Pérou : bilan et itinéraire détaillé

Vous l’aurez sans doute compris au fil de nos récits, nous avons adoré le Pérou. Ce n’est pas pour rien que nous y avons passé un mois de plus que prévu. Et pourtant, nous n’avons pas eu l’occasion de voir , visiter et découvrir tout ce que nous aurions voulu et toutes les facettes du pays. La cordillère Huayhuash, le Sud, avec notamment Arequipa et Nazca, et la Jungle restent à découvrir. Mais c’est bien de finir sur une frustration et une envie de revenir !

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Nos panneaux préférés !

Au Pérou, nous avons été éblouis par les paysages époustouflants, leur diversité et la sensation d’immensité ressentie partout. Nous sommes passés en quelques centaines de kilomètres du désert, à la haute montagne, aux abords de la jungle, au bord d’un lac dont les iles nous ont fat nous sentir en Méditerranée. C’est juste incroyable. Cette diversité se traduit aussi dans la faune et la flore. Le Pérou possède tous les fruits imaginables, et beaucoup de légumes. C’est un régal pour les cyclistes que nous sommes, la possibilité de varier nos repas (ou du moins de les équilibrer un peu plus), de manger des fruits, de boire des jus tout frais pour presque rien. Il semble que la suite du programme va être moins riche de ce côté là et ça nous manquera sans doute beaucoup.

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Marché de Caraz, on trouve généralement de tout sur les marchés : fruits et légumes, viande et fromage, mais aussi jouets, vêtements, cahiers, crayons, semelles, produits ménagers… etc.

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Le petit kiosque où en mangeait à Caraz. Cette dame était adorable

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Les pollos (poulets), base de la cuisine Péruvienne ! On les trouve partout pendus par les pattes, mais on ne sait pas où ils sont élevés, on n’a jamais vu d’élevage…

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Il y a toujours de petits marchés de rue devant les marchés couverts

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Même chose pour les fleurs que pour les poulets : on n’en voit plein sur les marchés, très peu le long de la route

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Quand on passe au coin des viandes, au marché, il faut avoir le coeur bien accroché…

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Pas toujours facile de faire son choix quand tout se ressemble…

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Les péruviens sont à la fois rudes et chaleureux, curieux, joyeux et distants. Tout en paradoxe, comme leur pays. Mais nous nous sommes sentis très bien accueillis. On était bien loin de l’image qu’on avait avant d’arriver, à la lecture de certains récits et de certains témoignages. Je pense que le fait d’emprunter certaines routes moins touristiques, de rester plus longtemps dans des villes moins envahies de tourisme, a pu nous aider à mieux comprendre là aussi la diversité des modes de vie, à avoir certains contacts plus authentiques. Je pense aussi que le fait de voyager à vélo ou seuls en sac à dos, sans « tour operator » attire un certain respect, une curiosité et une fierté chez les personnes rencontrées. On a sentit que les gens étaient fiers de leur pays, fiers qu’on vienne le visiter.

