trois avec une grande émotion ce voyage sur la mer et ses mondes. La terre vous attend et nous aussi, à travers ce récit extraordinaire.

    PS: On a bien rigolé! (et tremblé.. :-p ) Maganda Ate Alice ! (en tagalog minouck..)

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  4. Un bon retard d’un mois sur vos aventures !
    Pas très dépaysant pour moi ce coup-ci ce début de périple, me suis un peu sentit au taf. Je vois avec vos photos qu’à Anvers ils peuvent décharger deux conteneurs de 20 pieds en même temps, la classe ^^

    Ca m’a éte facile aussi de vous imaginer discuter avec les marins, avec les accents incertains des deux côtés 😀 Souvent des discussions très intéressante, mais ça finit souvent par parler de filles 🙂 Je suppose que là ils n’ont pas essayé, mais ils essaient souvent de caser leur cousine ou amies avec un occidentale, en demandant toujours « Hey you add her on Facebook ! », enfin bref !
    Baleines, dauphins et même poissons volants (Super impressionnant j’ai trouvé, j’ai toujours cru qu’ils ne méritaient pas leur nom, qu’ils se contentaient de planer hors de l’eau mais trop pas en fait, ça bat vraiment des nageoires ! Sur un max de distance en plus)
    Pas cool la mésaventure des vélos au Pérou, vous aviez vraiment pas besoin de ça…

    Sinon je suis vraiment bluffé par vos qualités d’écriture, enfin plus bluffé par Benoît surtout, Alice ça ne m’étonne pas vraiment. Bon comme ça, ça sonne pas vraiment comme un compliment pour Mr Boiteux 😀 Tellement de qualités chez cet homme…

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  5. Bravo pour ce beau récit qui me conforte dans mon envie déjà ancienne de voyager en cargo (en fait, juste les finances me retiennent… hélas). Vous savez faire partager votre voyage et cette ambiance maritime que j’aime tant. Merci
    Anne Berthoud

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