Vibrante, époustouflante, humide et chaleureuse Carretera Australe !

Ça fait déjà quelques semaines que la carretera australe est derrière nous. Un mois passé dans des paysages grandioses, dans une nature luxuriante, sous le soleil souvent, en passant parfois entre les gouttes, de temps en temps dessous, au coeur d’une patagonie encore préservée. Plus que jamais, c’est le chemin et non la destination qui nous a enchanté. Malheureusement, l’arrivée au bout de cette route magique a coïncidé avec la perte d’un être cher. Ce coquin de papi Jeannot n’a pas attendu notre prochain retour pour s’en aller et c’est le coeur rempli de tristesse et de pensées pour la famille que nous avons poursuivi la route. Papi Jeannot, tu resteras un modèle de gentillesse, de sagesse, d’humour et de douceur qui nous accompagnera tout au long de notre route. Tu nous manqueras beaucoup.

En traversant la carretera australe, on a en tête deux objectifs pas facilement conciliables :

  • la nécessité d’arriver à l’heure au rendez-vous fixé à El Chalten avec Charley, dans moins d’un mois
  • le besoin de prendre notre temps et de profiter du moment présent, car « qui se presse en Patagonie perd son temps ! ».

Alors, objectifs atteints ? Vu qu’on écrit toujours beaucoup, vous vous doutez bien qu’un mois de récit ne va pas être condensé en une page… Pour faciliter la lecture et favoriser les pauses à nos lecteurs chevronnés, on a donc fait, pour cette fois, plein de petits chapitres ! Laissez tomber votre livre de chevet, accrochez-vous au porte bagage, on vous emmène avec nous, jour par jour, le long de la mythique carretera australe, du Chili aux portes de l’Argentine ! C’est parti…

Le jour où on se dit qu’on a vraiment une vie de rêve

Le réveil sonne dans notre petite auberge miteuse de Futaleufu, le soleil brille nous voilà près à partir à l’attaque de la carretera australe, que nous rejoindrons dans une centaine de kilomètres d’une route vallonnée en ripio longeant le fameux rio Futaleufu. Mais avant de partir, nous devons absolument trouver une pile plate pour le compteur qui est proche du K.O. On commence notre quête dans la plus grande ferreteria du village. La ferreteria est l’endroit où l’on vend le matériel de bricolage principalement, et comme partout un peu de tout et de rien. Bredouilles ! On essaye la seconde, même sentence, mais la tenancière nous invite à aller dans la boutique d’en face ou chez le cordonnier (!?!?). La boutique d’en face vend un peu de fruits, de pâtes, de fromage, de biscuits, de robots ménagers, de chaussures, de croquettes pour animaux d’élevage, de jouets en plastique, bref un peu de tout mais pas de pile plate. Elle nous invite à aller demander « al lado del negocio con el techo azul » c’est à dire, à côté du magasin avec le toit bleu. On s’y dirige, et à côté dudit magasin -qui n’a pas de devanture mais juste une pancarte « abierto » (ouvert) sur une grosse porte- il n’y a qu’une petite maison particulière. On se dirige donc vers le magasin, mais la propriétaire n’a pas de pile et nous dit d’aller chez son voisin. Plus de doutes, il faut qu’on frappe à la porte de la petite maison, mais comme on n’en mène pas large, elle le fait pour nous. Un vieux monsieur nous ouvre, nous fait entrer dans son salon, où sont accrochés aux murs tapissés les photos datant visiblement de ses années de militaire, entourées de portraits de famille. On attend sagement et voici notre octogénaire de retour avec une boite à chaussures en carton d’où il sort un monticule de piles en tout genre, dont la fameuse pile plate ! Cette transaction sous la manche nous fait bien rire, on se croirait en train de dealer !

Nous démarrons donc à 11h30 sous un soleil brûlant. Le ripio est difficile, il alterne entre des zones bien stabilisées et des zones de gros cailloux, le tout changeant tous les 20m. On alterne les montées et descentes aux forts pourcentages. Ce n’est pas encore officiellement la carretera australe, mais toutes ses caractéristiques y sont réunies, hormis le mauvais temps ! Comme il fait très très chaud, on fait des pauses pour se rafraichir dans l’eau fraiche et turquoise du rio futaleufu. Ces pauses sont délicieuses, on nage en plein bonheur. En fin de journée, on trouve un coin idéal de bivouac, sur une plage isolée de la route, au bord du rio. On se sent vraiment nomades et heureux de l’être, heureux de pouvoir, grâce à notre tente et à la liberté du vélo, profiter de paysages et de sensations que même les plus beaux hôtels du monde ne peuvent pas offrir.

Le jour où l’asphalte imprévue nous a sauvé

Le lendemain, la piste est plus mauvaise et le soleil cogne fort. Nous avançons doucement. Après une côte assez raide, nous atteignons Villa Santa Lucia qui officialise notre entrée sur la route 7, la carretera australe ! On est un peu atteints moralement car on est à 30 km de notre objectif du jour et il est déjà 18h30, et 30 km, c’est justement la distance parcourue depuis 10h ce matin… On fait quelques petites emplettes et on décide de se lancer quand même sur la route. Quel bonheur, les travaux en cours depuis plusieurs années sur cette portion de la carretera australe sont terminés et on profite d’un goudron tout neuf, et d’une fin de journée aux lumières chaleureuses qui mettent en valeur les montagnes et la rivière turquoise que nous longeons. Le moral remonte à plein ! Vers 20h, on décide de bivouaquer, et suivons un petit chemin en terre perpendiculaire à la route principale, dont nous ne connaissons pas l’issue. Coup de bol, l’endroit est parfait : abrité du vent et au bord d’un bras de la rivière. Les propriétaires des lieux sont là : un ancien dans sa voiture et un plus jeune, gaucho, à cheval avec son chien. Nous leur demandons si nous pouvons rester là pour la nuit, et ils acceptent sans aucune hésitation, nous conseillant même les meilleurs endroits. Puis les deux disparaissent dans la foret, nous laissant seuls pour monter la tente et préparer le repas, avant une bonne nuit réparatrice.

Le jour où on ne comprend pas la logique de celui qui a décidé d’asphalter ou non des portions de route

Ce matin, le soleil fait grise mine, et nous quittons notre petit coin de rêve pour rejoindre la route. On décolle tard, car nous prévoyons de faire étape à la Junta qui n’est qu’à une 40 de km de là. On s’imagine y être en début d’après-midi grâce à la belle route asphaltée. Grave méprise, sans qu’on comprenne trop pourquoi, le goudron prend fin à 8 km de notre lieu de bivouac et nous voici de nouveau sur le ripio, un ripio de zone de travaux, bien granuleux et difficilement roulant. Toute la journée, les zones de ripio et d’asphaltes alterneront sans qu’on comprenne vraiment la logique de ces travaux. Certaines zones sont vraiment difficiles pour nous. Nous sommes heureux d’atteindre la Junta et décidons de nous poser au camping. Il pleuvera un peu dans la nuit, mais le soleil du matin nous permettra de partir avec une tente sèche.

