Hiver indien au bord du lac Titicaca

Voici le récit de nos derniers tours de roue au Pérou, entre Cusco et Copacabana, au bord du Lac Titicaca. L’expérience de Benoit en bleu, et celle d’Alice en noir dans le texte. Pourquoi l’hiver Indien  ? Parce que c’est la fin de l’hiver, de la saison sèche ici, et qu’on a eu la grande chance de passer entre les gouttes !

Cusco/Urcos 

Nous quittons Cusco avec un sentiment mitigé, nous aurions voulu visiter plus de musées de la ville et voir les différents sites pré-incas et incas aux alentours, mais il nous aurait fallu au moins deux semaines de plus pour tout explorer et nous manquons de temps. Les musées que l’on voulait découvrir étaient soit fermés le jour que nous avions choisit pour visiter, soit il fallait acheter un « Bolletos Turisticos » à 70 ou 130 NS ouvrant droit à plusieurs sites. Hallucinant ! Pour visiter LE musée qui nous intéresse, on doit acheter un billet pour plusieurs sites. C’est de la vente forcée, on s’y refuse, puisqu’on aura pas le temps de visiter les autres… Mais on est un peu frustrés… D’un autre coté, on est impatients de reprendre la route avec nos chères montures, il faut dire que cela fait presque un mois sans vélo, nos guiboles fourmillent d’impatience.

Pour cette première étape on part de l’auberge Estrellita et on traverse la ville et sa périphérie sur 10 km rien qu’en descente, la reprise est douce ! Nous continuons à descendre encore 20 km à travers la campagne, que du bonheur !

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Des vestiges sur la route…

Nous rejoignons la plaine et longeons le Rio Vilcanota, de petites montées et descentes se dessinent. Autour de nous les montagnes sont plutôt rondes et jonchées d’arbres, encore un nouveau décor, décidément le Pérou nous offre tant de choses à voir !

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Lors d’un virage en descente, Alice, alias Pierre-Richard tombe encore une fois, son vélo a dérapé sur un dévers, heureusement sans gravité pour elle. Par contre une de ses sacoches est trouée à trois endroits, nous décidons de ne pas la réparer tout de suite mais d’écourter notre étape pour opérer la dite sacoche proprement. Nous faisons halte à Urcos en début d’après-midi après 48 km parcourus, la reprise fut très agréable, pas la peine d’en faire plus aujourd’hui. Nous sommes le 2 Novembre, jour des morts, et partout sur la route nous croisons des personnes venant déposer des gerbes de fleurs, des offrandes, et des grandes décorations en plastique à l’effigie du seigneur sur les sépultures de leurs proches. Les habituelles croix et sépultures du bord de route seront donc fleuries pour les prochains jours. Des cérémonies particulières sont également organisées dans les cimetières et les gens partagent temps et repas en famille.

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Urcos/San Pablo

On part un peu tard, réveil difficile, pas envie de se lever ! La route est agréable, je me sens léger comme une plume aujourd’hui, la fatigue ne semble pas m’atteindre ni même l’acide lactique qui ankylose si souvent les muscles. Cette sensation me surprend, j’ai le sentiment d’être Lance Armstrong sous amphétamine, en phase avec mon corps, mon esprit peut s’évader, je pense à l’Alsace, à ma famille mais aussi aux prochaines étapes de notre voyage, la Bolivie et ses Salars !

Comme la veille, on alterne montées et descentes, parfois quelques zones de plat… La montagne est toujours dodue mais pelée cette fois, de l’herbage brûlé par la chaleur y pousse donnant un ton jaune à l’ensemble. Les montagnes portent des stigmates, sorte de grandes cicatrices horizontales l’une en dessous de l’autre. Il s’agit des terrassements agricoles construits jadis par les pré-incas et les incas, témoignage de leur grandeur passée ! A la sueur de leurs fronts, ils ont façonné ces montagnes (et pas à coup de dynamite), certains terrassements sont toujours exploités par les agriculteurs de nos jours.