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Bon, comme partout, il y a des cons, des mécontents, des réfractaires. On s’est déjà fait balancer de l’eau à la figure, jeter des cailloux par des enfants, klaxonné de manière véhémente… Mais tout au long de notre découverte du pays ces comportements ont été largement minoritaires. Ce qui est un peu lourd, c’est que chaque Péruvien essaye de rééquilibrer le rapport Nord-Sud à son échelle, et que, peu importe comment nous voyageons ou sommes vêtis, nous sommes considérés comme de très riches Gringos qu’on peut allègrement taxé. On comprend quelque part et on joue le jeu. Mais il y a des limites qui nous paraissent raisonnables, notamment l’honnêteté dans la démarche, et c’est parfois difficile de les respecter. Le prix qui double entre l’étiquette (quand il y en a une) et le moment de payer, les bus où on veut toujours nous faire payer pour les vélos alors que tout le monde emmène avec lui colis et valises 3 fois plus gros et plus lourds, les prestations dont on sait qu’on les paye le double etc… C’est très dur de sortir de cette logique, et le tourisme de masse, non éclairé n’arrange rien. A Cusco, combien de personnes qui payent pour se prendre en photo avec une dame déguisée qui porte un agneau avec un petit nœud ? Quelle image ça donne du gringo et de son sens du discernement dans ses achats ? D’ailleurs, quand tu veux faire des photos de portrait, tout le monde te demande une pièce, c’est le jeu, mais ça me met mal à l’aise encore, c’est pour ça qu’il y en a très peu parmi mes photos. Nous avons une responsabilité en tant que visiteurs d’un pays, celle de l’image qu’on donne, de la manière dont on consomme et bien entendu de la manière dont on traite ceux qui nous accueillent et leur environnement. Sans faire le gros radin qui veut à tout prix tout payer comme les locaux, tout en gagnant plus de 5 fois plus, il ne faut pas tout accepter. L’équilibre est tenu et c’est un exercice que je déteste. Mais bon, petit à petit, on s’exerce à l’art de la négociation et on se rend bien compte que le juste milieu est bon pour tout le monde.

En matière de sécurité, nous ne sous sommes jamais sentis en insécurité, hormis routière. Néanmoins, il ne faut pas faire preuve d’un angélisme naïf et des expériences vécues par d’autres nous invitent à la prudence, et à garder à l’esprit que le Pérou est un pays violent où la corruption sévit fortement. En cas de soucis, avoir sur soi un téléphone fonctionnel avec les numéros de téléphone pour prévenir des contacts, ou l’Ambassade ou le Consulat peut toujours servir…

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Dur dur l’image de la femme…

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La femme mise en scène de manière ultra sexy et dénudée ressemble rarement à une péruvienne…

Ce qui nous a un peu échaudé parfois, c’est d’être toujours interpellé « Hey gringo, hey gringa » sur notre passage, même par de petits enfants. On ne sait jamais ce qui se cache derrière ce surnom : le symbole du colonialisme, de la richesse et de la démesure, la différence de couleur ou la différence tout simplement ? Un peu des trois sans doute, on a du coup appris à vivre avec cette étiquette, à en rire. Parfois on répond aux enfants qui nous hurlent « Gringoooooo » « Hola Latinooooo ! » ou « Quien es gringo ? No es mi nombre, yo me llamo Alicia ! ». ça me fait toujours cet effet bizarre d’être qualifiée selon mon apparence physique, c’est quelque chose que je rejette globalement dans ma vie et mes valeurs, quelqu’en soit le contexte. Mais souvent, les gens en bord de route nous interpellent de la sorte avec le sourire, ce n’est pas aussi antipathique que ce qu’on pourrait imaginer, donc on ne va pas passer notre temps à essayer de revenir sur un usage bien ancré chez les Péruviens !

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Eux aussi ont de drôle de vélos !

On nous interpelle et on nous klaxonne aussi beaucoup. Plusieurs significations au klaxon :

  • « Attention, j’arrive et je suis prioritaire ! » Ce qui est étrange, c’est que ce klaxonne là on le retrouve surtout dans les zones peu dangereuses, mais quand le contexte aurait vraiment nécessité de signaler sa présence (virage, tunnel, longue ligne droite sur laquelle on roule à plus de 150 km/h…) alors là c’est silence radio…

  • « Bonjour, super, continuez ! » généralement accompagné d’un signe de la main, d’un pouce levé et d’un sourire. C’est le plus fréquent, le plus sympa, mais il est parfois agaçant car il nous prend par surprise et nous casse les oreilles. Et parfois, l’auteur du klaxon d’encouragement nous frôle tout en nous encourageant, là ça nous agace franchement…

  • « Dégage de là ». C’est assez rare, mais parfois on entend depuis déjà loin un klaxon, qui devient de plus en plus insistant, et on comprend que le chauffeur (ard) ne compte pas dévier sa trajectoire ni ralentir, à nous de trouver une solution de repli sur le bas côté…

Globalement, une fois qu’on a compris qu’on était jamais prioritaires ici, qu’on fait attention de rester sur le côté, de bien regarder dans nos rétros, la cohabitation se passe plutôt bien. On s’est sentis moins en danger sur nos vélos que dans les bus et les collectivos.