Le jour où on a fait de la colocation

L’étape du jour commence sur de l’asphalte puis nous emmène sur une route en ripio de bonne qualité. On alterne montées et descentes au bord d’un lac avant d’atteindre Puyuhuapi, au fond du fjord formé ici par le pacifique. Le village est charmant, avec ses petites maisons en bois coloré et ses petits bateaux de pêche. Le temps commence à virer à la pluie, et je me sens grippée depuis le matin, donc on décide d’y rester. On prend une chambre dans un petit hospedaje face à la mer, à peine plus cher que le camping. C’est une petite maison qu’on partage à plusieurs voyageurs. Ce n’est pas le grand luxe, mais on y est bien, et surtout, il y a une douche chaude et surtout un poêle en fonte sur lequel chauffe une bouilloire, qui réchauffe toute la pièce collective. On passe une courte mais agréable soirée entre colocataires d’un soir et je file me coucher en espérant être en meilleure forme le lendemain.

Le jour où on a couru après deux formule 1 chiliennes

Au réveil, ce n’est pas la grande forme mais déjà beaucoup mieux. Le soleil est de la partie donc on décide de faire une mini-étape aujourd’hui et de la doubler d’une rando au parc Queullat, pour aller observer son glacier suspendu, le ventisquero colgante. Depuis quelques jours nous croisons régulièrement sur la route deux cyclistes chiliens. On campe ensemble au parc national et allons ensemble faire la rando. Je ne suis pas en grande forme, mais eux sont carrément des flèches ! Ils foncent sur le sentier, même Benoit est à la peine pour les suivre ! Ils ne sont pourtant pas aussi rapides à vélo. Bref, on à l’impression de faire la course pour monter et on arrive en haut bien essoufflés. La vue qu’offre le mirador sur le glacier est magnifique. Il est comme « accroché » entre deux parois du sommet d’une montagne et deux cascades s’en dégagent, se jetant plusieurs centaines de mètres plus bas dans une lagune vert d’eau. Nos amis chiliens ont envie de redescendre au bout de 15 min, nous on reste pour profiter un peu plus du spectacle. On verra quelques morceaux du glacier tomber dans un bruit fracassant. La nature est vraiment impressionnante.

Le jour où tout avait pourtant bien commencé

C’est ce bruit de glace qui se fracasse aux pieds du glacier qui nous sortira du lit de lendemain matin. Aujourd’hui, nous avons l’ascension d’un col sur une route en ripio au programme. La route n’est pas mauvaise, et nous emmène progressivement sur une route en lacets. Nous y allons doucement mais avançons assez bien. On fait une pause pour aller admirer une cascade sur le bord de la route, une autre pause forcée car il y a des travaux, et sinon, on enchaine uns par uns les 17 lacets qui nous conduiront au sommet. Le ciel est couvert mais les nuages sont hauts, nous offrant à la fois un temps idéalement frais pour une ascension et des perspectives agréables sur les glaciers qui nous entourent. Les paysages sont splendides, on apprécie vraiment cette étape.

Mais l’ambiance bascule en même temps que mon vélo que j’avais laissé sur le côté lors d’une pause photo. En redémarrant, je n’arrive plus à passer les plateaux, alors que nous avons encore devant nous de belles côtes (oui, ici, même en descente tu te tapes des côtes, aberrant, je sais…). On est pas d’accord sur le diagnostic et la réparation et, la faim aidant, la situation tourne vite au vinaigre, comme on sait si bien le faire ! Résultat, on aborde la descente et le retour à l’asphalte sans joie, le vélo ne fonctionne toujours pas bien, et on finit par faire notre pause déjeuner sur un coin de bâche, sur la micro bande d’arrêt d’urgence de la route : pendant que l’un mange, l’autre tente de réparer… Ambiance, ambiance ! En fin de journée, on aperçoit la tente des chiliens dans un champ grillagé. Il y a aussi un cycliste coréen que nous avions croisé sur la route une heure avant, au moment de notre pause déjeuner moisie. On leur demande si on peut rejoindre le champ. C’est en fait un champ qui borde une toute petite maison, à peine visible, cachée dans les arbres en contre-haut. Je vais demander à la propriétaire des lieux si nous pouvons nous installer, elle accepte sans hésiter et m’indique où trouver de l’eau. Merci ! Encore une fois, nous sommes réconfortés par la chaleur humaine des gens que nous rencontrons tout au long du chemin. Une heure après nous, un autre couple de cycliste viendra s’installer, suivi d’un deuxième dans la nuit. Au petit matin, il y a donc 5 tentes, 9 vélos et 9 cyclistes dans le jardin de la dame. On ne peut que la remercier pour son hospitalité !

Le jour où l’on n’a pas eu envie d’arrêter de rouler

Ce matin, je suis au taquet ! je visais depuis la veille, un filet de bave au bord des lèvres, un petit kiosque vendant des tartes sucrées à 20 km de là. C’était même ma motivation pour m’activer dans le col ! On n’a pas réussi à l’atteindre hier soir à cause du problème de dérailleur, mais ce matin, je compte bien manger une part de tarte en complément du petit déjeuner. Sur la route, nous rencontrons un couple de voyageurs à vélos de France, lui en vélo-couché, elle en vélo droit. Je suis peu loquace, concentrée à observer le bas côté pour ne pas rater la tarte aux pommes de mes rêves. Tout d’un coup, à la sortie d’un virage, il est là, petit et jaune, comme décrit sur les blogs et immortalisé sur les photos, mais surtout… Fermé ! Je me sens défaillir, surtout que je sais que ce qui nous attend immédiatement après c’est une affreuse côte sur plus de 6 km à fort dénivelé…  La pause tarte et café sera donc remplacée par une insipide pause cookies, je suis inconsolable. Nous retrouverons les cyclistes du matin à Villa Maniguales pour la pause de midi que nous partagerons. Ensuite, nous reprenons la route alternant montées et descentes parfois assez longues et abruptes, mais toujours sur de l’asphalte. On croise des lacs entourés de montagnes, des paysages presque alpins. La journée est très belle. Arrivés au camping que nous visions depuis le matin, nous nous sentons les jambes et l’envie de poursuivre un peu plus. Un cycliste croisé en chemin dans le sens inverse achève de nous convaincre : la route est majoritairement descendante et le vent de dos. Le vent ne restera pas de dos tout le temps mais nous avalons les 20 km rapidement, en profitant de ces couleurs chaudes de la fin de journée dont je raffole. Quand il fait beau, on aime bien rouler tard car il y a moins de monde sur les routes et les paysages sont sublimés par de belles lumières. On se pose au camping à Manihuales, hyper boostés par cette belle journée ensoleillée ! Vers 23h, un phénomène mystérieux se produit : il commence à pleuvoir alors que le ciel est complètement dégagé et étoilé. On croit à une averse mais elle durera toute la nuit ! Et dire qu’on avait hésité à prendre une chambre…