Sans s’en rendre compte, nous finissons la journée avec plus de 80 km au compteur, on souhaite s’offrir un hôtel pour la peine à Santa Pedro mais celui-ci est trop cher, on décide de pousser jusqu’au prochain village qui était sensé être plus grande mais aucun hôtel ne s’y trouvait. Alice demande à un policier où nous pourrions dormir cette nuit, il nous indique un couvant juste à côté qui nous accueille les bras ouverts. Nous dormirons en paix, dans une grande salle de prière/catéchisme sous le regard bienveillant du Pape François et de la Vierge Marie à peine dérangés par les petits bruits de pas provenants du plafond : rats, souris ou pigeons, nous n’en saurons rien !

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San Pabo/Aguas Calientes

Nous partons sous un ciel bleu sans nuage à l’horizon, la journée promet d’être chaude. Nous enchaînons ligne droite sur ligne droite en faux-plat montant en longeant les rails de train. Le soleil de plomb jumelé à la route rectiligne rendent la journée longue et difficile, heureusement que nous serons aux sources thermales le soir même, cela nous motive. Le paysage est semblable à celui de la veille, nous traversons des zones rurales principalement.

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Au pays de l’élevage de Cuy…

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Les différents types de Cuy pour les nuls…

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On est régulièrement doublés par des convois de 5 camions

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Le train Cusco/Puno, cariiiisssssimmmmoooooo !

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Pour la première fois au Pérou, les cyclistes existent sur les panneaux !

Les sources thermales d’Aguas Calientes se trouvent sur le bord de la route, il n’y a pas de village à proprement dit. Nous sommes accueillis par un homme qui nous explique le fonctionnement des thermes, il nous propose également une chambre à 50 soles. Alice va jeter un coup d’œil et revient me voir. Le prix entre-temps a diminué de moitié et même à ce prix là, Alice préfère dormir sous notre tente ! Je vais à mon tour voir et je constate qu’en effet je ne mettre pas un centimètre carré de mes fesse sur le lit et je ne parle même pas de l’état des murs, quand aux toilettes communes… je préfère encore les algécos des Eurockeennes de Belfort après 3 jours de festival ! On plante donc notre tente à côté d’un bâtiment où des bains aromatiques sont à disposition des clients, pratique pour manger au chaud le repas du soir !

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Les bains chauds qui fument autour de la tente au petit matin

Je suis déçu par les thermes, l’endroit n’est pas beau et surtout l’hygiène laisse à désirer mais bon entrer dans une eau à plus de 40 degrés reste un bonheur par des cyclotouristes aux muscles fatigués ! Bon, j’avoue que question hygiène, on était bien loin de notre escapade aux sources de Santa Teresa. Mais néanmoins, c’était un régal de se détendre les muscles après la reprise du vélo, et surtout, impressionnant de voir sortir de terre cette eau à plus de 60°C ! Au petit matin, je n’ai pas pu résister à un petit trempage de jambes en guise d’échauffement, seule dans le bassin face aux montagnes et au soleil qui se lève ! La journée commence bien !

Aguas Calientes/Ayaviri

Après une baignade matinale pour Alice, nous reprenons la route avec la ferme intention de passer le dernier col péruvien de notre voyage dans la matinée. Au détour d’une montée, on aperçoit un troupeau d’alpagas brouter dans un champ, on commençait à se demander où ils étaient planqués vu le peu de fois qu’on en avait croisé auparavant, là on est servi (on en verra d’autres par la suite).

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Quelques sueurs plus tard, nous atteignons le col, on se repose un petit peu en mangeant des barres céréales et en prenant quelques photos. Un brin d’émotion nous envahi, on se remémore les aventures passées dans les montagnes péruvienne, déjà 2 mois que nous sommes dans ce si beau pays et nous nous apprêtons à le quitter dans quelques jours… On reviendra c’est sûr, il y a tant de choses à découvrir ici, mais pour l’heure « on the road again »!

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Dernier col péruvien !

