De Caraz à Huanuco, deux transats au dessus du Mont-Blanc

Nous venons d’apprendre la triste nouvelle des attentats d’Ankara. Nous sommes de tout coeur solidaires avec les peuples Turcs, ce beau pays que nous avons hâte de découvrir. 

« Une injustice commise quelque part est une menace pour la justice dans le monde entier »

Martin Luther King 


Après une journée de repos et de préparatifs à Caraz, suite au trek, nous avons repris la route sur nos deux roues. En bleu dans le texte,  le récit de Benoit, et en noir celui d’Alice. Bonne lecture !

De Caraz à Huaraz

Nous partons de Caraz tardivement, il est plus de 9h du matin et le thermomètre indique déjà plus de 30°c. Nous empruntons la route principale bien asphaltée, cela nous permet d’avoir un bon rythme de croisière. Vers 11h, la chaleur commence à être difficile à supporter, on frise les 45°C. On décide de faire une pause dans un bar restaurant adjacent à la route. Je prends un coca bien frais et Alice un jus de papaye. On reprend la route pour effectuer quelques kilomètres de plus et s’extirper de la zone urbaine. On trouve un champ jonché d’arbres qui nous permet d’avoir de l’ombre. On mange les sandwichs au poulet concoctés par mes soins le matin même et on en profite pour faire une petite sieste aux pieds d’un arbre. Nous reprenons la route vers 14h, la température a nettement baissé et le vent c’est levé nous permettant d’avoir plus de fraîcheur. On arrive à Carhuaz en milieu d’après-midi, Alice tente de trouver un hôtel pas cher tandis que je surveille les vélos sur la fameuse place des armes présente dans toute les villes du Pérou.

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Le fameux Huascaran, vu de la route. En 1970, le tremblement de terre à provoqué une avalanche qui a totalement détruit la ville de Yungai

Finalement, au bout d’une heure d’investigation et avec l’aide d’un habitant, Alice nous dégotte une chambre d’hôtel à prix défiant toute concurrence. Certes le matelas est en béton et il ne faut pas être trop regardant sur l’hygiène de la chambre, mais cela convient parfaitement pour ce qu’on a y faire c’est-à-dire dormir et se lever tôt le lendemain pour éviter la chaleur.

Petite anecdote : alors que je me lavais sous l’eau froide, coupure d’eau, je me retrouve plein de savon l’air bête. Alice a dû me remplir quelques verres avec de l’eau restés dans la tuyauterie du lavabo pour que je puisse finir ma toilette ! hum… 

On sort vadrouiller un peu en ville et choisir un restaurant, Alice est indécise et ne souhaite surtout pas manger encore une fois le traditionnel riz poulet. Problème, nous ne trouvons pas de bouiboui qui nous offrirait d’autres choix. On finit par atterrir dans un Chifa (à ne pas confondre le schiffala cher à mon cœur d’alsacien), sorte de restaurant souvent tenu par des asiatiques, à l’hygiène douteuse que l’on trouve partout dans les villes du Pérou et où l’on trouve de tout. Nous prenons du poulet à l’ananas avec devinez quoi??? Du riz bien sûr (on échappe pas à son destin). En nous baladant au centre ville, nous avions repéré, enfin Alice avait repéré (vous pouvez lui faire confiance pour ça) une boulangerie/pâtisserie qui avait l’air d’avoir un certain cachet. Nous y sommes allés et avons pris une sorte de mousse à la fraise avec un gâteau à l’intérieur nappée d’une gelée sur le dessus. Déception totale, la mousse n’avait aucun goût et croquer dans la gelée ressemblait à mordre dans un morceau de caoutchouc… Alice était au bord du gouffre, presque en état suicidaire!!!

Nous sommes rentrés rapidement après cette expérience culinaire désastreuse et sommes allés nous coucher (j’ai gardé un œil sur Alice toute la nuit au cas où). Le lendemain départ à la fraîche comme prévu, Alice discute avec la gérante de l’hôtel avant de s’en aller, elle lui donne le nom d’une amie à Huanuco chez qui nous pourrions être hébergés, sympa.

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pour les gonz : flagrant délit de récidive…

La route qui doit nous amener jusqu’à Huaraz est une succession de montées et de descentes, on traverse la plupart du temps des zones habitées, le paysage change, il y a plus de verdure autour de nous. Les conducteurs semblent pressés ce matin et ils n’ont que faire de 2 petits vélos sur le bas-côté. Ainsi durant tout le trajet, nous nous sommes fait doublé à toute berzingue par des voitures, des bus et des camions. Ils klaxonnent frénétiquement lorsqu’ils sont derrière nous, à partir de ce moment-là, pour eux, c’est à nous de faire attention et de prendre nos précautions en se mettant sur le bord de la route. Seulement par moment, il n’y a pas de place pour se pousser et nous nous faisons frôler à plusieurs reprises. C’est très stressant et énervant de se sentir aussi peu en sécurité devant de tels comportements inexplicables. À croire que la justice péruvienne ne condamne pas les chauffeurs tueurs de cyclistes ou de piétons.