Le jour où la flemmagite aiguë nous a frappé

Au matin, on peine à sortir de la tente et à se motiver. On profite d’une brève accalmie qui permet à la tente de sécher partiellement pour replier. Il est déjà midi. On avait quelques soucis à régler grâce à internet, mais les choses ont trainé. On se dit que quitte à partir à midi, autant manger maintenant. On va chercher des empanadas dans le magasin à côté, mais elles ne sont pas prêtes. La gérante nous demande d’attendre 30 minutes, mais 45 minutes après toujours rien. Le temps de les engloutir, il est déjà 14h, et un vilain vent de face s’est levé, ce qui rend les averses encore plus désagréables. Au bout de 10km, arrivés aux pieds d’un habituel raidillon à plus de 10 % de déclinaison, je craque, et je dis à Ben que je veux faire du stop. Souvent dans ces moments là, il n’y en a pas un pour raisonner l’autre, donc il accepte sans hésiter ! Au bout de 5 minutes, on se rend bien compte que c’est une idée nulle : il n’y a presque pas de voitures, ceux qui sont les plus susceptibles de nous prendre sont les camions, mais ils ne vont pas s’arrêter juste avant une côte alors qu’ils doivent prendre leur élan… On décide de repartir mais on se rend compte que Benoit a crevé ! C’est le destin, il répare, et je continue le stop sans grand succès. Une voiture venant dans l’autre sens s’arrête pour nous demander si elle peut aider. On lui dit qu’on a pas besoin d’aide, juste d’un coup de pouce pour avancer. Il revient 10 minutes après et nous charge dans son pick-up pour nous avancer de 8 km. Il en profite pour nous offrir un croissant au dulce de leche, miam miam !!! On reprend la route, et une dizaine de km plus loin, le même conducteur nous double et nous réembarque pour 10km de plus. Il reste une quinzaine de km pour finir l’étape du jour, et on se prend à rêver de faire du stop ce soir jusqu’à Coyhaique pour squizzer au passage l’étape du lendemain et s’octroyer un jour de repos. Au carrefour où nous sommes, le stop ne marche pas très bien, on reprend donc les vélos pour avancer jusqu’au camping que nous visions aujourd’hui. Arrivés devant le camping, on décide de tenter une dernière fois notre chance. Alors qu’on était près à partir et tendions une dernière fois le pouce, une camionnette-benne s’arrête et nous embarque à l’arrière ! Youhouhou !!! La joie sera vite suivie d’une looooooooongue phase d’angoisse pour ma part. On est dans la benne dont les parois ne sont pas hautes, et les jeunes chauffeurs n’y vont pas de main-morte dans les virages, ni sur les ralentisseurs. Les 40 km seront bien longs nerveusement, mais en même temps, à l’arrière, on profite du paysage, un peu comme en vélo.

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On a souvent croisé ce panneau le long de la route, mais heureusement, aucune météoryte en pleine tête à déplorer

Le jour où l’on a pensé que dormir à deux dans un lit une place pouvait être reposant

Relâchés à Coyhaique on aura toutes les difficultés du monde à trouver un hospedaje, la ville est complètement pleine ce soir, même les campings ! La faute à un week-end prolongé des argentins qui ont envahis le coin paraît-il… Ils ont bon dos les argentins. La chance étant avec nous, l’hôtesse de l’office de tourisme nous trouvera, à sa plus grande surprise, une chambre à un prix raisonnable. Ce n’est pas grand confort, on n’a qu’un lit « une place et demi » et le rapport qualité-prix n’est pas vraiment au top, mais les gérants sont gentils, l’endroit nous permet de finir de sécher la tente, de laver notre linge et surtout, de nous reposer ! On ne demandait pas mieux même si Benoit finira par dormir sur son matelas gonflable le 2e soir pour assurer le sommeil réparateur des guerriers.  Notre journée de repos sera clôturée en beauté par un bon restaurant, un délice et des forces avant de reprendre la route !

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J’espère que vous n’avez pas cru, même une demi-seconde, nous reconnaitre sur cette photo… C’est un piège à mi-parcours pour vous tenir éveillés !

Le jour où tout parait interminable, surtout les montées

Nous savions que cette première journée se déroulerait majoritairement dans un paysage de pampa, qui nous conduirait très progressivement vers le point de passage le plus haut de la Carretera australe, formé de deux cols qui s’enchainent. La journée est longue, comme la montée qui s’étale sur de longues lignes droites sur plusieurs dizaines de kilomètres. On passera la nuit entre les deux cols, au camping géré par la CONAF : de grands emplacements à l’ombre avec cabanon pour s’abriter en cas de pluie, une douche spartiate chauffée au feu de bois, des points d’eau, c’est parfait. On y rencontre deux dynamiques français quinquagénaires partis pour quelques mois à vélo. La fille de l’un a suivi un itinéraire proche du nôtre, à vélo, il y a quelques années. A leur tour maintenant !

Le jour où un burger est arrivé à point nommé

Le lendemain matin, nous nous élançons pour la fin de l’ascension. Nous savons que la route est coupée après Villa Cerro Castillo, à 35 km de là, de 14h à 18h, et on aimerait passer avant. On arrive vers 11h30 à Villa Cerro Castillo après quelques pauses photos face au fameux mont Cerro Castillo dont les pics acérés flirtent aujourd’hui avec les nuages.

En arrivant au village, on apprend à notre plus grand désespoir que la route n’est pas coupée sur 7 km comme on nous l’avait annoncé à l’office de tourisme de Coyhaique, mais sur 30 km ! Impossible à parcourir en 2h… On tente le stop en vain, et vu l’énorme vent de face, on décide de rester au camping où on retrouve Océane et Loïc ! Mais avant de rejoindre le camping, on fait une pause dans le fameux « bus burger » en bord de route dont on avait entendu tant de bien, et il faut l’avouer, à raison ! Un peu dépités d’être coincés là, le burger nous fera relativiser : finalement, grâce à la coupure de route, on n’a pas loupé ça !

Le jour où on a dormi à la ferme et où l’hospitalité nous a réchauffé les coeurs !

Au matin, le temps est plus maussade que la veille, et nous sommes 8 cyclistes à prendre la route en même temps : Raymond et Angel, les espagnols, Romain, le Suisse, Jean-Luc, de Megève, Océane et Loïc et nous. Plus nous avançons sur la route plus la petite pluie fine se fait oppressante. Au fil de la matinée, notre groupe s’étire et se disloque un peu. La grisaille donne aux lieux un caractère mystérieux, et on devine à peine les glaciers qui nous entourent. A la sortie d’un virage, on se retrouve à surplomber une vallée au sein de laquelle un rio turquoise se jette dans une eau plus sommate. Le contraste est saisissant.

Vers 13h30, alors qu’on pensait être sortis de la zone de travaux, nous décidons avec Jean-Luc, Loïc et Océane de faire notre pause déjeuner, affamés. Alors que tout est déballé et que nous sommes bien installés, un ouvrier nous interpelle : « vos amis devant m’ont demandé de vous prévenir , à 14h, dans 8 km, la route sera coupée ! ». Bon, ben zut, on verra bien, de toute façon nous n’avons plus le temps de passer la coupure de route. On reprend donc à 14h, et avec un peu de patience, on arrive finalement à passer tous les barrages routiers. La pluie redoublant d’intensité, on se pose à l’abris sous un arbre, juste avant la fin des travaux. En redémarrant, on découvre quelques dizaine de mètres plus loin Angel, Romain et Raymond qui nous attendaient autour d’un feu depuis plus d’une heure ! La troupe réunifiée reprend la route, mais la pluie se fait de plus en plus dure à supporter. Nous sommes trempés à l’extérieur, et la pluie et le froid commencent à s’infiltrer dans nos vêtements. A l’occasion d’une nouvelle pause abritée par un arbre, on décide de s’arrêter dans le coin pour laisser passer la pluie. Un espace relativement plat, abrité par les arbres, dans un champ clôturé nous paraît bien adapté. Raymond part demander son accord au propriétaire des lieux, qui possède une petite bicoque juste au dessus. Pendant son absence, on se prend à rêver pour rigoler en se disant que le monsieur va accepter, et mieux, nous ouvrir son salon pour passer la soirée au coin du feu, avec une bonne raclette. Et qu’Océane et moi on aura même l’occasion de prendre un bain chaud dans une piscine à bulles.

