10000 km après, quelque part entre Dushanbe et Kalai Kum au Tadjikistan

Bienvenue au Tadjikistan !

On entre au Tadjikistan un vendredi, jour des mariages. Du coup, on est doublé toute la journée par des convois de voitures aux décorations vert-blanc-rouge, fausses fleurs et klaxons à gogo. Tous les kilomètres, une photo « en situation » du président paternaliste en exercice depuis l’indépendance du pays trône sur des panneaux publicitaires grand format : le voilà au beau milieu d’un champ de coquelicot, devant un pré de vaches, au coeur des montagnes, devant un bâtiment officiel… Les photographes officiels et responsables de communication ne manquent pas d’imagination. A peine arrivés dans le pays, des paysans nous offrent une pastèque chacun ! On se sent déjà super bien accueillis.

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Pour nos premiers kilomètres tadjikes, nous ne sommes plus 4 mais 5, et bientôt 6. Nous avons retrouvé à la frontière Kevin, jeune cyclovoyageur français rencontré pour la première fois à Samarcande. Après un premier long voyage en stop au Canada et en Alaska, il a décidé à 24 ans de reprendre une pause pour visiter le monde, à vélo cette fois. Et à midi, Mathias, cyclovoyageur Allemand en route pour Dushanbe vient gonfler nos rangs. Il est encore plus chargé que Benoit, car il transporte des affaires de rando et d’alpinisme en plus de son matériel de vélo. Son itinéraire est original, puisque venant d’Europe il est passé par l’Egypte, le Soudan, l’Ethiopie, Oman, avant de traverser l’Iran, puis une partie de l’Afghanistan.

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Notre troupe arrive à Dushanbe, capitale du tadjikistan, en fin de journée.

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L’hôtel pas cher et convivial que l’on visait est plein à craquer et on décide donc d’en chercher un autre. A un coin de rue de là, Ophélie, Ben et Fred nous trouvent un grand nid douillet au dernier étage d’une guesthouse : on profite tous les 6 d’un appartement entier, avec cuisine, salon, billard, boule à facette, sauna et piscine. Certes, il y a des dépouilles d’animaux morts partout sur les murs, la piscine est out of order, tout comme le sauna, la cuisine ne fonctionne pas et les matelas posés au sol sont durs comme du bois. Mais on y est bien, et le séjour à Dushanbe prend des allures sympathiques de colocation.

L’arrivée à Dushanbe, c’est aussi la reconnexion avec internet et les nouvelles de France. Et celles qui nous parviennent ce soir nous plongent dans une profonde tristesse. Luc, l’oncle et parrain de Benoit, s’en ait allé il y a quelques jours. La nouvelle nous fait l’effet d’un coup de massue, paraît irréelle. Benoit est complètement sonné. Alors qu’on fêtait notre arrivée dans ce pays symbolique pour notre voyage, on a soudainement envie d’être ailleurs, en famille, du côté de l’Alsace. A l’occasion d’une discussion Skype avec la famille de Benoit, on apprend aussi que ses grand-mères ne vont pas bien. Après avoir raccroché, on se retrouve donc dans une grande confusion quant à la suite du voyage, entre envie de continuer, parce que c’est notre rêve, et pour ceux qui nous ont quitté et qui auraient voulu que ça ne s’arrête pas, on le sait, et l’envie d’être avec la famille pour cet adieu, et la peur de perdre encore d’autres êtres chers durant cette absence que l’on a en plus choisit de prolonger. Les jours de pause à Dushanbe nous permettront d’y réfléchir, et on décidera de maintenir le cap en gardant l’objectif d’un retour provisoire dans nos familles pour Noël.

A Dushanbe, pas de repos pour les braves. Au programme : lessives, réparation, préparation de l’itinéraire, courses au « supermarché » (assimilable à un carrefour city), la tournée des quelques magasins pour trouver une nouvelle poche à eau (echec : impossible de trouver  un magasin outdoor et du matériel de montagne à Dushanbe, incroyable vu la proximité des montagnes et des offres de trek…), la réparation de nos vitesses de vélo avec Kevin… Au soir du deuxième jour de « repos », nos sacoches n’ont jamais été aussi pleines, et on est prêts à se lancer sur la fameuse M41, la route du Pamir.