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On arrive à Huaraz en fin de matinée épuisés nerveusement par le trafic routier. On croise à nouveau le couple d’équatoriens sur le bord de la route, on s’embrasse, on discute un peu et on se dit à bientôt, nos routes sont faites pour se croiser apparemment. Alice a repéré sur internet un hôtel bon marché qui accueille beaucoup de cyclovoyageurs, nous rentrons l’adresse sur le gps, malheureusement, il plante et nous envoie dans des pentes bien raides. On arrive sur les hauteurs de la ville, la vue est belle mais ce n’est pas du tout le bon endroit…

On finit par redescendre et par aller demander à l’office du tourisme qui nous indique la bonne direction. Pendant qu’Alice cherche l’hôtel à pieds, je garde les vélos dans la rue. Un homme m’accoste, il me demande d’où je viens, où je vais, nous discutons un peu, à la fin de la conversation, il me donne 10 sol pour l’hôtel de ce soir, j’ai à peine le temps de le remercier qu’il était déjà parti ! La générosité des gens fait chaud au cœur et cela me donne une bonne leçon d’humilité. Malheureusement l’hôtel que nous recherchions depuis plus de 2h est complet, nous nous rabattons sur un autre un peu plus cher mais charmant avec sa petite cours intérieure.

Nous passons deux jours à Huaraz, c’est une ville idéale pour les randonneurs et les alpinistes fondus de glaciers, il y a plusieurs agences dédiées à ces types d’activités, ainsi que des magasins spécialisés dans la haute montagne. On en profite pour aller voir la maison des guides afin de nous renseigner sur la route que nous souhaitons emprunter par la suite qui nous amènera au pied du glacier Pastoruri.

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c’est ça les gringas…

Huaraz, c’est aussi l’occasion de redonner vie à ses papilles gustatives et de reprendre un peu le goût des saveurs occidentales : vin rouge, pâtes carbo, lasagnes, filet de bœuf sauce champignons, tortillas, et clou du séjour… du beurre salé au petit déjeuné !!! ça faisait près de 3 mois que j’en étais privée… La gastronomie typique péruvienne est très bonne, mais surtout développée dans les grandes villes. Sur les petites routes ou pour les budgets plus limités, on est vite cantonnés toujours aux mêmes plats, encore plus quand on cherche à éviter les « repas pièges » qui vous colleront une bactérie pour les 15 prochains jours… Malgré tout, ça ne nous empêche pas de manger au marché dès que l’on en a l’occasion. L’hygiène est un peu douteuse mais ce sont souvent des produits du marché, donc frais, et il y a une forte rotation parce que ce n’est pas cher, et surtout, c’est l’occasion de partager le repas avec les gens du coin et de discuter de tout et de rien.

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Beurre salé. Rien à ajouter

Nous avons croisé plusieurs européens qui ont fait de Huaraz le point central de leur séjour péruvien, pour rayonner ensuite dans toute la cordillère blanche. Certains ne comprenaient pas pourquoi on avait passé tant de temps à Caraz, la petite ville considérée plus comme une ville étape vers les sommets qu’un lieu de villégiature. Après avoir été dans les deux endroits, on ne regrette pas le choix de Caraz, à dimension plus humaine et moins touristique, où l’on se sent mieux imprégnés de la vie péruvienne. A la fin de notre semaine à Caraz, nous avions nos petites habitudes au marché, boulangerie, vendeuses de jus de fruits… Huaraz invite plus facilement à l’ « entre-soi » entre gringos, dans les bars et restaurants peu fréquentés par les habitants.

Nous avons donc repris la route vers le sud, en direction de la route pastoruri qui traverse le parc Huascaran, la Cordillère Blanche d’est en ouest, et nous fera basculer du côté de la Selva, en passant par la cordillère Huallanca. Cette route exigeante et assez difficile nous a été recommandée par d’autres cyclos comme étant splendide, on tenait à y passer malgré la saison des pluies qui a fait son retour depuis quelques jours…

Ruta Pastoruri, traversée de la Cordillère blanche

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Zut alors, on a pas vu les soucoupes volantes !!!

Nous avons démarré cette première journée bien trop tard, donc sous la chaleur dans un premier temps, puis sous un ciel venteux et pluvieux en début d’après-midi. On décide d’écourter notre étape et de s’arrêter à Catac, dernier village avant la bifurcation. La découverte de la piste le lendemain matin nous donnera raison ! 

