Des chiens, du sang, et des piqûres… pour arriver aux pieds du mont Ararat

Pour cet article je vous promet de la peur, du suspens et du sang. On a le sentiment que notre audimat est en baisse en ce moment donc on mise tout sur le sensationnel, paraît que c’est comme ça que ça marche.

Mais avant, une page de pub !

« L’agence de développement du tourisme turc et le service dégât des eaux sont heureux de vous offrir les plus beaux endroits du pays… sous la pluie ! ». Comment dire, en ce moment, on a l’impression qu’un gros nuage noir nous suit en permanence, c’est pas possible on a dû se faire marabouter par des jaloux ! On a ainsi quitté Erzurum tard et sous la pluie biensûr, au bout de 4 jours de squattage repos bien mérité !

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ça tombe bien on cherchait un carton

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On s’enfile des pâtisseries tout les jours…

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Voilà comment on arrive à transformer une chambre d’hôtel en moins de deux jours…

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Il pleut, c’est le moment idéal pour se lancer !

On a essayé de rouler entre les gouttes, se réfugiant ici et là dans des stations services et autres abris de fortune. L’itinéraire est facile et en descente quasi tout le long. Les montagnes autour de nous avaient un certain charme quand elles n’étaient pas sous la brume. Vers 16 heures, alors que nous venions de passer la ville de Pasinler, on se retrouve avec des nuages noirs devant et derrière nous. De beaux éclairs déchirent le ciel juste à côté de nous et la pluie se met à tomber violemment.

On décide de faire demi-tour pour rejoindre une grange en contrebas. Un homme nous fait des grands signes et nous dit de le rejoindre. Parfait même pas besoin de demander l’hospitalité, elle vient à nous toute seule, les turcs sont incroyables. Erkan, la trentaine, nous invite à nous réchauffer et à boire un thé dans une grande pièce avec plein de coussins et jonchée de tapis. Comme d’hab on essaye de communiquer avec lui et ses 2 cousins comme on peut, comme d’hab ils ont à un moment donné recours à « l’appel à un ami ».

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Pendant que tout le monde jeun, on nous offre le Kahvalti pour reprendre des forces

Alors l’ « appel à un ami », c’est un peu comme dans le « Qui veut gagner des millions » de JP Foucault. Lorsque la situation est coincée, les turcs passent un coup de fil à quelqu’un qui parle soit anglais ou bien français, pratique et plus rapide que de rechercher dans google trad !

Au bout d’un moment, ils nous proposent de rester ici pour manger tous ensemble vers 19h30, lorsque le soleil se couchera, Ramadan oblige ! Et dans la foulée, ils nous demande si nous voulons passer la nuit ici. Nous n’allons pas mentir, on attendait avec impatience cette invitation vu la pluie et les orages qui n’arrêtaient pas de tomber dehors. De plus, on est impatients de pouvoir partager un repas avec une famille musulmane pendant le ramadan. On accepte donc sans hésitations.

Medineh, une des cousine d’Erkan nous rejoint, elle se débrouille en anglais et nous servira d’interprète. Elle nous apprend qu’ils sont une vingtaine à vivre ici dans cette maison séparée en 3 ou 4 pour chaque famille, le repas de ce soir risque d’être animé avec tout ce monde. Chaque maison comporte une cuisine, une chambre parentale et une grande pièce avec tapis ou les autres membres de la famille mangent et dorment. Medineh a 10 frères et sœurs. Son père en a lui même 9. C’est dire la taille de la famille !

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Medineh et sa petite soeur

Elle propose à Alice de participer à la préparation du repas. Enfin, chacun est à la place qu’il doit occuper tout naturellement, Alice en cuisine et moi, avec les hommes à regarder le foot à la télé.Mes paupières picotent, je suis bien calé sur des coussins avec une couverture, je regarde autour de moi, tout le monde dort, parfait je peux me laisser aller. Les rayons du soleil traversants la vitre me réveillent une bonne heure plus tard, la pluie a disparue, l’heure du diner approche, je me sens comme un pacha.

La suite, c’est une histoire mêlant un kangal, un docteur et un aller-retour à l’hôpital !

(si c’est pas du plagiat ça Fred!!!)

Alice, sans doute jalouse de me savoir si détendu, décide de mettre sa main dans la gueule d’un kangal histoire de faire son intéressante. Résultat, une vrai boucherie, la main à moitié déchiquetée par la bête, je m’emploie à l’aide d’une agrafeuse et d’une colle forte à rassembler ce que je peux.

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Voilà le cousin du fautif… Qui lui a été mis hors de notre vue immédiatement après l’incident !