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Les paysages qui s’ouvrent à nous, en passant dans la région de Puno

Au sommet du col, des stands « d’artisanat » sont disposés, des cars, des collectivos si arrêtent et les touristes flânent devant les marchandises proposées. La traditionnelle femme en tenue non moins traditionnelle se tient là avec son lama demandant aux badauds 1 sol pour la photo, inutile de vous dire combien nous trouvons cela grotesque, mais le pire c’est que ça marche, les touristes s’y précipitent. Elle vient vers moi, regarde mon vélo, je lui propose si elle le souhaite, de me donner 1 sol pour prendre une photo de l’athlète et de sa monture, elle refuse… Bizarre !

Une touriste française nous interpelle alors :

  • « On vous voit sur internet, on vous suit ! c’est ça alors vos vélo ! ».

  • « Vous nous suivez sur internet ? Mais comment ? Sur quel site ? » demande Alice.

  • « ben sur internet on vous suit, enfin pas vous mais un autre couple avec des vélos comme vous. Mais ils font le tour du monde eux, alors que vous vous faites juste le Pérou!

Là on est scotchés ! Gonflée la dame qui descend pépère du bus à 4338 m ! Bon ben familles, amis, on rentre plus tôt que prévu Mme soleil sortant d’un bus de tourisme ne nous laisse pas continuer l’aventure…

Donc madame, quand vous nous lirez, on ne FAIT pas le tour de machin truc chouette, on voyage, on découvre. Faire le Pérou, faire l’Amérique du Sud ne signifie pas grand chose à nos yeux, on est pas en train de mettre en place une « to do list », on vit les évènements tout simplement. Puis de mon point de vu voyager au tour du monde est-ce possible? Le tour complet? Du nord au sud, de l’est à l’ouest? En passant dans chaque village, en explorant le moindre centimètre carré de notre belle terre? Il faudrait bien plus qu’une vie je suppose !

Bref vous l’aurez compris cette dame nous a interloqué en jugeant sans poser de questions, sans nous connaître, mais cela fait partie du voyage (et de la nature humaine), beaucoup de belles rencontres et des fois…et des fois… S’en suit un autre échange avec une collègue de bus, plus sympathique. Elle nous félicite et nous dit que nous devons vraiment être de grands sportifs pour être arrivés ici à vélo. Mon sang ne fait qu’un tour, alors là pas question ! J‘ai passé 30 années à tout faire pour ne jamais être considérée comme une sportive (blessure dès le CP pour louper la gym, manque total de coordination naturelle, manque extrême de volonté, embonpoint, manque de perception de mon corps dans l’espace…), et tout ça pour aujourd’hui me faire taxer de « grande sportive » ! Non, non, non… Je nie en bloc en expliquant à la dame que le vélo, c’est accessible à tous, tant qu’on est en bonne santé, le corps s’adaptant petit à petit à l’effort qui lui est demandé. Benoit n’est pas d’accord, lui qui a joué un match sur dix avec l’équipe de football des vétérans d’Ensisheim ces deux dernières années se reconnaissait bien dans l’appellation de « grand sportif »…

On reprend notre route, une belle descente pour arriver sur l’altiplano péruvien et ses belles lignes droites mais cette fois-ci en faux plat descendant, un vrai bonheur. Notre moyenne de vitesse augmente sensiblement, le moral est bon, viva la vida ! L’altiplano offre de beaux paysages, d’immenses plaines accompagnent de petites montagnes arrondies (enfin on est au alentour de 40000 m donc les petites montagnes que l’on aperçoit s’élèvent bien haut en réalité), on retrouve les herbes jaunies par le soleil qui donne un ton chaud à l’ensemble du tableau.

Nous arrivons à Ayaviri en fin d’après-midi et prenons un hôtel, on y retrouve un motard canadien rencontré à Cusco quelques jours plus tôt, nous passons la soirée ensemble autour d’une moyennement bonne et surtout chère pizza.

Ayaviri/Juliaca

Nous continuons la route sur l’altiplano, les kilomètres s’enchaînent mais un facteur jusque-là peu rencontré s’invite : Bonjour ami vent de face dans ta tronche, comment vas-tu? Ah tu souhaites rester! Sympa!