Ce soir là, c’est le 15 Aout. Nos colocataires d’un week-end ont la délicate attention d’organiser un anniversaire surprise à Benoit qui fêtera ses 33 ans officiellement le lendemain. Bière et vodka, énorme gâteau à la noix de coco, et petits cadeaux : un rouleau de papier WC, indispensable ici (on vous laisse deviner pourquoi), un maillot de foot de Dushanbe et de nouvelles tongues, un pins old school trop classe datant de l’ex-URSS déniché à Boukhara par des panardos bien mieux inspiré que nous en matière de cadeaux. L’espace d’une soirée, on oublie tout sous les spots rouges et verts et la boule à facette et on en profite, les têtes de Marco Polo et peaux d’ours accrochées aux murs de notre appart en feront les frais !

Le lendemain, on est quand même assez frais pour reprendre la route à 6, malgré un ciel menaçant.

En route vers l’infini et au delà !

On bivouaque tous ensemble dans un terrain plat, en contrebas de la route, mais non loin d’une décharge, qui nous offre de beaux points de vue sur les premiers reliefs qui nous entourent. Pour cette soirée d’anniversaire, on sort l’un des deux saucissons qu’il nous reste et on le partage tous ensemble, bonnets bien vissés sur la tête et doudounes de sortie. Il est loin le temps où on déambulait en short et tee-shirt à la tombée de la nuit.

Une fois le soleil couché, je prends un cours de photo de nuit avec Kevin et Mathias, qui ont de superbes appareils qu’ils maitrisent à la perfection. On se marre bien à tenter de dessiner dans le ciel, à la lumière de la frontale, un vélo qui ressemble finalement à une moto, ou les lettres « PAMIR ». Au matin, on quitte Mathias et Kevin, qui non seulement sont globalement plus rapides que nous, mais qui ont un programme très ambitieux pour arpenter le Pamir en long, en large et en travers. On espère bien les retrouver sur la route, ces quelques jours passés ensemble auront été très sympas.

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Une petite réparation de crevaison matinale…

La M41 se rétrécit progressivement, et sa fréquentation diminue au fur et à mesure que l’on s’éloigne de Dushanbe.

Les villages se font de plus en plus ruraux, les ânes ultra-chargés remplacent progressivement les voitures. Le paysage aussi change. On prend de la hauteur et on longe maintenant une large rivière qui forme une sorte de canyon entre les montagnes.

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La route alterne entre goudron et pistes difficiles, nous donnant un avant goût de ce qui nous attend dans les prochains jours. Mais la nature de plus en plus prégnante, de plus en plus puissante nous saisit littéralement et nous donne l’énergie d’avancer, même lorsque la piste est caillouteuse, raide et difficile.

On essaye de s’arrêter tôt et on bivouaque dans des lieux de rêve : dans un champ en haut d’une falaise dominant la rivière, dans une clairière au cœur d’un canyon, sur une plaine au bord d’un bras de rivière…

C’était sans doute trop facile…

Un matin, je suis réveillée avant le réveil, par une sensation de nausée. Je me dis que ça va passer, après tout, mon ventre ne m’a jamais fait défaut. Fred quant à lui se réveille moins en douceur, en allant vomir à quelques pas de sa tente, après une nuit à lutter contre ses nausées. On est donc pas trop frais pour prendre le départ. Et pour couronner le tout, mon vélo est crevé ce matin, et Benoit a un problème de réglage de freins. Bref, on prend le départ une heure après l’heure prévue.

Et à midi, on renonce à un petit restaurant en bord de route pour aller voir plus loin. Grave erreur, plus loin il n’y a rien, et Fred est au bout de sa vie et ne peut plus avancer. On squatte donc le seul m² d’ombre disponible, sous un arbre, sur la terre et les cailloux, vraiment au bord de la route. Benoit, qui tient une forme olympique, remonte au village pour aller chercher des vivres supplémentaires : œufs, biscuits, tomates. On peut survivre pour les prochains jours même si on doit avouer qu’on avait déjà ce qu’il faut. On est toujours un peu flippé quand il s’agit de nourriture… En effet, les villages et les possibilités de ravitaillement vont s’espacer de plus en plus. En fin d’après-midi, quand on redémarre, Fred a repris des couleurs tandis que je sombre. Je commence à avoir de la fièvre et me sens vraiment mal.