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Raymond revient avec les bonnes nouvelles : non seulement le paysan est d’accord mais en plus il va nous ouvrir les portes de sa grange pour camper au sec, et on pourra peut-être faire un feu ! Le rêve rejoint la réalité, la soirée qui s’annonçait morose et gelée prend un sacré tournant.

A l’entrée de sa ferme, Secundo nous attend. L’homme est petit, trapu, moustachu au physique plutôt sec. Il dit avoir la soixantaine mais son visage travaillé par le temps et une vie bien rude en paraît 15 de plus. Il semble mettre un point d’honneur à bien nous accueillir, en libérant l’espace de sa grange, en nous préparant tout de suite un feu gigantesque. Il insiste pour qu’on passe la soirée à cuisiner au chaud dans sa maison.

La maison doit mesurer 25m², et est simplement composée d’une pièce de vie, où l’on peut cuisiner, manger et dormir, chauffée par un poêle à bois qui sert de four et de cuisinière, et d’une petite salle de bain très précaire et très froide. Secundo y vit seul, sans femme et sans enfants. Aux murs, les calendriers faisant la promotion de petits commerces locaux et arborant des photos de chevaux et de rodéo contrastent avec le poster géant d’une naïade blonde en maillot de bain, et une peluche noircie de bob l’éponge. Secundo nous explique qu’il a récupéré ses terres de son père, et qu’ils ont fait ensemble une bonne opération financière lors de l’éruption volcanique survenue 30 ans auparavant : alors que les cendres avaient recouvert tous les pâturages et pollué les cours d’eau, ils se sont empressé d’aller vendre tout leur cheptel qui serait mort de toute façon, faute de pouvoir se nourrir et boire. Ils ont mis en banque l’argent gagné, et ont construit la maison et vécu plusieurs années grâce aux intérêts. Aujourd’hui, il élève de nouveau des vaches et des moutons, ainsi que des chevaux.

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A l’écouter parler en buvant son maté, on prend conscience de la rudesse de sa vie : pas de voisinage proche, des routes coupées en hiver, pas de vétérinaire aux alentours pour ses bêtes, et pas de médecin pour lui. Pour aller dans la grande ville la plus proche, Coyhaique, c’était plusieurs jours à cheval et maintenant, plusieurs heures en voiture. Vu le nombre de bêtes dont il doit s’occuper seul, il ne peut jamais quitter la ferme plus de 24h ce qui limite beaucoup ses déplacements. De son propre aveu, il essaye du coup de tout faire lui même : son pain, sa nourriture, et même le soin de ses bêtes quand c’est nécessaire ! Il a ainsi lui même réalisé la césarienne de l’une de ses chiennes qui était en train de mourir lors de la mise bas ! La cicatrice est impressionnante mais le chien bel et bien vivant ! Il a un rêve qu’il réalise petit à petit : construire une piscine dans sa cours, pour pouvoir y faire un camping et que des jeunes filles comme celles du poster viennent s’y baigner ! D’où l’énorme trou béant qu’on a contourné pour entrer dans la grange. On écoute sa vie et ses histoires sans trop parler, tous agglutinés autour du poêle, conscients de vivre un moment exceptionnel.

Le jour où on est devenu squatteurs

Au matin, Secundo nous a préparé du pain frit pour le petit déjeuner. Les nuages semblent un peu dissipés, donc on décide de reprendre la route malgré ses mises en garde : la pluie va revenir, plus forte encore. Il faudrait mieux rester. Je crois qu’il nous garderait bien encore un peu avec lui ! Après des au revoir amicaux, notre groupe reprend la route sans Romain qui a prit de l’avance. Et alors que nous enchainons montées et descentes raides, les prévisions de Secundo se réalisent et la pluie vient de nouveau nous glacer et nous fouetter le visage. Pour couronner le tout, Angel accuse un problème mécanique sur sa roue et se voit obligé de faire du stop pour rejoindre le prochain village. Nous ne sommes donc plus que 6, et nous décidons de nous arrêter pour manger au prochain abris rencontré.

L’attente ne sera pas longue, quelques centaines de mètres plus loin, on tombe sur une petite habitation abandonnée, dont la construction n’a, à priori, jamais été terminée. Elle est clôturée mais nous sommes trop gelés pour louper cette occasion et franchissons la barrière. La maison est formée de 3 pièces minuscules, l’entrée n’a pas de porte et les fenêtres sont cassées, laissant passer les courants d’air. On installe nos quartiers dans la pièce la plus isolée et ce qui devait être une pause d’une heure pour manger se transforme progressivement en squat. On finit par rapatrier toutes nos sacoches, puis les vélos, puis sortir les duvets. L’après midi passe finalement assez vite, en mangeant des petits gâteaux et en buvant du thé chaud pendant que la pluie tombe sans discontinuer à l’extérieur. Après avoir un peu épuisés les sujets de discussion, chacun se rabat sur une activité de détente : un peu de lecture pour les uns, écriture pour les autres, au doux son de la musique qui raisonne dans la petite enceinte, et finalement, nous nous laissons surprendre par la nuit et cuisinons le repas du soir à la lumière des lampes frontales avant de nous endormir au sec, répartis dans chaque petite pièce : les ronfleurs d’un côté, les silencieux de l’autre… Devinez où je suis ?

Le jour où on aurait du passer le cap des 5000 km !

Au petit matin, le soleil est de retour. Comme on garde en tête le scénario de la veille, personne n’ose crier victoire et on profite juste de l’instant présent sur nos vélos et de découvrir enfin les paysages qui nous entourent. Ainsi, un gros glacier surplombe notre cabane et la rivière qui la borde se jette plus loin, vers l’inconnu, au fond d’une vallée.

Nous arrivons en début d’après midi au bord du lago Général Carrera. Le ciel est bleu mais le lac l’est encore plus, c’est surréaliste.

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Les montées raides s’enchainent, avec des portions à plus de 17 %. Pour Benoit et moi, c’est la journée où l’on doit passer le cap des 5000 km parcourus depuis le début. C’est un cap un peu symbolique, donc on veille sur le compteur. Mais, ironie du sort, ce dernier a souffert des fortes pluies des deux jours précédents et n’enregistre plus les km ce jour là ! Tant pis pour la photo souvenir, on n’a plus qu’à attendre les 10.000 km maintenant ! Comme nous avons du retard sur notre programme pour rejoindre Charley, à cause de ces jours pluvieux qui nous ont ralentit, on renonce à notre jour de pause prévu ici et du même coup à la visite des Marble cave, des caves en marbre creusées dans la roche par l’érosion de l’eau du lac général carrera. On n’a pas envie d’y aller en bateau, on aimerait les découvrir en kayak, mais on en a pas l’énergie et le vent est très fort ces jours ci.

Le jour le plus court mais pas le moins beau

A défaut de jour de repos, on quitte Puerto Tranquilo vraiment tard le lendemain, en milieu d’après-midi, avec Jean-Luc, Océane et Loïc. La route est tellement belle que l’on n’arrête pas de faire des pauses, et on finit par bivouaquer en bord de lac à seulement 20 km de notre point de départ du jour.

Le jour où la force d’inertie nous a scotché, mais où on en a bien profité

Au matin, la pluie tombe sur la tente et on attend tous patiemment qu’elle s’éloigne pour sortir nos bouts du nez. Là encore, on part assez tard, et on fait de nombreuses pauses entre repas de midi les pieds au bord de l’eau, rencontres sur le chemin et arrêts photos. C’est frigorifiés par le vent et à la tombée du jour qu’on finira par trouver un camping très chaleureux en bord de route pour finir la journée auprès du poêle à bois, en partageant une bonne bière !