On souffre en appuyant comme des dingues sur les pédales et on n’avance pas, chaque changement de vallée est une promesse d’espoir d’un vent atténué, mais rien n’y fait. Il est bien là et semble vouloir s’incruster jusqu’au bout. C’est comme une vieille connaissance un peu relou qui vient te rendre visite début d’après-midi et qui reste là des heures et des heures, chaque petit mouvement de bassin sur sa chaise est une promesse de « casses toi pauvre con » (dixit petit nain névrosé) mais la promesse laisse place au désespoir et le soir approchant, tu te résignes même à lui proposer le souper ! On pédale en descente ! Je répète, on pédale en descente… C’est le comble et la honte du vélo couché, on ne peut pas pédaler en descente, en descente, on se laisse doucement bercer en regardant le paysage cheveux au vent, non ? On met pieds à terre en fin d’après-midi, il nous reste une quinzaine de kilomètres avant de gagner Juliaca mais on en a ras le casque de vélo. On décide de faire du stop et comme la générosité des conducteurs du Pérou n’est plus à prouver, en 5 min un 4×4 nous embarque.

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On croise toujours des gens qui marchent au milieu de rien… On se demande d’où ils viennent et où ils vont

Il nous dépose à l’entrée de Juliaca conscient sans doute du fait qu’il ne faut pas perdre une miette de cette magnifique ville.

En effet Juliaca ou devrais-je dire Julicaca (comme l’ont surnommé si justement Fred et Ophelie, deux vélocouchistes passés avant nous), est une ville désordonnée, moche, bruyante et puante (rien que ça!). Franchement le responsable de l’urbanisme a dû être brûlé au bûcher par les habitants pour l’ensemble de son œuvre, on se retrouve dans des rues qui partent dans tous les sens sans logiques apparentes, aucun panneau bien entendu pour se repérer. Même ce pauvre GPS ne suit plus et veut nous faire passer par une pente jonchée d’escaliers !

Contrairement à d’autres villes du Pérou, plus on approche du centre, plus c’est moche. On se demande se qui a bien pu se passer pour que Juliadoubleca en soit arrivé là. Est-ce l’enfant du Pérou puni sans raisons valables? Un jour le gouvernement a décidé de rendre au moins une ville moche et sans intérêt au Pérou et c’est tombé sur elle! Le mystère reste aussi épais que la crasse collée aux murs de cette ville.

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pas très engageant cet avertissement…

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Oh, des duplos !!!

On finit par trouver notre chemin et nous sommes accueillis chaleureusement par Geovanni qui possède une casa de cyclista. Nous discutons de notre future itinéraire au bord du lac Titicaca et de la possibilité de ne pas passer par Puno mais plutôt par la péninsule de Capachica et de rejoindre le sud du lac par barque. Il nous montre une carte et nous indique une habitation pour passer la nuit à Llachon, petit hameau en bout de terre. On terminera la soirée au restaurant à manger des viandes grillées, un bon moment!

Juliaca / Llachon

Le lendemain, on est réveillés par Geovanni qui est pressé d’essayer nos vélos, son sourire fait plaisir à voir! Pendant ce temps, je lance un stand réparation, la béquille du vélo d’Alice, qui a souffert durant le dernier trajet bus, a besoin de quelques coups de marteau, j’en profite pour refixer la tige et le drapeau à l’arrière.

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Pendant ce temps, Alice charge l’itinéraire sur le GPS. Alice se rend compte que mon rétroviseur est cassé… Le stand de réparation va devoir rester ouvert plus tard que prévu.