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Le lendemain matin, je ne suis toujours pas dans mon assiette. On atteint en fin de matinée le croisement qui nous conduit sur la portion non goudronnée de la M41. La route est sinueuse, tortueuse, on enchaine les petites montées et petites redescentes le long de parois abruptes d’où l’on devine les zones d’éboulement de pierres. Nous continuons de suivre la puissante rivière qui a taillé la roche en canyon. Nous sommes à la fin de l’été, on devine à peine la force qu’elle doit avoir à la fin de l’hiver. La piste est globalement très mauvaise sur cette portion, avec parfois des gros cailloux, des trous, des éboulis. Mais j’ai beaucoup progressé en agilité depuis le canyon del Pato péruvien et la route des volcans chilienne, et je ne dénombre aucunes chutes, au grand damn de mon cher et tendre qui en compte lui quelques unes. La roue tourne 🙂

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Alors que je suis en pleine pause « vomito» au bord de la route, Fred et Ophélie trouvent un petit étang où on peut se baigner, tout comme les jeunes des villages alentours sont en train de le faire. L’eau est froide, mais ça fait du bien. Quand on commence à se rhabiller avec Ophélie, on se rend compte que les jeunes font semblant de cueillir des trucs et de chercher quelque chose dans le pré autour de l’étang, histoire d’être bien positionné pour assister, le cas échéant, à une chute de serviette où à un sein dévoilé par inadvertance lors de notre rhabillage. Malheureusement pour eux, deux filles habituées à s’habiller dans un espace d’1m de hauteur pour 1m20 de largeur ne manquent pas de dextérité pour ces choses là !

En fin de journée, alors qu’on était un peu au bout du rouleau, on atteint un petit village où les habitants nous invitent à partager le thé, et comme souvent, les pastèques, le raisin, le mouton confit et du bon pain frais. La pause goûter idéale ! Toujours pas au top, je ne résiste quand même pas au raisin et à la pastèque. Grave erreur… On les remercie bien et on reprend la route pour quelques kilomètres, histoire de se poser dans une zone un peu plane, au coeur du canyon.

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Cette nuit marquera la fin de la parfaite harmonie qui nous liait, mon estomac et moi. Jamais une tourista, depuis le début de ce voyage et même lors des précédents, en Afrique et ailleurs. Parfois quelques faiblesses, mais jamais rien d’invalidant. J’avais sans doute pris un peu trop de confiance, j’étais trop sûre de moi, prête à donner mon estomac à la science pour analyser les formidables enzymes qui m’avaient permis de tenir la où Benoit avait flanché… Et là, au milieu de rien, à la veille de partir à l’assaut d’un col réputé pour sa difficulté, je me retrouve avec des crampes d’estomac toute la nuit à devoir me lever toutes les deux heures pour évacuer. C’est affreux, je me promets intérieurement de ne plus jamais me moquer de Benoit (promesse impossible à tenir, évidemment).

Le lendemain, on reprend la route infernale mais tellement belle. Je suis complètement rincée, je ne mange pas et j’ai des crampes d’estomac. Malgré les cachets et l’affreux mélange d’eau avec du sel que je me force à boire toute la journée, je suis obligée d’aller aux « toilettes » (veuillez comprendre derrière un arbre, un rocher, un buisson, enfin tout ce qui peut légèrement me cacher de la route dans un canyon étroit…) à fréquence de plus en plus régulière. Mais j’avance bien quand même vu les circonstances. Nous terminons la journée à 8 km du début de l’ascension du col.

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Notre spot de bivouac est magnifique, au milieu des bosquets et des ânes qui viennent y paitre. Un petit ruisseau dévalant de la montagne nous permet de nous laver entièrement, mais fraichement, et de faire une petite lessive. Au menu : riz sans rien + eau du riz. Et toujours l’eau salée. C’est le régime de choc que j’imposais à Ben lors de ses moments de faiblesse. Il paraît que c’est un mélange efficace mais c’est vraiment dégueulasse. Du coup, il se réjouit de me l’imposer à son tour…

Un col et un magret de canard périmé plus tard…

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Et ça marche relativement bien, en tout cas jusqu’à midi. Quand on démarre l’ascension du col, on décide avec Benoit de faire une mini-pause tous les 100m grimpés. Comme il y a 1500 m de dénivelé, en 15 pauses, on sera au sommet.