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En effet, au petit matin, nous bifurquons enfin sur la Ruta Pastoruri environ 7 km après Catac. On redécouvre les joies du Canyon del Pato, entre ripio, caillasses, et tôle ondulée. On savait que de la piste nous attendait pour les 70 prochains km mais on ne l’attendait pas en si mauvais état, en tout cas pour nous et nos vélos. Il y a parfois tellement de cailloux que l’on a du mal à tenir l’équilibre. Les cailloux en montée nous font parfois patiner dans le vide, c’est très agaçant. Oui, parce que cette piste cabossée monte doucement, parfois en jouant les montagnes russes, et nous passerons de 3600 mètres à Catac à 4820 mètres au premier col de la traversée.

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Cette première journée de piste est donc très rude pour la mécanique, les articulations, et le moral des troupes… Je me sens nullissime et me demande si je vais pouvoir atteindre ces sommets dont je rêve tant alors que je n’arrive à rien dans cette première étape pourtant pas difficile en terme de dénivelé (+400).

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Heureusement, et ce dès les premiers kilomètres, le paysage nous enchante et nous motive à avancer. On croise sur notre route un puya raimondii, plante géante qui ressemble…ben à aucune autre plante en fait. Elle ne pousse qu’à une certaine altitude, entre 3000 et 4000 mètres environ, dans des soles humides et dans certaines parties des Andes uniquement (quelques endroits au Pérou, en Bolivie et au nord Chili). Elles peuvent vivre jusqu’à 100 ans et mesurer plus de 10 mètres. La plante ne fleurit qu’une fois dans sa vie, produisant des milliers de fleurs, et meurt ensuite… 

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Pour couronner le tout, au milieu de la journée, on essaye de redresser mon guidon qui était légèrement tordu et ne m’aidait pas à maintenir le cap au milieu des cailloux. Benoit force un peu et le guidon devient complètement libre, plus moyen de le resserrer… Ceux qui me connaissent bien imaginent à quel point j’ai su rester zen dans cette situation : après tout, le guidon n’est pas une pièce essentielle du vélo, je n’en ai pas vraiment besoin sur cette piste cabossée, et puis ça fera des souvenirs à raconter ! C’est donc en toute quiétude que j’aide Benoit à démonter toutes les pièces de mon guidon au milieu d’une splendide vallée aux reflets jaunes et gris, avec la cordillera blanca en contre-fond et un ciel plus que menaçant…

On continue doucement notre route lorsqu’Alice me dit avoir un problème de parallélisme entre son guidon et sa roue avant, dû sans doute à une chûte quelques temps auparavant. Ni une ni deux je dévisse l’écrou afin de redresser le guidon. La tige filetée reliée à l’écrou fini par sortir entièrement, je veux la remettre et la visser un peu afin de pouvoir affiner le parallélisme, mais je sens que la tige tourne dans le vide… un mauvais pressentiment me traverse, pourquoi ai-je fait cela d’autant plus qu’Alice venait de me dire de ne pas sortir la tige entièrement ! Nous voilà avec un guidon complètement désuni du reste du vélo, en plein milieu de la piste avec de beaux nuages noirs nous arrivant dessus. Alice reste calme, elle ne m’accable pas et me remercie d’avoir essayé… Nan je déconne, c’est la panique, j’ai des sueurs froids qui me coulent le long de la nuque. Après avoir échangé « calmement » nos points de vue sur la situation, je réfléchis un peu et me dis que la partie avec un pas-de-vis qui doit maintenir la tige est forcément tombée dans la colonne de direction du vélo. Seulement, pour pouvoir récupérer cette pièce, nous avons, dans un premier temps, dû enlever les poignées, les freins et les vitesses du guidon, puis nous avons dû retourner le vélo pour que la gravité joue son rôle et là bling, la pièce tant espérée est enfin tombée au sol ! Le temps de tout remettre, nous avons perdu dans l’histoire une bonne heure, seul petite satisfaction, la pluie n’est finalement pas arrivée jusqu’à nous.

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L’opération se passe mieux que ce que nous pouvions escompter, et nous arrivons à l’entrée du parc Huascaran, après seulement 17km parcourus, en milieu d’après-midi.

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Le point de contrôle est composé de deux grandes bâtisses sphérique d’un parking et de plusieurs toilettes. Un homme se tient là avec femme et enfant, il y a également une veille dame qui tricote. L’homme nous demande de régler le droit d’entrée du parc, nous lui sortons notre autorisation. Le gardien lit la lettre pas vraiment de manière assidue et il nous montre un endroit où planter notre tente, à côté des bâtisses à l’abri du vent, vraiment sympa ce gardien… Mais au fait, est-ce vraiment le gardien? Il n’a pas d’uniforme, nous a montré aucun papier, amène toute sa famille pour bosser, de plus, les bâtisses étaient fermées à clé. Il ne nous a également pas inscrit dans le registre d’entrée du parc! Bizarre, bizarre, en plus, voilà qu’il arrête une camionnette pour embarquer lui et sa famille en nous laissant seuls en proie à nos doutes. A qui a t-on donné notre autorisation ?