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Si c’est validé par dieu alors…

La cohabitation difficile c’est celle avec les chiens. Ils sont globalement agressifs avec les cyclistes (parfois même avec les motos, les voitures et les bus, c’est dire!) en particulier les chiens de berger qui n’hésitent pas, pour protéger leur territoire, à mordre et sont très persévérants et rapides. On déplore quelques morsures de sacoches, sans gravité heureusement, mais impressionnant quand même. Et parfois déstabilisant quand on roule tout en tentant d’éviter les chiens, ou de les faire fuir. On a plusieurs techniques graduelles :

  • L’ignorance, qui marche dans la plupart des cas

  • Le cri rauque et sec, pour faire autorité en tant qu’être humain

  • le jet de pierre, quoi que pas facile en vélo couché, et en plus, les chiens ne nous voient pas lever la main, donc ils ne fuient pas tout de suite.

  • Le jet d’eau. C’est toujours de l’eau de perdue, donc très agaçant, mais en même temps, diablement efficace. Le chien pris par surprise s’arrête dans sa course agressive ou prend de la distance. A chaque fois que l’on a utilisé cette solution ça a marché, si bien que je cherche désespérément un tout petit pistolet à eau pour en gaspiller moins !

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Les chiens qui ont de propriétaires sont souvent habillés, soit avec des tee-shirts humains, soit avec des petits manteaux alors qu’il fait 20° ! ça contraste avec les meutes de chiens qui trainent partout et dont tout le monde se fout…

Au niveau de l’urbanisme et de l’architecture, hormis Cusco et les villes coloniales, il faut admettre que l’architecture est absolument anarchique et les maisons semblent souvent soit en cours de construction, soit abandonnées, soit détruites, sans qu’on puisse deviner lequel des trois scénarios est le bon ! On a été surpris sur la côté de voir que les pièces des habitations, les couloirs et escaliers, sont en partie à l’air libre (une petite bâche pour protéger au cas où parfois). Qu’est ce que cela donne lors des intempéries si fortes sur la côté durant El Nino ?

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Souvent des fils électriques qui pendent dans la rue…

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La décor intérieure est toujours « surprenante » dans les hôtels…

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ça donne envie de se poser non ? Non ?

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Quand tu as un petit soucis avec la justice, difficile de rester discret dans le quartier…

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Souvent, la structure de la maison qui dépasse encore… Ici avec un toit, mais parfois, c’est le futur étage qui sert de toit.

Les murs des maisons servent aussi de toiles aux peintures électorales. Les candidats et les partis ne manquent pas d’imagination dans le choix de leurs slogans et de leurs logos ! Mais on ressent que c’est de la basse politique : communication massive, satisfaction et enrôlement des masses, corruption… Bien aidés par la désinformation des gens. Les médias sont ahurissants ! Ils ne titrent que sur des faits divers sans intérêts… à côté de ça, le journal de 13h de TF1 est un bouillon d’information et de culture ! On a du mal à voir comment les lignes peuvent bouger et le pays se prendre en main, pour ne plus être la proie des pays plus riches et des multinationales sans scrupules… La corruption est une gangrène à tous les niveaux.

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La campagne électorale est lancée, on repeint tout !

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Voilà ce que nous avons ressenti et retenu au Pérou. Evidemment, ce ne sont que nos impressions de voyageurs de passage, ça ne vaut pas inscription dans le marbre et un autre voyageur dans un autre contexte aura sans doute une vision bien différente, de même qu’un Péruvien, sur ce que nous avons pu retenir.

Hasta luego Peru !