Le jour où on aurait pas dû faire du stop

Au matin, c’est l’heure des séparations. Jean-Luc va prendre la route en direction de Chile Chico, nous de Cochrane, tout comme Océane et Loïc. Benoit et moi avons besoin de bien avancer pour regagner un peu de temps sur notre programme. On part donc avant Loic et Océane qui veulent profiter plus longtemps des installations. Vers 15h, après une pause pour aller voir les chutes du rio Baker, nous atteignons notre objectif du jour. Nous sommes à 30 km de Cochrane et on sait qu’il ne faut pas aller au-delà à vélo en fin de journée au risque de ne pas trouver d’eau et de coin de bivouac. Donc soit on attend le lendemain pour se lancer, soit on fait du stop pour avancer. Comme on n’a pas encore mangé, on décide de faire du stop en mangeant, et si la démarche se révèle infructueuse, de poser notre bivouac dans le coin. La première voiture passant dans notre sens ne viendra qu’au moment du café. C’est un pick-up avec une famille en vacances. Il s’arrête pensant qu’on a un problème. Il accepte d’essayer de nous charger malgré le fait que sa benne soit presque pleine. Je me dis que ça ne passera pas et que le pauvre se fatigue pour rien mais finalement tout rentre. Au fur et à mesure que la voiture avance, on découvre une route aux dénivelés difficiles mais au panorama magnifique, surplombant le rio baker. Des troupeaux de Guanacos nous barrent la route de temps en temps. On aimerait tellement mieux être à vélo, c’est la première fois qu’on regrette d’avoir fait du stop. Arrivés à Cochrane, on loue une petite chambre pour reprendre des forces pour la nuit, mettons à jour le blog et faisons les courses pour les prochains jours qui s’annoncent plus isolés.

Le jour où on aurait mieux fait de faire du stop

Nous ne reprenons la route qu’en début d’après-midi. Le soleil brille, mais dès la sortie de Cochrane, la piste devient difficile avec beaucoup de tôle ondulée. Nous qui n’avions lu que des commentaires positifs sur l’état du revêtement sur cette portion, c’est la douche froide ! On a du mal à se motiver, on se dit que c’est aujourd’hui qu’il aurait fallut faire du stop ! On avance difficilement, avec le vent de face, la montée fait 6km de plus que prévu et on voit progressivement la nuit nous tomber dessus… Bref, vous voyez le tableau, c’est la dépression ! On arrive à la fin du jour au point qu’on visait pour notre bivouac et il est parfait : sous les arbres, protégé du vent, au bord d’une rivière, avec moyen de faire un feu. Les affaires reprennent, on se sent tout de suite mieux, et on clôturera la journée par des crêpes au Dulce de Leche au coin du feu.

Le jour où rien ne va plus

Aujourd’hui est une journée comme, heureusement, on n’en connaît rarement. Le temps est maussade, le revêtement aussi, on ne porte que peu d’attention aux paysages et on avance comme des machines, un coup de pédale après l’autre, sans trop se parler. On vise Caleta Tortel, à 80km de là, mais on est presque sûrs de ne pas y arriver aujourd’hui, car on est parti trop tard à cause d’une panne de réveil.

A 18h, on arrive au fameux croisement : il faut faire un détour de 44km aller-retour pour rejoindre le village ou sinon continuer sur la route de Villa O’Higgins. Juste avant d’arriver au croisement, nous nous sommes arrêté pour discuter avec un couple de cyclistes allemands. Au redémarrage, impossible pour moi de pédaler : c’est comme si soudainement mes tendons et ligaments des genoux étaient devenus trop courts, c’est très douloureux. Je suis obligée de pousser mon vélo. On se donne une heure pour tenter de faire du stop, et en cas d’échec, on bivouaquera au croisement. Pas une voiture ne passera pendant cette heure d’attente. On monte la tente, et Benoit commence à faire un feu qui sera rapidement éteint par la pluie. Dépités, on fini la soirée dans l’abside à cuisiner mais la condensation associée à la forte humidité extérieure font que nous sommes victimes de « goutte à goutte » sur la tête. On se couche au bruit de la pluie sur la toile en rêvant à des lendemains meilleurs…

Dans la catégorie « On apprend en faisant » : l’eau, ça mouille… 

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tentative N°1

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deuxième essai, mieux équipé

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Au final, déjà trempé avant que la pluie ne tombe !

Le jour où pensait découvrir un petit village tout mignon

Il pleut toujours ce matin et on replie rapidement entre deux averses. Mes genoux vont mieux et on prend la route de Caleta Tortel que nous atteindrons sans grande difficulté aux alentours de midi.

Caleta Tortel est un petit village du bout du monde, dont les maisons sont accrochées aux flancs d’une montagne et reliées entre elles par des passerelles et escaliers en bois faisant office de rue. Pas de voitures donc, pas de vélo non plus. Cette particularité en a fait un lieu hautement touristique. Quand nous arrivons, une cinquantaine de backpappers font le pied de grue sur le parking, attendant une voiture qui voudra bien les prendre, ou a défaut un bus. Je fais le tour des hospedaje. Presque toutes les maisons le sont devenu par la force des choses. On finit finalement par se rabattre sur le premier venu, qui se situe au niveau du parking, et nous évite de devoir multiplier les efforts pour descendre nos vélos : il y a un lit deux places, une douche chauds, une cuisine, un poele à bois, c’est tout ce qu’il nous faut. On est rapidement rejoint par un couple de tandemistes couché/assis en Pino, ce qui donne à la petite terrasse de l’hospedaje qui abrite nos trois vélos bizarres une allure bien singulière, qui interroge les passants curieux. La tenancière de l’hospedaje a tout de la marâtre acariâtre. Elle n’arrête pas de nous dire de ne pas faire ceci ou cela, et est aimable comme une porte de prison. On sent qu’elle profite de la localisation de sa maison pour profiter du tourisme mais qu’elle n’a aucun goût pour accueillir les gens. Et son mari lui ne voit aucun inconvénient à couper du bois sous notre fenêtre à 7h30 du matin, ce qui vaudra à Benoit son deuxième bref et succinct haussement de ton du voyage en espagnol, un splendide et sibyllin « Quiero dormir » lâché sèchement à travers la fenêtre au pauvre vieux ébahis. Le village ne nous enchante finalement pas plus que ça, les gens y sont globalement blasés du tourisme dont ils tirent paradoxalement grandement profit et le village ne semble plus avoir grand-chose d’authentique. On s’y pose néanmoins pour une journée de repos, pour reposer nos articulations avant de reprendre la route qui s’annonce particulièrement exigeante pour les derniers jours. A noter tout de même la gentillesse d’un commerçant qui nous donne la clé d’accès à son réseau internet mobile personnel pour qu’on puisse réserver nos billets d’avion, alors que tout le monde nous disait qu’il était impossible d’avoir accès à internet ici. Il nous aura bien dépanné ! Au final, cette pause nous fera le plus grand bien.

Le jour où on nous a menti sur la descente

On connaît par coeur le programme de la journée, puisqu’il faut qu’on rebrousse chemin sur 20km, puis qu’on s’attaque à la terrible montée en lacets qu’on a eu tout le temps d’observer lors de notre séance de stop deux jours auparavant au croisement. Alexi et Anysia, les tandemistes, nous ont dit que nous en avions pour 10 km d’une montée assez raide, suivis de 10 km de descente. Et notre road book parle même d’une « crazy downhill », litteralement « folle descente ».