On se sent un peu cons de n’avoir pas demandé plus de vérifications, ce mec a maintenant nos identités, numéros de passeport, et notre autorisation officielle… Pour pas être cons jusqu’au bout, on décide de changer de lieu de bivouac et on s’installe au milieu de la pampa, une cinquantaine de mètres plus loin. On perd en confort, mais pas en perspective, le cadre est magnifique. Pour mettre fin en beauté à une journée assez difficile, nous n’arrivons pas, malgré moults tentatives, à faire démarrer le réchaud à l’essence. En gros, au lieu de passer d’une flamme jaune, à une flamme bleue par un processus très complexe ( = en tournant délicatement la poignée), on passe d’une flamme jaune à rien… J’essaye plusieurs fois, je m’acharne dessus mais rien n’y fait, déception totale et inquiétude.

Nous avions pourtant tout testé avant de partir. Au bout de 2h de vaines tentatives, je me couche le ventre vide et la tête pleine de questions : on ne peut pas partir sans réchaud, est-ce que l’un de nous doit retourner en stop à Caraz pour voir ce qui ne va pas et acheter une nouvelle bouteille de gaz de secours (mais ce n’est sécurisant ni pour celui qui part tout seul, ni pour celui qui reste tout seul sans possibilité de cuisiner au milieu de la pampa), ou est ce qu’on doit faire ça tous les deux et remonter nos étapes des deux derniers jours en sens inverse (suicide assuré et peu de chance de reprendre cette route, vu le climat de moins en moins propice)… Moi je me rabats sur du pain-ketchup, à l’ancienne.

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premier bivouac dans le parc

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Notre seule compagnie et gardien d’un soir, El Pero, veille !

Au petit matin, on se lève aux aurores, la tente est gelée, et ni une, ni deux, on retente de démarrer le réchaud. Alors que deux heures ce sont écoulées et que la stratégie de repli commençait à prendre forme concrètement, le capricieux se met enfin à fonctionner et nous offre à la fois un petit déjeuner chaud, mais aussi la possibilité de préparer en avance le Quinoa pour la salade de midi, et surtout, la perspective de poursuivre notre route ! Avec tout ça, nous avons pris beaucoup de retard et ne nous élançons que vers 10h… Les Breizhiliens, couple de voyageurs à vélo, qui ont suivi cet itinéraire quelques semaines avant nous, nous avaient conseillés pour cette étape de partir tôt, c’est raté…

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La route est un enchainement d’émerveillements pour les yeux et de prise de conscience de ce que provoque concrètement ici le réchauffement climatique : beaucoup de glaciers ont disparus, et même les lacs alors crées par la fonte sont aujourd’hui asséchés. Les couleurs sont superbes et on se sent ridiculement petits et privilégiés au milieu des Puyas Raimondi et des sommets. Nous ne sommes pas en saison touristique donc le trafic ne nous dérange pas le moins du monde sur cette portion de route où nous sommes à 98 % du temps seuls.

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La piste est toujours difficile, et a un moment, elle se transforme en lacets pour nous permettre de monter plus directement de 150 mètres. Quelle aubaine ! Pour fêter ça, je ne résiste pas au plaisir de faire ma première chûte de la Ruta Pastoruri, surprise par un gros cailloux qui déstabilise mon équilibre. Un bon gros bleu sur la hanche droite qui s’annonce et c’est reparti.

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Après avoir croisé une petite fille bavarde seule au milieu de nul part, avec un chiot et un agneau (avec un joli nœud rouge) qui avait pour mission de nous apitoyer et amasser quelques sucreries ou Nuevo Soles en échange d’une présentation de peintures rupestres sans intérêt ou d’une photo d’elle et l’agneau (mission partiellement réussie, on lui laisse la petite monnaie et un paquet de gâteaux, nous sommes trop faibles et elle est trop rusée et trop chou la diablesse…), on fait une pause déjeuner sous un ciel menaçant, qui vire à la grêle, et on reprend notre route pour s’arrêter à 4 km de la bifurcation vers le glacier Pastoruri, à 4700 mètres. Le cadre est grandiose, au milieu des montagnes et face au soleil qui se couche. Un vrai bivouac en liberté. A peine le soleil couché, la température tombe au dessous de 0°. Il fera sans doute près de -15° au milieu de la nuit puisqu’il fait encore -10° à notre réveil. La tente est gelée à l’extérieur et à l’intérieur, mais heureusement, nous avons du matériel adéquat et avons multiplié les couches de vêtements pour ne pas rester fossilisés aux pieds des glaciers.