Nous partons milieu de matinée et débutons par une route secondaire nous amenant vers les rives du lac Titicaca. Comme dans toutes les grandes villes que nous avons traversé, les abords servent de déchèteries à ciel ouvert, mais là, il faut dire qu’ils ont fait fort ! Sur plus de 10 km, le bord de route est jonché de part et d’autre de bouteilles en plastique, de couches, de caoutchoucs et autres joyeuseries, un vrai désastre… On approche du lac Titicaca, il nous faudra encore gravir une dernière côte bien raide et traverser un village pour l’apercevoir. Le bitume laisse place à la piste, après une courte descente, nous y voilà, le lac est devant nous ! On s’arrête au bord afin de casser la croûte, un maudit cabot nous vole notre pain et part avec…

Nous reprenons notre chemin et nous nous délectons des différents points de vue sur le lac !

Nous grimpons jusqu’au village de Llachon et nous nous arrêtons chez la famille de Tomas qui possède des chambres d’hôtes. Nous logeons dans une petite bâtisse avec deux lits et une petite table, une des fenêtre donne sur le lac Titicaca, c’est un endroit cosy bien pensé pour les touristes. 

Nous déchargeons nos vélos et repartons sur le chemin afin de profiter de la vue que nous avons depuis la péninsule. Nous apercevons au loin Copacabana, ville touristique de Bolivie qui se trouve à quelques kilomètres de la frontière. Nous apercevons également la Cordillera Real, avec ses sommets enneigés, le blanc immaculé ressort particulièrement bien avec la luminosité rasante de fin de journée, le spectacle est au rendez-vous.

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La péninsule est charmante, son paysage rocailleux, sa végétation et ses pentes se jetant dans l’eau nous rappellent les côtes des pays Balkans. Nous décidons de rester le lendemain sur place afin de mieux explorer les environs. Le matin suivant, nous décidons de nous balader au bord du lac afin de repérer les petits ports parsemés sur la péninsule. Nous cherchons une embarcation pour le lendemain qui nous conduirait vers le Nord du lac. La famille Tomas nous a proposé ses services mais le prix nous paraît trop élevé (100 Soles).

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Cette dame très âgée et toute voutée grimpa chaque jour la montagne avec ses moutons et redescend avec un énorme fagôt de bois sur le dos… ça fait relativiser…

Arrivé à un port nous voyons débarquer d’un bateau une hordes de touristes aux cheveux blancs accompagnée par une Péruvienne en tenue traditionnelle. Il y a comme un parfum de mise en scène que nous détectons immédiatement. Nous sommes toujours en quête d’un embarcation et on nous indique d’aller voir un homme qui se trouve dans une maison qui surplombe le port, pile-poil où se dirigent le groupe de touristes.A notre arrivés, nous retrouvons la femme en tenue traditionnelle accompagnée par d’autres et d’un enfant. Le groupe est en pleine séance photo ! Nous trouvons l’homme en question qui se trouve être le propriétaire des lieu et qui travaille en partenariat avec des agences de tourisme. Nous convenons rapidement d’un prix (70 soles) et d’un rendez-vous pour le lendemain.Il ne peut pas rester discuter avec nous, il doit s’atteler à une démonstration de four traditionnel (monticule de pierres chauffé par des braises) servant à cuire des patates. Le guide explique que beaucoup de familles utilisent encore cette méthode pour cuisiner. Là on se marre bien, sur la péninsule ou dans le reste du Pérou, nous n’avons pas vu une seul fois cela !

Après une bonne sieste, début d’après-midi nous partons vers le point culminant de la péninsule pour profiter de la vue à 360°, malheureusement le temps se gâte et nous écourtons la séance photo pour se mettre à l’abri.

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Le lendemain, nous embarquons sur une petite barque remplie de poissons, les vélos à l’avant et nous à l’arrière. La traversé se passe bien malgré l’état de crispation d’Alice lorsque la barque tangue de gauche à droite et manque de faire tomber les vélos à la flotte. Sacoches et vélos sur les poissons, bonjour l’odeur pour les prochains jours ! Notre batelier est super curieux et très bavard, c’est du coup un plaisir de partager ce bout de lac avec lui ! Il nous parle du Lac, qui retient la chaleur le jour et la dégage la nuit, du tourisme, qui ne profite pas à tous, de son travail, de pêcheur la nuit et de livreur de poissons le jour. Il à l’air d’aimer ce qu’il fait. Il devait initialement nous débarquer à Karina, mais finalement nous dépose, à notre demande, plus loin, là où il dépose aussi les Ispe (poisson). Comme il n’y a pas de port à cet endroit, un autre homme lui vient en aide pour nous débarquer, avec vélos et affaires, dans une pirogue en joncs de mer ! On croirait encore un folklore pour touristes, mais ici points de touristes et que des gens bien affairés, ces barques sont donc non seulement esthétiques mais aussi bel et bien utilisées !