On prend donc notre courage à deux mains pour aborder la longue et pentue montée, en rêvant de la folle descente. Alors qu’on s’était déjà imaginé devoir pousser, on passe finalement les lacets assez facilement, et les 10 km sont relativement vite avalés. On est seuls, sur une route en forêt qui surplombe une sorte de canyon, c’est très beau. Mais toujours pas de crazy downhill à l’horizon, quelques descentes vite suivies de longues remontées.

C’est la désillusion, on n’a jamais l’impression de descendre. On n’arrive pas à prendre assez d’élan pour remonter sans efforts, si bien qu’au bout d’un moment, on décide d’abdiquer et de pousser à chaque remontée ! Elles sont pourtant beaucoup moins raide que celle que la longue de 10 km que l’on vient de terminer, mais psychologiquement, on était près à descendre, plus à monter. On dit souvent que c’est la tête qui fait 80 % du boulot, et c’est bien vrai. Benoit finit même par complètement craquer et enchaine deux chutes stupides à moins de 15 minutes d’intervalle en gueulant. ça a le mérite de me faire bien rire ! Heureusement, l’arrivée au port de puerto yungay où l’on attend le ferry qui doit nous conduire de l’autre côté du lac est aussi synonyme d’empanadas chaudes dont on nous avait tant venté les mérites ! On en commande deux, et on attend patiemment, en lisant, pendant plus de 2h l’arrivée du ferry. Après un rapide embarquement et 30 minutes de traversée, nous voici de l’autre côté de la rive, pour débuter la dernière portion de la carretera australe. Mais comme nous sommes en fin de journée, on se pose à l’abris dans la salle d’attente du terminal du ferry où on passera la nuit avec un autre couple de cyclovoyageurs chiliens, en écoutant la pluie battre contre les vitres.

Le jour où on s’enfile trois cols

Il y a des matins comme ça où tu te réveilles avec pour seule envie celle de rester au lit et de ne pas en bouger de la journée… Si si, je vous assure, même quand on ne travaille plus il nous arrive de ressentir ça ! Par exemple quand il pleuviotte dehors et que tu sais que ta journée va commencer par un petit échauffement sur le plat de 20 km qui sera suivi par le passage de 3 cols sur moins de 30 km… Heureusement, on est chanceux : le bus qui débarque à 8h30 du matin un tas de mâles mauribonds pressés d’aller aux toilettes sans tirer la chasse d’eau, dans la salle d’attente où nous dormons, nous donne un élan soudain de motivation ! Et c’est parti pour une vraie grosse journée d’efforts avec comme point de mire un refuge abrité du vent où il est possible de se réchauffer au coin du feu. Comme prévu, au bout de 20 km, ça commence sérieusement à monter, puis après une mini descente, on rentre dans le vif du sujet sur une route en lacet qui nous propulse en quelques coups de pédales transpirants au sommet du premier col. Pause pique-nique et c’est reparti. On descend pour mieux remonter, mais cette fois la montée est directe et longue, tout ce que je déteste.

En route, Benoit sera témoin de ce qu’il appèlera plus tard « la minute crado » : une famille se gare à hauteur d’un mirador, et tous sortent du pick-up. Immédiatement le père de famille file vers le banc du mirador et pisse au niveau de la balustrade, face au banc, pendant que sa fille pisse entre le banc et la voiture ! Heu… c’est pas nous qui allons jeter la pierre aux pipis nature, mais pourquoi sur le mirador alors qu’il y a de la forêt et des buissons partout ? Les condors tournent au dessus de nos têtes, on ne sait pas si ils ont repéré notre extrême fatigue et attendent patiemment, mais en tout cas, on ne se lasse pas d’observer le vol tranquille de ces oiseaux majestueux ! Arrivés en haut, nouvelle descente et nouvelle remontée dans la foulée. On commence sérieusement à en avoir plein les jambes et on y va doucement. Au milieu de la montée, des équipes d’ouvriers travaillent d’arrache pied pour sécuriser une immense zone d’éboulement. Celui-ci est énorme et à eu lieu il y a à peine quelques jours. L’endroit n’est pas stable et ils nous demandent de nous activer pour passer le plus vite possible. Ok, je veux bien, mais c’est pas si facile quand il faut patiner dans la boue…

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Après tous ces efforts, on arrive enfin au refuge, caché de la route, avec un petit peu de bois collecté au fil de la route pour notre futur feu. On dormira à l’abris du vent, aux pieds du feu, une belle récompense après une longue journée d’efforts !

Le jour où on a concrètement compris que « qui se presse en Patagonie perd son temps »

Ce matin, c’est notre dernier jour sur la carretera australe. Ce soir, nous serons à Villa O’Higgins où nous planifions de prendre le bateau le lendemain. La journée est belle et nostalgique à la fois. C’est comme si la nature nous offrait en résumé et condensé toutes les merveilles rencontrées jusqu’ici ! On prend la mesure du chemin parcouru, on se sent fiers d’être arrivé jusqu’ici. On est contents d’être au bout mais en même temps on aurait voulu que ça dure plus longtemps. La carretera australe était un « incontournable » de ce voyage, au programme presque depuis le début de nos réflexions sur le voyage à vélo. C’est donc vers l’aboutissement de quelque chose de fortement symbolique pour nous que nous nous dirigeons.

Les derniers kilomètres nous paraissent interminables, mais enfin, en fin d’après-midi, on arrive à Villa O’higgins, au bout de la carretera australe, la ville Chilienne coincée entre deux lacs qu’on considère, à raison, comme un cul de sac ! En effet, de l’autre côté du lac et des montagnes qui bordent cette ville, c’est l’Argentine. Et cette frontière n’est franchissable qu’à pieds ou à vélo, après une traversée de quelques heures en bateau. Notre timing est parfait, on est pile poil dans les temps de ce qu’on avait prévu pour retrouver Charley en temps et en heure. A peine arrivés, on s’arrête chez l’agence « Robinson Crusoe » qui gère les traversées en bateau. Il y a la queue, et quand je me retourne, je découvre Benoit en discussion avec Kristell, des Breizhiliens, qui sont pourtant arrivés ici une semaine avant nous ! Si ils sont toujours là, c’est que ça craint vraiment… En effet, Kristell nous informe que plus aucun bateau n’est parti depuis 7 jours, à cause des vents et d’une avarie sur l’un des bateaux. Eux sont sur liste d’attente pour le prochain, qui ne partira pas avant vendredi. Et nous sommes mercredi… Notre plan tombe à l’eau, je suis dépitée. On file s’inscrire à notre tour sur les listes d’attente du bateau de Lorenzo et de Robinson Crusoe. A l’heure où nous nous inscrivons, notre départ ne se profile pas avant le dimanche…

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En raison de ce blocage, Villa O’Higgins à des allures de Sangate pour backpappers et voyageurs à vélo. Tout le monde cherche à s’occuper en « attendant ». Comme il n’y a pas de distributeur, toutes les stratégies sont bonnes pour éviter de dépenser ses rares pesos chiliens et payer par carte ou en devises étrangères dès que possible. Les prix de ce bout du monde sont évidemment exorbitants ce qui n’aide en rien la stratégie d’économies.