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Vue de rêve sur le coucher de soleil depuis notre chambre

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Tout le paysage devient rouge, les vaches qui nous encerclent vont paitre un peu plus haut

Le lendemain, arrivés à la bifurcation, il faut faire un choix : soit aller visiter le fameux glacier Pastoruri, qui a donné son nom à la route que nous empruntons, et qui témoigne par sa fonte du réchauffement climatique, mais du coup envisager une nuit de bivouac supplémentaire au milieu du parc. Soit continuer et tenter de rallier Huallanca dans la journée pour une bonne nuit et une douche chaude. J’avoue que bizarrement, moi qui veux toujours tout voir, j’étais prête à me lancer à l’attaque des deux cols qui nous attendaient sans passer par la case « glacier », un peu inquiète de mes piètres performances en montagne dans les graviers. Benoit avait très envie d’aller voir le glacier et me convainc, on se lance donc dans les 3km de piste en sens inverse de notre route. Arrivés à l’aire de service -où tout est presque fermé-, il y a encore 2,5 km à grimper à pieds pour atteindre le glacier… Il nous reste encore au moins un col à franchir à vélo aujourd’hui, nous sommes à 4800m d’altitude, j’arrive facilement à convaincre Benoit de louer les services d’un cheval pour cette ascension. On fait les gros touristes partisans du moindre effort, mais on sait d’où on vient et où on va… Et ça fait des semaines que je rabache que j’aimerai faire la route à cheval. Bon il ne s’agira pas pour moi d’une expérience équestre mémorable, et la culpabilité ne fera qu’accroitre en entendant mon riquiqui « poney-mule » pousser des raillements dans la montée, incité à aller plus vite par des onomatopées incompréhensibles de son propriétaire. On fera la descente à pieds comme des grands.

Nous arrivons au glacier, devant nous se dresse un mur de glace semi-circulaire d’une blancheur au reflet bleuté sans égal. À ses pieds, une étendue d’eau d’où flotte des minis icebergs dû à une ressente chute d’un pan de la paroi ! Le tableau est splendide, on ressent le froid de ce « gros glaçon » et on en observe toutes les facettes. Nous sommes d’autant plus privilégiés car le beau temps est de la partie et que mis à part 2 suisses (qui voyage depuis 8 ans avec leur camping-car à travers l’Amérique du Nord et de Sud), nous sommes seuls sur le site. Alice peut s’adonner à sa passion de la photographie sans limite tant les reflets du glacier jouent avec la luminosité. Moi, je reste là, « planté », à me demander si tout ceci est bien réel !

En s’approchant du glacier, on rencontre le gardien avec qui nous discutons, il nous avait vu arriver en vélo ce matin et nous questionne sur notre itinéraire. Il nous invite à franchir le fil de délimitation pour être au plus prêt du Pastoruri. Quelques photos plus tard, nous prenons de la hauteur sur un mirador afin d’avoir une vue panoramique. Le gardien nous montre l’évolution de la fonte du glacier depuis plus de 40 ans, l’un des suisses, nous explique être venu ici il y a 2 ans, le glacier a énormément diminué selon lui. Le réchauffement climatique est plus que jamais en marche!!! La Cordillère Blanche est malheureusement un bon exemple des conséquences de l’accélération du réchauffement climatique. Cette chaine de montagne, la plus haute de montagnes tropicales au monde, a déjà perdu plus de 30% de ses glaciers, avec des conséquences graves pour les populations et la faune et la flore qui dépendent de la fonte annuelle des neiges pour s’approvisionner en eau… Espérons que la COP 21 ne va pas se solder, comme toutes les autres conférences, sur un compromis nullissime en terme d’impact environnemental. Et à nous d’y penser un peu dans nos quotidiens… 

Deux jeunes étudiants péruviens arrivent, on aperçoit au loin une vingtaine d’autres de leurs camarades, il est temps de partir. Bon aller une photo en compagnie de ces 2 étudiants qui tiennent absolument à se qu’on apparaisse dans leur album de souvenirs de sortie de classe, on comprends pas vraiment pourquoi (on est sales, on sent de loin pas la fraîcheur Narta et je suis en leggings pour vous dire!!!) mais bon, on s’exécute. Sans nous en rendre compte, nous sommes tombés dans un engrenage de « selfie-embuscade ».

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Les voilà les fous du selfie…

Définition: le selfie-embuscade est une suite de photographies avec toi et des gens que t’as jamais vu avant, qui, pour une raison que tu ignores et qui t’échappe totalement, veulent absolument se prendre en photo avec toi. Nous enchaînons ainsi les selfies entre inconnus jusqu’au pied du glacier ! 