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Et les premiers paliers de 100 mètres sont finalement avalés assez vite et on espace les pauses. La piste est moins mauvaise que ce qu’on imaginait, les pentes moins raides. A midi, nous sommes à 2200 mètres d’altitude, plus que 1000 mètres !

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On n’a pas prévu d’arriver au col à la fin de la journée, il aurait fallut débuter directement à ses pieds, et Ophélie non plus ne se sent pas bien. Fred lui prend deux sacoches et rejoint le club des vélos-mammouths dont Benoit est le roi, moi la reine et Mathias la légende. L’après-midi prend des allures de supplice. Les crampes d’estomac reprennent, les pauses toilettes aussi, et on grimpe invariablement.

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En fin d’après-midi, alors qu’on arrive dans une zone plane à 2500m, habitée par un militaire armé d’une mitraillette posée au sol à côté de lui, se pose la question d’arrêter là où pas l’étape du jour. Les 3 autres sont motivés pour continuer 5 km et 300 m de dénivelé de plus, dans un endroit où l’on peut camper que nous indique le militaire. Moi je ne sais pas ce que je veux, j’ai peur de ne pas en être capable, mais en même temps j’ai pas envie de m’arrêter, alors je fais une petite crise, dont j’ai le secret, dans le genre « je suis pas contente, mais je sais pas pourquoi, je le fais savoir, mais j’avance quand même » et je mets toute mon énergie dans l’ascension et grimpe bien. Et finalement, une heure plus tard, le spot de bivouac est idéal avec une vue plongeante et dégagée sur la vallée, les montagnes pelées alentours et les plus lointaines enneigées. Il y a même un wagon abandonné. On aurait pu se la jouer « into the wild », mais c’était un peu trop cliché… puis surtout, on était tous trop rincés et affamés pour se lancer dans des séances de photos.

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On décide avec Benoit que c’est l’endroit idéal pour déguster le magret de canard qu’on trimballe depuis Samarkande. Et là, grosse désillusion : il est écrit « à conserver à une température de 4°C ». Or, si vous vous rappelez bien, en Ouzbekistan, après Samarkande, on a plutôt roulé autour de 40°C, et même aujourd’hui, dans la montagne, on était bien au dessus des 4°C. Il semble assez logique de ne pas s’aventurer dans la consommation d’une viande à conserver au frais qui ne l’a pas été durant les 3 dernières semaines un jour de dérangement intestinal. Il semble aussi assez logique de consommer le plus tôt possible une viande qui aurait dû être conservée au frais et de ne pas la laisser en pleine chaleur plus longtemps. Après 5 secondes d’hésitation, on choisit cette deuxième option. Le magret a un peu cuit dans son emballage, et du coup, n’est plus aussi bon cru. Les panardos ne veulent pas s’y risquer et ne le trouvent pas très gouteux. Mais avec Benoit, on ne se laisse pas décourager, on le fait revenir à la poêle, et on le mélange au plat de riz du soir. C’est finalement délicieux. Comble du luxe, ici et à cette altitude, Fred et Ophélie font griller du pain à la poêle qu’ils tartinent de mousse de foie et nous en partage un bout. On ouvre aussi pour l’occasion la boite de pâté Hénaff qu’ils ont offert à Ben pour son anniversaire. Un repas de roi, dans un paysage de luxe. Il en faut peu pour être heureux. Et magie du périmé, mon estomac retrouve sa vaillance dès le lendemain !

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Les 400 derniers mètres pour atteindre le sommet sont une formalité. Finalement, on avait entendu tellement de témoignages alarmants sur ce col qu’on s’attendait à bien pire. En prenant son temps, il n’y avait rien de compliqué, les 80 km de up and down avant le col étaient bien plus durs physiquement et moralement. N’empêche qu’on est fiers et émus.