Voilà, on a fait l’impasse sur certains treks, certaines visites, certaines parties de la route pour se retrouver coincés là à attendre, impuissants. C’est encore pire évidemment pour Kristell, Fabien, et Camille, qui attendent depuis plus d’une semaine. Le lendemain, nos anciens compagnons de route arrivent au compte-goutte : Loic et Océane, Angel et Raymond, Romain… On retrouve aussi le groupe d’André au camping. C’est un peu les retrouvailles au milieu de rien, une sorte de boucle bouclée à la fin du voyage, où on retrouve plein de visages croisés plus au nord. Ça a un côté sympathique, un peu colonie de vacances. Et malgré l’attente, le repos fait du bien.

La bonne nouvelle nous arrivera finalement le vendredi soir : nous avons été surclassé sur la liste d’attente, on peut prendre le bateau du samedi ! On fait nos petites courses pour les 3 prochains jours en urgence, on se prépare à reprendre la route, et surtout à pousser les vélos puisque c’est principalement ce qui nous attend.

Le jour où on a enfin pris le bateau et dormi en terre inconnue.

A 5h du matin, le réveil sonne. On n’a que 3 heures de sommeil au compteur, mais quand il faut y aller, il faut y aller ! Vélos harnachés, nous voilà partis en direction du port où nous attend le Lorenzo.

Le nombre de cyclistes est impressionnant ! Près de 15 vélos sont chargés pour 40 passagers à bord ! Durant la traversée, on alterne entre siestes à l’intérieur et moments de contemplation à l’extérieur. Le lago O’higgins est d’un bleu turquoise magnifique, et est entouré de montagnes s’y jetant à pic, bordées de glaciers, de cascades. Le paysage vaut bien la traversée !

Arrivés au port vers midi, on prend notre temps pour manger avant de se lancer. On est les derniers cyclistes à partir. Ici, le lac est d’un turquoise tellement intense qu’il parait irréel. Les photos ci-dessous n’ont pas été retouchées… On aurait été bien bêtes de ne pas profiter du tableau !

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Les premiers mètres annoncent la couleur : la pente est raide, le sable du ripio assez profond, ce qui nous fait patiner dans le vide. On est obligés de pousser. Au début, on tente de remonter sur nos vélos dès que possible, mais comme ce n’est à chaque fois que pour quelques dizaines de mètres, on finit par adopter sur 6 km le poussage à deux de chacun des vélos, tour à tour. Ce n’est pas si ennuyant que ça, ça nous permet de discuter en poussant et finalement, nous arrivons en haut assez vite. Entre temps, le vent de patagonie s’est levé et nous fouette de face ou nous jette de côté. La courbe naturellement penchée de la végétation en dit long !

Nous avions avant de partir effectué les formalités douanières, nous ne sommes donc plus au Chili, et pas encore en Argentine. Puis nous pédalons jusqu’à la frontière où nous avons prévu de passer la nuit. En chemin, à la sortie d’une forêt, nous tombons nez à nez avec le Fitz Roy dégagé de nuages ! On ne s’y attendait pas, c’est magique, cette grande montagne dont on rêve depuis tellement longtemps est là devant nous !

Au fil de la route, on passera aussi une demi-heure un peu étrange, où on croisera tour à tour, au milieu de nul-part, une patte de vache amputée, un tractopelle transportant dans sa pelle un veau aux pieds attachés, les travaux d’un aérodrome au milieu de rien, des cowboys… Nous qui pensions que cette zone était sauvage et inhabitée, on est surpris de croiser autant de « vie ».

Vers 18h, on passe la frontière physique et entrons en Argentine. On arrive de ce fait au début du sentier pédestre de forêt dont on connaît, d’après les récits et témoignages, la difficulté à vélo. On décide donc d’arrêter là nos efforts du jour, et plantons la tente seuls au monde dans ce no man’s land, auprès d’un feu de bois réconfortant.

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Le jour où on a parcouru 5 km en 5 heures

Ça y est, on y est ! Ce passage tant redouté de tous les cyclos, dont on sait depuis des années qu’il va être un moment difficile, une expérience parmi celles qu’on a pas envie de renouveler de si tôt, on est près à l’affronter. C’est un chemin adapté aux marcheurs, un petit sentier de montagne avec des racines, passages de gué, zones boueuses, arbres couchés, alternance de petites montées et descentes bien raides, d’ornières étroites et profondes. En VTT ça passe, à vélo couché chargés comme des mules, ça craint ! Les premières heures, on franchit les étapes une par une avec le sourire, mais au bout d’un moment, on commence à avoir hâte d’en finir, marre de pousser, de tirer, de soulever… A chaque fois on s’y met à deux. Pour mon vélo, on pousse tous les deux, pour celui de Benoit, il pousse et je dirige entre les racines le guidon bas. Sur quelques portions, on s’autorise à pédaler, quel bonheur ! Notre passage le plus difficile aura été une zone de 30 mètres de boue, avec des passages où la boue nous arrive presque aux genoux. Dans ce cas, le vélo s’embourbe de tout son poids, et impossible de l’en faire bouger ! Benoit se met alors derrière pour le pousser pendant que je l’attrape par les pédales pour tirer… Et pendant ce temps, on espère que la boue ne va pas venir à bout de nos dérailleurs !

Notre récompense du jour sera de pouvoir pique niquer face au Lago del Desierto en face duquel s’élève le Fitz Roy. Cette image est magique, digne d’une carte postale.

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Après le pique nique, il ne nous reste plus qu’1 km et les fameuses ornières à traverser. On décide de ne pas se prendre la tête, on reste sur nos vélos, les pieds sur le haut des ornières pour faire avancer/freiner la machine. Les sacoches frottent les parois mais elles ont connu pire que ça.

Méthode 1 : on pousse délicatement, mais c’est très chiant long et ça fait mal au dos…

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Méthode 2 : on y va comme de gros bourrins !

En 25 minutes on est en bas, le temps de faire tamponner nos passeports, pile poil pour prendre le bateau. On se dépêche vraiment parce qu’on veut rejoindre Charley qui nous attend déjà depuis deux jours le plus vite possible, mais sinon, on n’aurait pas pris le bateau ce soir là et profité de la possibilité de camper aux pieds de la douane argentine, face au lac et au fitz roy, et on aurait fait la marche le lendemain le long du lac en laissant les vélos dans le bateau, pour économiser une partie de son prix exorbitant  : 30 dollars pour 40 minutes ! Mais on ne veut pas prendre le risque de laisser partir sans nous un bateau, on sait ce que c’est maintenant de se retrouver impuissant à attendre que le vent cesse et que le service reprenne.

Mais de l’autre côté du lago del disierto, on ne peut plus faire de camping sauvage et le seul camping est un attrappe pigeon ultra-cher et sans services… On se couche dépités avec pour seule envie de partir vite fait.

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Quelle riche idée ont eu les gérants du camping, laisser sécher ces peaux de vaches fraichement tuées à quelques mètres de nos tentes, ça sent bon la charogne !

Le jour où on a fini de découvrir l’amérique du sud en vélo

On se réveille super tôt pour prendre la route et faire la surprise à Charley d’arriver en début d’après-midi. On roule aussi vite qu’on peut sur ce ripio de mauvaise facture, et arrivons vers 13h au camping où nous nous sommes donné rendez-vous ! On trouve sa tente, mais pas de Charley à l’horizon ! Finalement, on plante la nôtre et c’est nous qui l’attendons, il est allé faire une petite rando à la journée. Au final, on n’a pas atteint, malgré nous, l’objectif d’arriver à l’heure au rendez-vous, car  même en faisant du mieux possible, on ne peut pas tout contrôler. Par contre, on trouve qu’on a assez bien géré nos étapes pour « profiter » autant que possible de cette route, ne pas se griller, ne pas avoir l’impression de courir, la vivre pleinement et ne pas perdre notre temps ! Il faudra revenir pour randonner au cerro castillo, visiter en kayak les grottes de marbre, prendre les itinéraires bis et visiter les petits villages de bout du monde. Revenir pour notre plus grand bonheur tant la Patagonie chilienne nous a envoutés !