Pendant notre escapade au glacier, nos vélos sont gardés par la personne qui est chargée de veiller sur les WC du site. Ce monsieur très gentil nous a proposé de les garder dès qu’il nous a vu arriver et nous a même montré sa carte pour nous rassurer, il ne va pas s’élancer à l’assaut de la montagne avec nos deux vélos chargés en notre absence ! A la descente, pour remercier notre gardien de vélo, nous partageons notre repas de midi avec lui, il est enchanté et lèche jusqu’à la dernière goutte de la boite de thon. Il est ravi et veut essayer tout ce qu’on a, crème solaire y comprise !

La visite du glacier nous a requinqué et on est prêts à affronter le col qui s’annonce. C’est finalement assez facilement qu’on y arrive, en moins d’une heure. Premier col péruvien, et à 4820 mètres d’altitude, on est fiers de nous et on se lance dans une séance photo d’auto-promotion aux résultats finalement assez médiocres.

Du point culminant nous ne voyons finalement ni ce qui nous précède ni ce qu’il nous reste à parcourir, donc nous nous élançons assez vite pour le découvrir. Et quel enchantement ! Une large vallée verdoyante, entourée de glaciers, parcourue par des courrants d’eau aux reflets rouges (traduisant la minéralité du site) et plus loin, de hauts sommets enneigés. Nous avons vraiment l’impression d’être sur un balcon au sommet du monde, c’est impressionnant. En plus les premiers kilomètres sont en descente, et la piste semble meilleure : les gros cailloux ont laissé la place à des nids de poule (le nom est mal choisit, de cette taille, il est vraiment rare qu’on ne puisse y loger qu’une seule poule) et des gravillons. On en prend plein les yeux, et on est vraiment seuls au monde !

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Des chevaux, des montagnes, des étendues… Le paradis d’Alice ?

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Comme sur un balcon

Enfin, c’est ce que l’on croit, car dans cette immensité, on discerne de temps à autres des hommes et des femmes qui suivent ou viennent chercher des troupeaux de moutons, de vaches ou de chevaux qui paissent tranquillement à flan de montagne. Ces hommes et femmes vivent loin de tout, dans de petites habitations de fortunes elles aussi à flan de montagne. Ils marchent des distances et dénivelés incroyables pour ramener le troupeau auprès de l’habitation chaque soir. C’est vraiment impressionnant à voir. Notre dernier bivouac dans le parc nous permettra d’observer concrètement ces manœuvres. Nous avons en effet planté la tente sur une zone plate en contrebas de la route, mais qui offre une sorte de promontoire avec vue sur l’ensemble de la vallée. On aperçoit tout en bas une petite habitation, qu’on repère grâce aux aboiements des chiens. De là où nous sommes, c’est un tout petit point, on ne peut pas voir ce qui la compose. Alors que nous étions au chaud dans la tente en attendant de préparer le « dîner », on entend des chiens renifler à nos abords. Benoit sort la tête et salue un berger qui le salue en retour. Une femme en jupe plissée rose, que nous avions déjà croisée avec des moutons du côté précédent de la montagne, est en contre-haut de la route, avec ses moutons, et elle tente de rassembler les vaches qui paissent à côté de nous et se sont éparpillées à au moins 40 mètres de différence d’altitude. Tout ce petit monde finira par être rassemblé sur la route, et environ 30 minutes plus tard, formera de nouveaux petits points minuscules aux côtés du petit point de l’habitation repéré auparavant.

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La nuit est fraiche, et nous nous réveillons encore sous une tente gelée. Le problème, c’est que ce matin le vent se lève et les nuages couvrent le soleil, ce qui ne nous permet pas de la faire sécher. Pendant deux heures, Benoit tente en vain de faire démarrer le réchaud, et nous partons finalement avec le ventre uniquement rempli de petits biscuits et d’une demi barre de céréale alors que nous savons devoir gravir un col à près de 4880 mètres d’altitude. Mais le moral et la volonté sont là, donc tout va. La route serpente à flan de montagne, nous faisant découvrir des perspectives toujours différentes, tantôt sur la cordillère Huayhuash, tantôt sur la cordillera Blanca, avec toujours ces montagnes aux couleurs rouges et vertes au centre. Ce balet des formes et des couleurs rend notre progression plus facile, on prend vraiment beaucoup de plaisir à pédaler même si on ne va pas vite et que la route est difficile.

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On pensait devoir franchir un col, mais en fait, ce seront d’abord deux « passes » à plus de 4700 mètres qu’il faudra franchir pour basculer d’un flan à l’autre de la montagne, d’une vallée à l’autre, avec à chaque fois de courtes descentes qui se transforment systématiquement en longues montées. La route est pour nous toujours meilleure, même si elle doit être un enfer pour véhicules motorisés. D’ailleurs, nous n’en croiserons pas un seul.