Nous reprenons notre route de l’autre côté du rivage en fin de matinée sur une piste qui longe le lac. Quelques montées plus tard nous revoilà sur du bitume pour…enchaîner encore quelques « bosses ». C’était une bonne chose d’amarrer plus au sud de la péninsule, en face de Chuicuito, car cela nous a permis de rejoindre plus rapidement la route goudronnée, qui apparaît pourtant rarement sur les cartes, ou alors comme étant une toute petite route non pavée. Elle est toute neuve et nous étions quasimment seuls ! Seul l’orage a quelque peu perturbé notre progression, sans être non plus trop désagréable.

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Nous nous éloignons du lac et rentrons dans les terres, nous faisons étape à Ilave, une ville sans grand intérêt.

Llaver/bivouac dans une école avant Chaca chaca 

Très belle journée, tantôt au bord du lac, parfois plus éloigné. Nous partons tard et faisons une longue pause de midi à Juli, pour manger et acheter des produits frais au marché (beaucoup moins bien fournit que celui d’Ilave toutefois). Les paysages sont splendides, la Cordillera Real nous fait face. En route, nous nous arrêtons un petit bout de temps, juste avant une longuuuuue côte, pour discuter avec un ciclotouriste Allemand voyageant en sens inverse et partager des bons plans ! La fin de journée commen çant à arriver et le ciel à noircir, nous demandons asile dans une école pour la nuit. Il y aura de la pluie et de grands éclairs durant toute la nuit.

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Juli

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Bivouac école/Copacabana

Derniers tours de pédales sur le sol péruvien. On est à la fois contents d’aller à la rencontre d’un nouveau pays, mais tristes de quitter le Pérou. Comme on a oublié d’acheter des stickers à poser sur nos cadres de vélo, aux couleurs du Pérou, et que tout le monde à la frontière nous dit qu’on n’en trouvera pas ici, on rebrousse chemin pour arpenter de long en large les rues de la dernière ville du Pérou à la recherche d’un autocollant !

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Elevages de truites

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Une dernière fois, on nous ballade de droite à gauche pendant plus d’une heure « Mas ajiba hay una tienda… » « No hay, pero al mercado se pede » « No tengo senora, pero en la plaza… » etc etc. On s’en sort avec des stickers ultra kitsch pour enfants. Ce sera désormais notre signature artistique ! La sortie du Pérou est bien plus facile que l’entrée, pour nos vélos, les douaiers sont même forts intéressés et sympathiques ! Le temps de constater qu’il y a des stickers partout dans le No Man’s Land entre Pérou et Bolivie (Grrrr…à des prix exhorbitants cependant), de faire des photos souvenirs sur la statue du Pérou (et de se faire virer par deux autres touristes que notre présence visuelle dérange) et nous voilà à l’entrée de la Bolivie. Nous passons la frontière rapidement et sans encombres, on réussit à avoir 90 jours de visa en expliquant au douanier notre projet et les routes que nous voulons emprunter.