Résumé des étapes :

Départ

Arrivée

Nb de Km

Deniv +

Deniv –

Etat de la route

Trujillo

Chao

71,58

Asphaltée

Panaméricaine

Traffic ++

Chao

Tanguche

40,84

Piste

Etat moyen

Chaud et pas d’ombre

Panorama ++

Tanguche

Chuquicara

38,98

Piste

Etat Moyen

Chuquicara

Bivouac Canyon del Pato

40,35

462

57

Piste difficile

Très chaud

paysage +++

Bivouac

Huallanca

11,98 (reste en pick-up)

217

17

Piste difficile

Longue montée

Environ 14 km en pick-up

paysage +++

Huallanca

Caraz

40,92

876

85

Route asphaltée

Passage des tunnels du Canyon del Pato

Pause Caraz – Trek de Santa Cruz

Caraz

Carhuaz

37,55

572

239

Route asphaltée

trafic +++

Carhuaz

Huaraz

40,14

591

208

Route asphaltée

trafic +++

Pause Huaraz –

Huaraz

Catac

39,36

561

88

Route asphaltée

trafic +++

Catac

Entrée du parc Huascaran

Route Pastoruri

21,31

494

24

Piste de ripio assez difficile

Panorama +++

peu de circulation

Entrée du Parc

Bivouac avant le glacier

16,11

371

33

Piste de ripio difficile

Panorama +++

Puya Raimundi

Bivouac avant le glacier

Bivouac après le premier col

16,35

215

249

Piste de ripio difficile, meilleure après le col

visite à pieds du glacier pastoruri

Panorama, paysages +++

Bivouac après le premier col

Huallanca

42,09

247

1284

Piste

Panorama, paysages +++

Passage d’un col à 4880m

Huallanca

Tingo Chico

52,38

418

933

Route asphaltée

Beaux paysages

descente finale très agréable

Tingo Chico

Chavinillo

39,29

683

232

Route alternant piste et aspahalte

Chavinillo

Huanuco

76

394

2094 ?

Route alternant piste et aspahalte

Pause Huanuco

Puis Bus Huanuco – Huancayo – Ayacucho (une journée) – Cusco

Pause Cusco – Trek de Choquequirao a Macchu Picchu

Cusco

Urcos

48,45

270

446

Asphalte

Urcos

San Pablo

83,32

775

436

Asphalte

San Pablo

Aguas Calientes

44,12

529

11

Asphalte

Beaux panoramas

Sources thermales

Aguas Calientes

Ayaviri

84,03

347

447

Col à 4338

Altiplano

panorama ++

Ayaviri

Juliaca

82,23

178

231

Environ 16 km en pick up

Beau paysage jusqu’au dernier village avant Juliaca

Longues lignes droites

Juliaca

Llachon (Santa Maria)

62,99

201

185

Route asphaltée jusqu’à Capachica

Puis piste facile jusqu’au centre de Llachon, moins facile après

Llachon

Ilave

51,61

300

288

Traversée jusqu’à la péninsule de Chuicuito en bateau de pêche

Nouvelle route asphaltée qui débute au milieu de la péninsule, côté sud, et va directement à Plateria en passant par deux ilots

Ilave

Bivouac ecole (avant Chaca Chaca)

56,80

288

317

Route asphaltée

Beaux points de vue sur le lac

Bivouac

Copacabana (BOL)

41,38

218

208

Route asphaltée

passage de frontière

Depuis le départ à St Nazaire, 1922 km parcourus, 14097 mètres de dénivelé positif cumulé et 12461 mètres de dénivelé négatif.

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« Le bon coin » version péruvienne, un mur où sont épinglées chaque jour les annonces: emploi, rencontres, auto etc…

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2 réponses à “Pérou : bilan et itinéraire détaillé

  1. Bien, bien, bien !
    Vous m’avez bien donné envie en tout cas.

    Et du coup, comme il me semble avoir pu lire que tu te demandais si vous aviez mis la barre trop haute à un moment pour ce life trip en vélo couché, et bien il est évident que non, c’est dans carrément dans vos cordes !

    Next ! 🙂

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