Non, en fait, elle n’a pas grand-chose fort heureusement. Le chien, d’après les dires d’Alice, a joué les ninjas, attaquant sans bruit et avec une précision chirurgicale : au moment où ils se croisent, il lui saute dessus, sans raison, comme pour jouer, mais sans jouer. Et paf un ptit croc sur le poignet et une veste déchirée ! Au départ, elle ne souhaitait pas aller à l’hôpital, la blessure n’était pas très profonde : le croc a percé la peau juste entre la veine et l’os du poignet, dans un endroit « creux ». Apparement, le chien était vacciné, enfin c’est ce qu’on comprend, mais la famille insiste vivement pour qu’on y aille. On hésite, mais il faut dire que la bétadine a explosé dans notre sac il y a quelques semaines, on a rien pour bien désinfecter la plaie. Et puis c’est bizarre tout de même, ils insistent encore et encore pour qu’on aille à l’hôpital, on se demande si ce chien est vraiment clean. Sachant que 100 % des morsures d’animaux porteurs de rage sont mortelles pour l’Homme, et qu’un chien vivant dans une ferme doit avoir une bonne batterie de bactéries, on finit par se laisser convaincre.

Là-bas, c’est un vrai sketch. Quand on arrive, toute l’équipe de l’hôpital est rassemblée autour du bureau d’accueil des urgences en train de papoter. C’est le calme plat, ambiance grey’s anatomy autour de la machine à café. Pas un malade en salle d’attente ni dans les couloirs. Notre accompagnateur explique le soucis, et tout le monde se regarde pour savoir qui va se dévouer. Le jeûn du ramadan doit être rompu dans 10 minutes et personne n’a mangé depuis 3h ce matin. Un des personnels se lève, et Alice est prise tout de suite en charge sans qu’on lui pose aucune question, il lui désinfecte la plaie et pose un pansement. Easy. Le docteur, qui ne lui a toujours pas adressé un mot, veut voir son passeport puis il disparait aussitôt avec, laissant une nouvelle infirmière seule avec des seringues. Sans poser la moindre question, ni annoncer le pourquoi du comment, elle plante l’aiguille dans le bras d ‘Alice. On a à peine le temps de voir quel produit elle injecte, je pique le flacon pour avoir au moins la référence. Puis elle fait sortir tout le monde pour continuer son œuvre : une ptite picouse dans l’autre bras et une dans les fesses. A la sortie, on se retrouve au bureau des infirmiers à signer tout un tas de feuilles en turc que personne peut nous traduire. Et on ne sait toujours pas ce qui a été injecté…

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Bon c’est bien beau mais où est le médecin et surtout le passeport d’Alice ?

Pour le médecin, la réponse nous parvient vite : il est parti manger et revient dans 30 minutes. Le passeport ? mystère ! On s’énerve, les infirmiers nous répondent « no problem». Comme d’hab. D’un coup, un type sorti de nul part apparait avec le passeport. Il voulait faire des photocopies mais ça fonctionnait pas, il repart aussitôt dans la direction opposée passeport en main, du grand n’importe quoi…

A force de poser des questions et grâce au « coup de fil à un ami », on comprend enfin qu’Alice a reçu des injections contre la rage et le tétanos et ils lui disent qu’elle devra faire 4 autres injections. On arrive à expliquer grâce au traducteur par téléphone qu’elle a déjà eu la vaccination en France. Du coup, ils ne préconisent plus que deux rappels. L’un dans 3 jours et l’autre dans 7 jours. Pratique tout ça ! En réalité, après vérification, seule l’injection 3 jours après est nécessaire.

Le passeport arrive enfin, le docteur fait même sa réapparition, tout semble rentrer dans l’ordre, alléluia ! On constate qu’au lieu de photocopier la première page du passeport, ils ont photocopié le visa Iranien…

C’est enfin fini ? Et non, merde, il nous faut les photocopies de l’historique de l’intervention et un papier à remplir par le médecin fugueur pour notre assurance afin qu’on puisse nous rembourser les frais médicaux.

Et re du temps en plus ici ! On commence à être vraiment gêné, Medineh et son cousin qui nous ont accompagné, n’ont toujours pas mangé. Depuis 3h du matin les pauvres… On appelle pour la centième fois le cousin d’Istanbul au téléphone pour qu’il demande au médecin récalcitrant de compléter correctement le formulaire mais trop tard, celui-ci a déjà répondu à côté de la plaque aux questions, et signé. On obtient après négociation les copies du « dossier médical » et on découvre l’identité de la patiente : Alice Monie, Iranienne, pesant 60 kg sans jamais être monté sur une balance en Turquie, née le 1er janvier 1985. On est maintenant sûrs que l’assurance ne nous remboursera jamais… Mais quand on demande combien on doit payer et où, tous nous disent en coeur que c’est gratuit. Cadeau de la Turquie dira même le médecin !

