Kirghizistan, un (trop) petit tour et puis s’en vont

A gauche, toujours

On vous avait laissé à Sary Tash, en plein questionnement : prendre à gauche et aller vers Osh ou à droite pour aller à la frontière chinoise le plus tôt possible ? A midi, devant une assiette de Manti et un plat de Plemen, on se décide : on ira à Osh en vélo et on fera du stop pour revenir à Sary Tash.

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On part donc à l’assaut des deux cols de la journée, qui s’enchainent rapidement.

Après les cols, nous plongeons dans une vallée magnifique, bordée de falaises colorées, de montagnes aux dents pointues, d’herbe verte, de troupeaux de chevaux et d’arbres en tous genres ! C’est le retour des arbres, et du coup, on se retrouve le sentiment ressenti à notre arrivée en Argentine il y a quelques mois, quand on retrouvait les arbres après un long séjour sur l’altiplano, et que les montagnes colorées et les arbres nous avaient fait l’effet d’abondance et de vallée fertile !

On force un peu le destin en s’arrêtant pour camper près d’une maison, accompagnés par des enfants bien curieux.

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Les transats au chaud, les pédaleurs sous la tente

La maison est en fait une guest-house mais comme on a déjà pas mal dépensé ces derniers temps on veut vraiment camper. La propriétaire de la guesthouse et sa fille viendront nous apporter un pain frais, farineux, excellent, avec du beurre, ainsi que du Thé. Un régal. J’aurais aussi droit à mon premier cours de trait de vache. J’ai encore quelques progrès à faire avant de pouvoir remplir mon bol de lait… A la tombée de la nuit, elles nous proposeront de dormir gratuitement dans la guesthouse, de peur qu’on ait froid. On est touchés mais on ne peut pas accepter, ce ne serait pas juste. On a les moyens de se le payer, on a choisit de ne pas le faire, il faut assumer. Du coup, on dort dans la tente, et les vélos dorment dans la yourte à côté de la maison !

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Au matin, les filles nous invitent à se mettre au chaud pour le petit déjeuner. Elles me montrent le travail de la laine pour faire des tapis et des bandes de tissu qui décorent les yourtes. La maman nous montre aussi comment elle file la laine. Le temps s’écoule doucement, nous n’avons pas beaucoup de temps pour découvrir le Kirghizistan alors on en profite pleinement et on ne quitte cette adorable petite famille qu’à 11h.

La route descend, elle est belle. On traverse des villages dont les gens nous observent autant qu’on les observe. Des gestes sympathiques, d’autres plus antipathiques, les cyclistes sont légion sur cette portion de route en été suscitant curiosité et parfois agacement.

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Ces deux adorables enfants nous ont arrêté pour nous donner leurs biscuits, en rentrant de l’école

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Des aigles ou des vautours qui se lancent de la falaise et planent en longeant ses flans

Aujourd’hui encore, comme hier, et comme toujours depuis que nous sommes entré au Kirghizistan, le vent nous fait face. On ne comprend pas : quelque soit notre direction, on finit par l’avoir dans le nez ! Alors qu’on a passé la journée à descendre, on comprend alors qu’on accuse une certaine fatigue physique : entre la fin de la traversée et l’enchainement direct avec la randonnée à cheval, et la reprise presque immédiate du vélo, on ne s’est pas tellement ménagé et le corps commence à la faire savoir. Ma cheville est gonflée tous les soirs, on a tous les deux mal aux adducteurs au cours de la journée. On avait repéré à partir de Gulcha un itinéraire bis pour rejoindre Osh, plus long de 80 km que la route principale. On décide d’y renoncer pour s’accorder un jour de repos supplémentaire à Osh.

Vers 16h, on arrive à Gulcha, et comme la montée vers le prochain col est supposée commencer dès la sortie de la ville, on décide de ne pas se lancer et de s’écarter de la route principale et de la ville par les petites routes suivant le cours de la rivière du même nom. On finit par trouver un bivouac dans un champ, sous un arbre, sur les falaises en contre-haut de la rivière qui forme une sorte de canyon. C’est splendide, et comme on a pris le temps d’acheter de quoi se faire un petit apéro, on flaire la soirée parfaite… qui sera perturbée par deux enfants-tueurs impitoyables.

Françoise Dolto contre Pascal le Grand Frère

Ils nous avaient repéré de loin, et les voilà qui débarquent sur le lieu de notre campement, un lance-pierre à la main et grimpent sans un mot à notre égard dans l’arbre au-dessus de notre tente. Ça sent mauvais… Deux théories éducatives s’affrontent alors :

– La méthode Françoise Dolto : on va les saluer gentiment et on leur propose un peu des gâteaux apéro (au passage ils sont dégueulasses… erreur de compréhension du packaging. On fait beaucoup dans l’interprétation des paquets en Asie Centrale). Histoire de dénouer le conflit avant même qu’il n’éclate, de créer un lien qui ôtera peut être l’envie aux crapules de nous assaillir, de montrer qu’on vient en paix.

– La méthode Pascal le grand-frère : Ce sont eux qui viennent vers nous, on était installé, nous sommes adultes, eux enfants, à eux de venir nous saluer. En attendant on les ignore, et si ils attaquent, on riposte.