Cette arrivée à El Chalten marque la fin de notre découverte à vélo de l’Amérique du sud. En effet, la suite du voyage se fera tous les trois en bus et à pieds, vélos au repos. Mais on ne se sent pas tristes pour autant, on est plutôt heureux d’être arrivés jusqu’ici et heureux aussi de mettre un peu de côté les vélos pour marcher. On a décidé depuis plusieurs semaines déjà de ne pas aller jusqu’à Ushuaia, parce que cette étape est souvent plus symbolique qu’intéressante, couteuse, et qu’elle nous aurait mis la pression au niveau du timing pour finir notre découverte de la patagonie. Mais le voyage n’est pas fini pour autant : le Fitz Roy, le Perito Moreno, le parc Torres del Paine nous attendent ! Mais ça, ce sera dans un prochain article !

_DSC1573

Je n’ai pas soudainement gonflé par excès de dulce de leche, c’est l’effet du vent mauvaises langues !

01.02.16

Futaleufu/bivouac Rio Futaleufu

41.19 ripio

476

749

3h50 Bon ripio

Longe rio

Baignade

02.02.16

Bivouac/Bivouac Rio Frio

65.81

40 de ripio

700

699

5h58 Mauvais ripio

Asphalte après St Lucia

03.02.16

Bivouac Rio Frio/ camping La Junta

49.38

535

624

4h33 Mauvais ripio

Travaux

Up&down

04.02.16

La Junta/camping Puyuhuapi

47.90

582

644

3h55 Asphalte sur 30 km
05.02.16

Puyuhuapi/camping parc Queyate

24.76

257

184

2h16 Parc 5000/pers

Camping 5000/pers

Visite du glacier Colgante

06.02.16

Camping Queyate/bivouac ferme

48.94

838

757

5h08 Col sur 10km de 50m à 600m

Bivouac avant Villa Amengula

07.02.06

Bivouac ferme/Mańihuales

84.92

925

981

5h37 Côté de 3km fort %

Montagnes magnifiques.

08.02.16

Mańihuales/Coyahique

32

282

370

2h26
10.02.16

Coyhaique/camping conaf

63

1227

578

5h48 2 cols: km 12 à 24 et km 36 à 63 entre 3 et 10%
11.02.16

Camping conaf/cerro castillo

38.62

323

961

2h36 Montée jusqu’à 1100m puis long descente.

Route fermée de 14h à 18h travaux

12.02.16

Cerro Castillo/ferme secondo

41.77

585

496

4h24
13.02.16

Ferme/bivouac maison abandonnée

28.02

308

485

2h17 Bon ripio

Bcp pluie

14.02.16

Maison abandonnée/Puerto Tranquillo

57

677

737

4h Forte cote

Bon ripio

Paysage +++

5989 km

38146+

43477-

382h

15.02.16

Puerto Tranquillo/bivouac lac

19.90

471

480

2h10 Portions raides

Couleur lac +++

16.02.16

Bivouac lac/camping Cerro Color

35.68

496

524

3h24 Lac+++

Glaciers+++

Tôle ondulée

Vent de face

17.02.16

Camping/Cochrane

35.02

531

603

3h05 Tôle+++

Arrêt musée puis stop jusqu’à Cochrane

18.02.16

Cochrane/Bivouac Rio Nadis

46.13

759

866

4h55 Mauvais ripio

Long montée

19.02.16

Bivouac Rio Nadis/bivouac croisement puerto Yungay Tortel

61.07

504

538

5h03 Ripio caillasse mauvais + tôle
Croisement/Tortel 23.73

257

282

2h28 Mauvais ripio

Forte montée avant Tortel

Tortel/puerto Yungay 46.21

613

740

4h13 Forte montée s/1km
Puerto bravo / refuge

48,2

855

662

4h38 Plat les 20 premiers kil puis 3 cols. Bon ripio. Refuge top.
Refuge/Villa O’higgings 55.05

542

584

4h20
Villa O’Higgings/ bivouac frontière Argentine 24.25

489

238

3h07 8km jusqu’au bateau

5km montée ++

Vue sur fitz roy

7.90

21

136

1h52

9 réponses à “Vibrante, époustouflante, humide et chaleureuse Carretera Australe !

  1. tout va crescendo: la sueur, les larmes, l’engagement physique, la majesté des images, les rebondissements, l’émotion transmise, la rareté des rencontres (celle de secundo me semble être un sommet), le glacier suspendu ventisquero colgante et le fitz roy bien sûr sont d’autres sommets. vous voyagez dans nos mythes. vous devenez nos mythes !!
    christian

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  2. Coucou vous deux!!!

    Il serait peut-être temps de vous écrire un petit mot..depuis le temps
    qu’on vous lit et qu’on partage vos aventures depuis notre petit chez nous… OUAHHHHHHHHH, on se réjouit à chaque fois pour vous et vos aventures nous font rêver et même rire ( grâce à ton style inimitable Alice..) Et disons – le, on vous envie un peu…

    Quelque part, vous réalisez un rêve, qu’ un jour, je l’espère nous pourrons tutuoyer….

    Et vraiment, on se réjouit de vous revoir..

    Alice, Benoit on vous embrasse..Prenez-soin de vous, profitez de chaque moment….

    En attendant de vous lire….une pensée sincère pour papi Jeannot.
    Qu’il repose en paix.

    Karima, Mathieu et les deux p’tites tornades!

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  3. Bon bah du coup je me sens coupable de vous avoir fait rater plein de choses (Sur Google images les marbles caves ont l’air sublimes, le genre de trucs à ne pas manquer quoi) en plus de vous avoir fait dépenser pas mal de votre budget une fois avec vous (Les vélos en soute de bus etc… ) !
    En tout cas je vis vos articles différemment, j’arrive mieux à vous imaginer au quotidien, connaissant vos gestes routiniers (Préparer la bouffe, enlever et mettre les sacoches des vélos, …) 🙂
    Je sens que votre prochain article sera le meilleur de tous 😀

    Reposez vous bien, et faites bien le plein de vos proches et de confort. Bisous vous 2 !

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    • Ah ah ah, j’étais sûre que tu culpabiliserais ! Mais il ne faut pas, car comme on te l’a dit, on voulait randonner près du Fitz Roy et à Torres del paine et note « timing » de retour ne nous laissait pas plus de temps. Ni pour s’éterniser sur la carretera, ni pour pédaler entre chaque étape. C’était un final parfait, on ne regrette rien ! Sauf de t’avoir laissé t’arracher un bras pour manger un ragoût de guanaco, le guide des pingouins nous a dit que c’était la pire viande d’Amérique du Sud 😉 … Comme je te l’ai dit, on a pas de « to do list », parce que c’est un carcan, de la « consommation de voyage ». On fait des choix au fil de l’eau, et on ne regrette pas. Pour la suite, c’est ton âme sœur qui écrit le prochain article, une manière comme une autre pour lui de tourner la page !

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