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Du coup je me ferai bien une opération esthétique style implantation de pectoraux ou réimplantation du cuir chevelu tant qu’à faire, si c’est gratuit ! Alice refuse, c’est l’heure de manger…

On finit par partir de l’hôpital, Medineh et son cousin vont enfin pouvoir manger, nous aussi, mais on est triste d’avoir loupé le repas familial, on se retrouve à manger tout les deux dans le salon.

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Le lendemain, grand beau, ça fait du bien pour le moral. Les paysages deviennent plus montagneux, on grimpe en pente douce, comme d’hab on essuie quand même la pluie une à deux fois.

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On s’arrête à une station service en cours de construction et on se fait agresser par 1 vrai kangal et 3 croisés, dont un particulièrement virulent. Avec l’histoire de la veille, on n’arrive plus à cerner l’humeur du toutou, veut-il jouer ? Nous mordre ?

J’essaye par tous les moyens de mettre Alice entre moi et le chien, faut pas déconner, elle a maintenant plus d’expérience que moi dans ce genre de situation. Mais la petite filoutte réussi à s’extirper de ce bourbier, me laissant seul avec la bête. On joue une petite valse à trois temps, je recule d’un pas il en fait deux en avant. Bon là, ça devient critique, je décide de jouer le tout pour le tout, apercevant une voiture arriver, je me dirige vers la route et traverse juste avant… ouf le chien lâche l’affaire. Quelques jets de pierre pour le tenir à distance et c’est bon, on peut reprendre la route.

Ce soir, on a pas envie de déplier la tente et de se faire rincer par la pluie. On demande de l’eau dans un village, un mec parle anglais et nous demande où on va dormir. Bingo, à nous l’invitation, la chaleur d’une maison… Heu en fait non, il nous indique un hôtel à 65 km d’ici !

Il finit par nous dire que l’on pouvait camper à côté d’une station service non-loin d’ici.

Je suis abattu… j’avais en tête de pouvoir regarder le 1er match de l’équipe de France à l’Euro, mes espoirs s’envolent. Et là, le miracle s’accomplit ! La station service, aussi petite quelle soit, possède une parabole géante. Faut dire que Hussein, 24 ans, qui travaille ici 24h/24 en a bien besoin pour ne pas mourir de solitude. Imaginez-vous, travailler seul dans une pompe à essence perdue en pleine montagne, avec des clients qui peuvent débarquer en plein milieu de la nuit. Car ici, pas de self service, c’est le pompiste qui sert et qui s’assure du paiementOn insiste un peu pour qu’il accepte que l’on dorme dans un petit réfectoire plutôt que sous la tente et il nous offre le repas du soir ! J’ai le droit de regarder la 1er mi-temps de foot avec lui (la moins interessante du match) et zou au dodo.

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On les appelle les « Point Chien »

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Le lendemain, avant d’arriver à Agri, Alice se tortille de douleur en se grattant vigoureusement les fesses. Des hémorroïdes ? Non, non juste une guêpe qui s’est coincé entre elle et le siège de son vélo ! Et une petite injection de plus pour la route…

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Ici les gens font des monticules de bouses à sécher pour se chauffer l’hiver

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DEVANT NOUS…

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DERRIERE NOUS !!!

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Nous rejoignons Agri en début d’après-midi et nous nous installons dans un hôtel. La ville n’a aucun intérêt particulier, elle est même sale. Mais le plus important, c’est quelle possède un hôpital pour la 2ème et dernière injection d’Alice. Injection faite le lendemain matin, toujours gratuite, nous reprenons la route en direction de Dogubayasit.

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Des inconnus qui ont demandé à ce qu’on les prenne en photo. Voilà !

Le paysage est sublime, des champs verdoyants à perte de vue en plaine et des paysage plus rocailleux sur les flancs de montagnes.

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Au détour d’un virage, le Mont Ararat pointe le bout de son nez, symbole de notre approche de la frontière iranienne. Il est majestueux, tellement plus massif que tout ce qui l’entoure. Pour l’instant, son sommet enneigé se confond parfaitement avec les nuages. 