Arrivés en haut, en surplombant tous ces autres sommets alentours et ces vallées qui se découvrent, sous le ciel qui alterne nuage et éclaircies, on ne peut que penser à Luc, l’amoureux des hauteurs, des sommets, de l’air, du vent et des grands espaces. On n’a pas pu assister aux adieux qui ont réuni famille et amis sur les sommets vosgiens, alors c’est ici que nous lui faisons nos adieux.

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Une descente dure pour les vélos mais délicieuse pour nos mirettes

A défaut d’être agréable à rouler, à cause d’une piste défoncée, la descente est un régal pour les yeux. Passages étroits entre des parois rocheuses, chemins à flanc de falaise, rivière turquoise courant entre des montagnes orangées.

Avec Benoit, on se régale, même si il est frustrant de devoir être sur les freins tout au long des 30km. On croise de temps à autres des habitations isolées, faites de bric et de broc. On se demande de quoi et comment vivent les gens qui y habitent. Sans doute de l’autoproduction, car ils ont de petit potagers et quelques bêtes. Au détour d’un virage, on assiste un peu ébahis au dépeçage d’une vache au milieu de la route. Pas de photo, je ne m’appelle pas Frédéric G., j’ai du savoir-vivre.

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Est-ce que c’est sa propre odeur qui l’indispose au point de se jeter dans tout courant d’eau sur son passage ? Même quand il s’agit d’eau glaciaire ? Mystère…

10.000 km après…

C’est sur la descente, au milieu d’une piste bien caillouteuse, qu’on passe le cap symbolique des 10.000 km parcourus sur nos vélos ! Il y a 11 mois, on s’élançait au nord du Pérou, 5000 km plus tard on était au bord du Lac Général Carrera, au Sud du Chili sur la carretera australe, et nous voici maintenant aux portes du Pamir ! 10.000 km de découverte, de belles rencontres, d’hospitalité, de paysages démesurés, de routes plus ou moins faciles, voir très difficiles pour certaines, de bonheur partagé, de disputes vite dissipées, de nuits dans des hôtels 5 millions d’étoiles… On est aux anges, pourvu que ça continue comme ça !

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Arrivée à Kalai Kum, Mahoud el brodi et Mehmet Buchannek sont de sortie.

Finalement, on arrive au petit village de Kalai Kum, premier vrai point de ravitaillement depuis plusieurs jours, tôt dans la journée.Sur la route, les enfants nous interpellent, courent en hurlant « Heeeeellllllooooooooooo » et se mettent en plein milieu de la route pour checker avec nous ! C’est comme ça depuis Dushanbe, des vélos, ils doivent en voir passer tous les jours, mais 4 vélos couchés à la suite, on suppose que ça décuple encore leur état d’euphorie. On les appelle parfois les « bourdons » : on les entends au loin, mais on ne les repère pas, comme les bourdons dans les buissons l’été.

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La mode du mono-sourcil, très présente dans la région reste pour nous un mystère esthétique… Peut-être que ça a une signification symbolique ?

On se pose dans un petit hostel où on négocie le prix pour une nuit, le repas du soir et le petit déj. Alors qu’on montait nos sacoches dans nos chambres, Mehmet Buchannek s’interroge à voix haute « qu’est ce qu’il fait le monsieur là, il est bizarre, vous croyez qu’il dort ? ». Le monsieur est en effet allongé bizarrement au sol, alors qu’il bricolait assis il y a 3 minutes… Et il a une mare de sang autour de la tête. Ok, peut-être qu’il ne dort pas… Malgré ma formation en premiers secours, la seule chose que je suis capable de faire c’est de crier « Help , help». Mahmoud El Brodi lui, essaye de voir si l’homme est conscient, et de le relever. La famille du Mr arrive, il convulse et Mahmoud El Brodi essaye de lui maintenir la tête pour l’empêcher d’avaler sa langue, récoltant plein de sang sur les doigts… mais le monsieur, qui a visiblement un petit problème cérébral, semble aller bien mieux et être revenu à lui après une bonne baffe de la femme de la famille. Plus de peur que de mal, sa famille le relève, nettoie le sang au sol, l’assoit sur une chaise et lui rase immédiatement la tête en plein milieu de l’hôtel pour lui faire un pansement… pourtant non adhésif ?!?!?