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Ce qui nous fait rire, c’est que dès que la pente est douce, la piste est très bonne, mais dès que la montée devient rude, la piste redevient exécrable et caillouteuse rendant la progression d’autant plus difficile. Une descente pour prendre de l’élan ? Que nenni, elle se termine toujours par un trou, ou une zone de sable, ce qui me vaudra d’ailleurs une deuxième chute sur la même hanche. Ce sont toujours des chutes à 3 km/h, donc rien de bien violent, juste ridicule…

Vers midi, on sent que l’on approche de notre dernière montée, et quand le GPS indique 4875 mètres, on espère que c’est bien le sommet tant attendu et qu’il n’y en aura pas d’autre. Cette fois, le col nous offre une vue à 180° sur tout ce que nous avons franchit, c’est splendide. On est heureux, fiers, comme des enfants, et on reprend nos séances photos d’auto-satisfaction !

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Pas trop longtemps quand même car le vent est glacial et la perspective d’une douche et d’un Papi Pollo (poulet rôti avec des frites) devient un objectif tout aussi important que de rouler au dessus du Mont Blanc ! On bascule dans une vallée aux montagnes sombres, la roche est noire, on croirait rouler sur de l’ardoise.

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Après 6 km, nous retrouvons enfin le goudron !

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C’est une satisfaction, mais en même temps, cela signifie la fin de cette route fantastique qui nous aura tant fait baver et tant émerveillés à la fois. On aurait pu s’arrêter toutes les 5 minutes pour photographier ou filmer tant à cette hauteur les couleurs et les points de vue changent constamment ! Et nous avons finalement été chanceux avec le climat : pas de pluie, pas de neige, pas de grosse grêle, des sommets presque toujours dégagés, le glacier totalement dégagé (première fois de la semaine selon le gardien et deux suisses rencontrés sur place qui avaient fait demi-tout pour revenir avec le beau temps). Vraiment, à tout point de vue, nous sommes des gens chanceux !

De Huallanca à Huanuco

30 kilomètres de descente, d’abord sur une route goudronnée à la perfection, puis plus aléatoire et jonchée de nids de pouleS. Les couleurs, les odeurs (senteurs de lauriers et de pin, on se croirait aux issambres), la châleur, tout change au fur et à mesure de cette descente grisante, et nous perdons plus de 1000 mètres d’altitude en moins d’une heure ; pour arriver à Huallanca, une petite ville sans prétention et bien agréable, où on ne regrettera pas d’avoir pris un hôtel, non seulement pour la douche chaude, mais surtout parce que des trombes d’eau s’abattront sur la ville toute la soirée, faisant de la rue un vrai torrent. Dans ces moments là, on est bien heureux de ne pas être sous la tente… c’était un coup à revivre le scénario de Côme 2014, pipiste sait de quoi on parle !

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Huallanca avant la pluie

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On a tenté une incursion dans ce resto pour manger le fameux Poulet Frites tant attendu… Et en effet c’était bien louche, il faut demander l’autorisation d’entrer, on a fait demi-tour…

Un papi pollo, une bonne nuit de sommeil, et nous voici reparti avec en tête l’idée de ne faire qu’une étape de 21 km vers la Union, qui semble être une plus grande ville, pour s’y poser l’après-midi et trouver un accès à internet pour régler notre problème de réchaud. En arrivant à la Union, on constate que la Ville est plus grande que Huallanca mais pas mieux équipée, les gens sont très curieux, mais il vaut mieux qu’on essaye d’être le plus tôt possible à Huanuco pour régler notre problème. Du coup, nous sommes partis un peu tard, et nous nous arrêterons à Tingo Chico en fin d’après-midi, aidés par les enfants du village pour trouver un emplacement et installer la tente. Un moment sympathique d’échange et de rigolade avec ces petits curieux.

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Pique nique du midi, souvent dans des endroits sympas

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Changement radical depuis la Cordillère blanche. Les vallées sont désormais étroites et les montagnes pelées

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On fait les attractions du village pendant 2h, auprès des enfants qui se sont pliés en 4 pour nous trouver un coin tranquille pour dormir