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C’est avec cette perspective en point de mire qu’on grimpe doucement vers notre dernier col avant la frontière iranienne. Aux abords d’une gendarmerie barricadée comme en temps de guerre (en même temps, on est dans la partie Kurde de la Turquie, c’est un peu la guerre ici…), sorti de nul part, un chien bondi à notre passage, frôlant le bras d’Alice. Heureusement, la bête furieuse est attachée avec une chaine à la rambarde de la route, et comme il s’est emmêlé les pattes, il ne peut pas nous atteindre, juste baver sur les sacoches. Gros coup de panique pour nous, un vrai piège le long de la bande d’arrêt d’urgence qu’on suit tranquillement depuis plus de 200 km… Le militaire en faction dans la gendarmerie en face, qui a eu tout le temps de nous observer monter tout doucement, n’a pas trouvé intéressant de nous prévenir. On repart donc en hurlant des insultes et notre agacement, à l’égard du chien et du militaire, en français bien sur, on est pas suicidaires non plus !

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Après le col, on pose le bivouac en haut d’une colline avec vue sur le Mont Ararat et on se dépêche de faire le repas avant la tombée de la nuit.

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J’avais acheté, quelques jours auparavant se que je pensais être des haricots plats. Mais au moment de les cuisiner, gros doute… Et si c’était des petit-pois ou des fèves ?

Allez tant pis, on va dire que c’est des haricots et on va les cuisiner tel quels. Erreur fatale, Alice et moi sommes tombés malade et avons passés une nuit plus que compliquée ! Enfin surtout moi, Alice doit avoir un estomac bionique c’est pas possible.

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Arrivé à Dogubayasit épuisés, fiévreux pour ma part, on file dans un hôtel et on s’octroie 1 jour de repos pour récupérer nos forces ! Et visiter le Palais d’Isak Pacha. 

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Minute Wikipedia :

Ce palais date de la période ottomane et sa construction par Colak Abdi Pasha, le bey de la province de Bayazit, débuta en 1685, pour se terminer un siècle plus tard, vers 1784, avec son petit-fils Ishak Pasha, lui-même gouverneur de la province. Sis sur le haut d’une colline rehaussée, il se présente comme une large enceinte argileuse jaune et ocre, se renfermant sur divers bâtiments qui s’alignent autour d’une vaste cour en forme de fer à cheval : une mosquée (son dôme et son minaret dominant l’ensemble architectural), harem, cuisines, bains (hammam), salles de jeux (selamlik), salle de cérémonie, etc. Les différents ornements sculptés s’apparentent à l’art persan et à l’art seldjoukide.

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J’aurai pas dit mieux ! 

Demain, on sera en Iran. C’est difficile à imaginer, on est tout les deux impatients de découvrir ce nouveau pays, d’entrer de pleins pieds en Orient.


En cadeau : Vous prendrez bien un peu de savon ?

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Non, on peut pas finir là-dessus…

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8 réponses à “Des chiens, du sang, et des piqûres… pour arriver aux pieds du mont Ararat

  1. Et bien ! Que d’émotions… Un superbe article, riche en rebondissements, et qui tient en haleine jusqu’au bout ! Bon, inutile de vous blesser ces prochains jours, de vous faire emprisonner, kidnappé, racketté, uniquement pour l’audimat ! Promis, on vous suivra sans tout cela, et on attend la suite avec impatience !
    tsAga

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  2. Bien, le titre pour l’audimat ! Nous on a essayé avec une histoire de chutes et de cimetière, on ne sait plus quoi inventer… On n’ira pas jusqu’à pimenter avec des histoires de sexe ou de politique (ou les deux, voir DSK), il y a des limites. Surtout pour vous en Iran, les deux sujets sont plutôt sensibles, pas comme en Australie où tout est possible.
    En tout cas on vous suit, chaque nouveau message est lu avidement, n’ayez aucun doute.

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  3. Oh la vache! Tout bouleversé! Du coup je me redemande comment c’est possible de se mettre dans des états pareils quand on est ….
    Avec la dimension gentillesse et sincérité de votre blog, ce genre de sujet trash est quasiment insoutenable. J’en suis encore tout chose! Prenez bien garde à tout mais pour le reste changez rien c’est super à lire.

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  4. Vous excellez dans les titres accrocheurs 🙂
    Avec autant de suspenses et de rebondissements, je ne m’étonnerais pas d’une série de votre périple sur Netflix 🙂
    Etre aussi souvent invité à manger va vous faire bien économiser, idéal pour nous ramener des cadeaux souvenirs 😀

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  5. Et bien, que d’aventures! Je n’ai pas pris le temps de lire vos péripéties depuis longtemps, mais je ne regrette pas d’avoir pris le temps de la faire ce soir! Merci de nous faire partager ces moments! Mention spéciale pour le savon liquide plus que douteux!!!

    Aimé par 1 personne

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