De nôtre coté, on va acheter des bières pour se remettre de nos émotions, pour fêter l’arrivée, et surtout, parce que c’est bon pour la récupération, ne l’oubliez pas ! Et ce soir, c’est le non-anniversaire d’Ophélie, à qui, toujours aussi mal inspirés, on offrira un gâteau moelleux en forme d’ourson et un petit doudou en robe de mariée kitsch à la tadjike, pour tenir compagnie au célèbre Fluffy qui occupe une place dans ses sacoches. Ici, on voit plus de magasins de robes de mariées que de vendeurs de pain, mais aux dernières nouvelles, ça n’a pas été plus inspirant que Venise pour que Fred lance sa demande…

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Toujours pas de repos pour les braves, demain on reprend la route en direction de Khorog, en suivant sur plus de 200km la rivière Panj qui marque la frontière entre le Tadjkistan et l’Afghanistan.

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La vie de vache est tranquille…

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… avant de finir en soupe de bord de route pour voyageurs affamés

PS : désolé pour la qualité des photos, je ne prends pas le temps de recadrer/retoucher et pour réussir à publier je les publie en résolution minimale… Dès que les connexions seront meilleures, nous mettront à jour l’album Google Photos du voyage (mais pas en Chine où tout google est censuré !).

6 réponses à “10000 km après, quelque part entre Dushanbe et Kalai Kum au Tadjikistan

  1. Salut les pénardos (allez je vous l’offre ce super surnom que Fred n’a pas su trouver ah ah ah!!! et plus chic, plus « alice » en somme, que « piedspuands » voyons !)
    Bon sinon : bouh la la!!!!! ou Fafou pour les auvergnats qui followent ce super blog axé choses humaines ( tentative de viol sous tunnel, confidence ragnagna en azub sous 35 à l’ombre et 15 de pente, ados voyeurs pendant l’exhibition suggérée des ces dames… mais pas que ! avec carrément des incursions dans le top technique « équipement des azubéenes nubiles » : la « moon cup »). Donc Fafou!
    Sur cet épisode j’en ai l’estomac (et peut être bien aussi un peu l’intestin grèle sur 2m -2,5m à peu près) tout frémissant!! de mémoire de « vraifauxlover » estampillé grand blog azubéen Normand-picard, jamais lu ca!
    Et alors toujours la mème question qui m’assaille : comment une jeune femme, d’une telle allure , capable de ramener le grand Fred, ce chef de bande bogossitudé, ce scato magnifique qui a su redonner ses lettres de noblesse au vomi que dis je, à la Vomissure, la grande, la vraie vomissure celle de la gastro mémorable du Pérou, la fameuse pré-colombienne pure alpaga, (qui nous a quand même alité BigFred pendant 2 jours, 46 heures à dénivelée zéro), à un role de tout petit follower à 3 lignes, demandant timidement une petite vidéo scato….COMMENT?
    Comment cette nana talon aiguilles et arbre généalogique, aux pieds pénards, peut elle se mettre dans des états pareils?
    nouveau : le PS trans-blog : Frisounette si tu m’entends depuis l’Ofredlie-blog, toi le bon sens à l’état pur qu’aucun azub n’avait jamais véhiculé de mémoire d’homme , viens jeter un oeil sur cette affaire.

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  2. Trop drôle eltartinator !!!!! juste juteux….
    Bravo à vous les grimpeurs, on vous admire de loin sur nos 4 roues.
    Alice as-tu avec toi Canelle et citron en HE ? mélange des deux pour intestins en décomposition, c’est aussi radical, ne pue pas et reste délicieux au goût. mais évidemment sur vos cols paumés ça va être dur, dur de trouver la cop bio qui va vs en fournir !!!! on vous admire continuez vous faites deux belles paires de couples. On a remarqué d’ailleurs que le grand échalas de Fred tente de ressembler à son copain Benoit en se laissant pousser la barbe, signe éminemment viril, est il victime du mimétisme ? en tout cas on se régale de vous lire et on en redemande. On vous bise de tout coeur

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  3. C’est pour ce genre d’article qu’on se dit que la prochaine révolution technologique devrait être de pouvoir incorporer des odeurs au texte 😀
    La boîte de pâté Henaff, meilleur cadeau du monde !

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