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La route entre la Union et Tingo Chico est très belle. Elle nous fait d’abord monter puis redescendre, au milieu de montagnes aux doux reliefs, en passant par des villages agricoles. Nous sentons que nous sommes de plus en plus éloignés de Lima, la vie semble beaucoup plus tournée autour de l’agriculture et de la terre, en témoignent tous ces petits troupeaux croisés sur la route, ces femmes au tricot, ces cultures en escalier à flan de montagne, et ces chiens terribles… Depuis notre descente de Pastoruri nous dénombrons 4 morsures de sacoches. On alterne entre jets de pierre, cris sourds, hurlements, et accélération (plus mauvaise stratégie). Les chiens péruviens vont réussir à me faire détester l’espèce canine, c’est dire… Au contraire de leurs bêtes, les gens croisés sur la route sont très gentils et curieux de savoir ce qu’on fait là, d’où on vient et où on va. Après la traditionnelle interpellation « Gringo » ou «  Gringa » (initialement le Gringo c’était l’Américain, mais maintenant, c’est un qualificatif qui s’applique à toute personne qui visuellement n’est pas originaire d’Amérique Latine), les questions « De donde viene ? » et « A donde van ? » suivi d’un « Ahhhhh que bueno » sont habituelles. Parfois je m’arrête pour un petit brin de discussion, généralement sur le vélo, et parfois sur le « pourquoi » de ce voyage. Evidemment notre oisiveté interpelle les gens, le fait qu’on n’ait pas d’enfants aussi et bien sur nos vélos bizzares (parfois ils disent juste « Gringooooo » avec le ton qui veut dire « mais qu’est ce que vous n’avez pas encore inventé… »). On nous demande souvent combien ils coutent, on répond que ce sont des vélos, juste avec une position différente, et qu’ils coutent le même prix qu’un vélo « normal ».

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On croise beaucoup de convois d’animaux, parfois conduits par des adultes, parfois par des enfants

Le lendemain nous roulons entourés des mêmes paysages, mais en remontant ce que nous avons descendu en 30 minutes la veille et sous un temps très humide et couvert. La route est bien moins bonne, alterne les zones de sable et de goudron délabré. On décidera de s’arrêter à Chavanillo, juste avant que la pluie ne tombe. On sait qu’il reste un col à passer à plus de 3900 mètres avant Huanuco, on n’y arrivera pas avant la nuit. 

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Notre charmante chambre d’hospedaje a Chavinillo : tout le linge de lit est en tissu polaire !

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Le lendemain, après 15km de montée interminable (à chaque virage tu penses que ça va redescendre, mais non…) nous passons le fameux col « Punta Inca » à plus de 3990m, et nous entamons 55 kilomètres de descente, sur une route un peu naze qui ne permet pas de tirer tout le profit d’une descente, mais il n’y pas à dire, c’est toujours plus agréable que la montée !!! Les chiens sont plus féroces que jamais !

On arrive quand même entiers vers 16h à Huanuco, où nous sommes accueillis en Warmshower dans la famille de Midori. Ils sont absolument adorables et nous permettent de mieux comprendre la région de Huanuco et le Pérou. Nous partageons leurs délicieux repas et le pain de la boulangerie familiale. Une cure de repos et de partage qui fait du bien après plusieurs jours dans la solitude des montagnes !

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On se moque mais on est obligé d’admettre que le climat y est très agréable !

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Vue de la maison de Midori

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TOUTES LES PHOTOS ICI : https://goo.gl/photos/nzNYQ2muLKJzNh8VA

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Entre la rédaction de cet article et sa publication, Benoit le compétiteur a relancé sa stratégie extrêmement diabolique pour remporter la course à la perte de poids. Cette fois, en plus d’une nouvelle bactérie, il a exagérément chargé son estomac en nourriture, provoquant le blocage de gaz intestinaux et empêchant tout fonctionnement normal de ses intestins. Résultat : l’occasion de découvrir pendant 3 jours et des dizaines d’heure la clinique de Huanuco, la pose d’une sonde gastrique pour évacuer ses gaz par le nez (belle expérience à vivre en couple, malheureusement pas d’appareil photo), sa toute première échographie (je lui ait tenu la main en voyant apparaitre les gaz à l’écran, séquence émotion), et une radiographie des intestins sans enlever ses vêtements, (avec la porte ouverte, vive les rayons X) et la belle photo de la braguette du pantalon ! Que ses fans se rassurent : il va mieux. Plus qu’une intraveineuse d’antibiotiques et une nouvelle radio de la braguette avant de le déclarer officiellement prêt à reprendre la route vers Cusco… en bus ! 

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5 réponses à “De Caraz à Huanuco, deux transats au dessus du Mont-Blanc

  1. Ça a l’air chouette de se promener sur les toits du monde ! Magnifique le glacier, dommage qu’il fonde si vite, il ne sera bientôt plus là. Petite pensée pour Benoît et ses gazs, j’espère que ça va aller mieux, mais l’anecdote de péter par le nez, vous risquez de vous en souvenir 🙂
    Bonne route !
    Bises Fanny

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  2. Bon, j’en ai marre, j’arrête de regarder votre blog. C’est trop beau, c’est trop de souvenir, c’est trop dur !!
    Vous n’avez pas fini d’en prendre plein les mirettes et les guambettes.

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  3. Ca fait du bien de vous lire, on peut s’évader en restant avachit dans notre canapé !
    Et c’est marrant de pouvoir lire deux points de vue différents sur une même situation 🙂
    Benoît, tu portes mieux le legging que moi, je suis jaloux…

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