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Nous arrivons à Copacabana une ville balnéaire ultra touristique avec de nombreux hôtels et bars. On en choisit un qui est sensé avoir le wifi dans la chambre pour 90 soles, la réceptionniste nous jure qu’il fonctionne, qu’elle n’est pas une truande…et forcément, elle mentait! De plus en discutant avec d’autres touristes français, on s’aperçoit qu’ils payent 10 soles de moins pour une prestation égale! Là, on commence à l’avoir un peu mauvaise! Pour couronner le tout, lorsque nous leur confions notre linge à laver, l’hôtel perd une chaussette d’Alice. De quoi transformer ma chère et tendre en machine de guerre qui fait pleurer dans les chaumières… Pour calmer les esprits, les propriétaires ferons un rabais pour l’ensemble des désagréments. A condition qu’on publie un commentaire positif sur eux sur internet toutefois ! Non mais quoi encore ! Je pense que cette petite introduction fait office de commentaire réel et sérieux, rien à ajouter, si ce n’est que les chambres sont propres, que celles du dernier étage sous la véranda sont super tranquilles avec une belle vue, mais que le petit dej, tout comme le service en général, n’envoie pas du rêve !

On hésitait à aller à l’Isla del sol mais on se laisse convaincre par la rencontre de deux français très sympas, qui viennent en Amérique du Sud pour découvrir et parfaire leur Tango en Argentine, qui voulaient y aller également. Il s’agit d’une petite île au large de Copacabana peuplée par 3 communautés différentes et possédant des vestiges incas. Nous conseillons de visiter cette île en deux jour en dormant sur place soit en tente (possibilité de camper gratuitement un peu partout) soit dans des petits hôtel à des prix raisonnables. Nous l’avons fait dans la journée et c’est un peu la course pour prendre le dernier bateau nous ramenant à Copacabana! On a d’ailleurs loupé notre bateau et on a dû payer un supplément pour en prendre un autre.

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Copacabana/La Paz

On a longtemps hésité à faire le trajet en vélo, la route est belle mais montante dans la 1ère partie. Finalement, les horribles nouvelles de la veille, qui nous ont mis un coup au moral, et un énorme nuage d’orage auront raison de notre motivation, on prendra le bus. A regrets toutefois, tant la route est belle. 

Nous arrivons dans le chaudron de La Paz à la casa de ciclista de Christian pour 3 jours et y préparer nos futures aventures!

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9 réponses à “Hiver indien au bord du lac Titicaca

  1. c’est Françoise qui inaugure sa toute nouvelle tablette. un boulot d’enfer! Les photos sont superbes et certaines rigolottes. Merci de partager avec nous. J’aime voyager ainsi ; bonne suite de voyage et bonne route! Gros bisous

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  2. En tout cas , ça m’a confirmé l’envie d’aller au Pérou tout ça ! Alice, va falloir s’y faire, après ton périple, tu seras devenue une sportive 😉
    Je vous souhaite de très belles aventures en Bolivie !
    Bisous

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  3. Olala, merci pour ce récit, les photos et Juliacaca. Ca rappel plein de choses, des couleurs, des odeurs, des sensations, des images et des souvenirs que je croyais oubliés.
    La douche de la casa de Christian est toujours aussi safe ? Genre avec les plombs à réenclencher alors que t’es encore sous le jet d’eau ?
    Vivement la suite et bon courage pour vos poumons si vous comptez vous extiper de La Paz à vélo.

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  4. « Tout, tout, tout, vous saurez tout sur les p’tites cuys.
    Poils ras, poils long, tout gris, marron, bon saignant, aussi bien cuit… »
    Voilà ce que m’a inspiré le début de ce récit, à toi Ben’ de nous pondre une version complète 🙂
    Le réseau ne doit pas être approprié pour ce genre de partage, mais je chine une nouvelle fois des vidéos, même archi courte, ça serait cool de vous entendre et vous voir bouger !
    Merci pour le temps que vous devez prendre pour nous pondre toujours d’aussi bon et drôle récits !
    La bise !

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    • On aimerait bien, mais on a même pas réussi à mettre en ligne le film de la transatlantique, qu’on a pourtant finit depuis un bout de temps… Et là, les rush vidéos s’entassent sans qu’on ait le temps de les trier et d’en faire quelque chose. On pensait qu’on prendrait le temps le soir au bivouac, c’est pour ça qu’on a choisit un ordi avec une autonomie de ouf, mais la réalité, c’est qu’on s’endort tout crasseux à 20h, lessivés !

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