Le seul éducateur diplômé du binôme ayant choisi la deuxième méthode, on commence l’apéro comme si de rien n’était… Et ni une, ni deux, une pierre est lancée sur la tente, et les deux commencent à tenter de prendre de la distance tout en nous braquant du regard. Pascal le Grand Frère entre alors dans sa « 4e colère à l’égard d’un tiers » du voyage, et leur fait une explication en français de ce qui risque d’arriver si ils continuent, agrémenté de mimes pour bien se faire comprendre. Les gamins filent en nous regardant avec des gros yeux pleins de défiance. Je reprends la cuisine, Ben part chercher un coin serein pour aller aux toilettes, quand je vois une pierre passer à toute allure juste à côté de mon pied… Les petits cons sont cachés derrière un buisson à plus de 300mètres de là et tirent à la fronde ! Entendant mes cris réprobateurs, Pascal le Grand-Frère remonte en vitesse son caleçon et se lance à la poursuite des garnements, pierre à la main. Ils disparaissent en courant, et définitivement dès que les vaches qu’ils étaient supposés ramener ont à leur tout dépasser le virage au bout du chemin. Ouf, la soirée peut reprendre, mais la prochaine fois, on fera confiance à Françoise Dolto…

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Rencontre au sommet

A deux, on reprend vite nos mauvaises habitudes. Quand le réveil sonne, on le coupe et on joue les prolongations. C’est raté pour partir tôt à l’assaut du col. En plus, ce matin, une jeune fille vient nous rendre visite, littéralement visite parce qu’en moins de deux secondes elle est dans l’abside de la tente à me poser plein de questions et regarder les photos de mon portable pendant que je me change. La communication n’est pas facile, on pense qu’elle nous propose de déjeuner chez elle, mais notre petit-déjeuner est déjà en cours et il faut quand même qu’on grimpe à la fraiche alors on décide à contre-coeur de refuser. Elle nous accompagne un peu sur le chemin, on partage un peu de crème solaire, et on la quitte pour retrouver la route principale. Cette douce rencontre nous réconforte après l’incident de la veille avec les deux mini monstres.

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A peine de retour sur la route principale, on croise deux cyclistes suisses en sens inverse. Ils nous souhaitent du courage pour les 20 prochains km de montée, avec l’air désolé de ceux qui viennent de les apprécier en descente. Au bout de 7km, on a grimpé de seulement 200m et on commence à s’inquiéter… Il reste près de 800 mètres quand même avant d’atteindre le col, ça risque d’être un peu raide. Et en effet, tout d’un coup, ça grimpe bien. Pile poil sur les coups de 10h30-11h, quand le soleil tape fort. Comme d’hab, on a bien choisit notre créneau.

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De retour du Jailoo, on lave et on fait sécher tous les tapis et couverture des yourtes. On croise en route plein de camions remplis de yourtes et de leurs intérieurs démontés.

Au cours de la grimpette, j’assisterai au retour de Pascal le Grand Frère, agressé d’un coup de pied dans la roue arrière par un nouveau garnement, sous l’oeil désabusé et désintéressé des adultes du coin. Dans le même temps, une camionnette nous double et un ado me fait un « fuck », que je lui rend en souriant. Puis 5 minutes après, un nouvel ado à l’arrière d’une camionnette me fait des gestes explicites que je ne sais pas comment interpréter, mais qui ne me disent rien de très respectueux. Bref, on grimpe, on a chaud, on en chie, et en moins d’un kilomètre on a enchainé que des incivilités. Donc quand on passe à hauteur d’une grande maison remplie d’enfants et d’adultes affairés aux grillades, aux jeux et aux discussions, et qu’ils nous invitent, on s’arrête avec plaisir en espérant que ce moment va remonter le niveau des précédents. Et ce n’est pas peu dire !

On dirait qu’une grande fête de famille a lieu dans cette maison ! Il y a énormément de monde, et plusieurs salles de « repas ». Dans chaque salle, il y a des coussins au sol, contre les murs, et les plats au centre de la pièce. On nous installe dans une des pièces, où le repas vient vraisemblablement de se terminer pour une partie de la famille. Un bouillon de mouton, du plov, du mouton grillé, des beignets, de la confiture et du pain frais pour chacun. Et bien entendu, le fameux çai. Les membres de la famille viennent s’assoir et discuter. Les questions habituelles : d’où venez-vous ? Étés-vous mariés ? Quel âge avez-vous ? Est-ce que vous avez des enfants ? Où allez-vous ?

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On avait nos buffs qu’on avait trempé d’eau pour se rafraichir sur la tête. Ils nous mettent à la place un chapeau kirghize en feutre pour Benoit et un fichu blanc et doré pour moi et nous invitent à les ramener en France, en souvenir du Kirghizistan ! Notre repas terminé, on passe nos mains sur la tête, en guise de remerciement au seigneur, puis on remercie mille fois nos hôtes, on récupère nos vélos qu’on avait laissé au bord de la route, et on repart comme on est venu pendant que la majorité de la famille part à son tour déjeuner. C’était vraiment un superbe moment qui nous redonne des forces pour les derniers 400 mètres d’ascension en 5 km.

On file se reposer à Osh

Une fois n’est pas coutume, au sommet, on ne s’éternise pas et on file en direction de Osh. Il est plus de 15h, on a le vent de face et ils reste plus de 60 km…

On pédale à fond et on y arrive à 17h. Je suis complètement rincée, les adducteurs de la jambe gauche, la cheville gauche et la plante des pieds en feu. Contente d’avoir devant nous deux belles journées de repos !

Promenade au bazar,

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Choix de la viande par Renaud, boucher et cuisto en chef de la Guest-house !

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Nouvelle tentative de réparation de la fermeture éclair de la tente… 

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On rencontre à la Guesthouse beaucoup d’autres voyageurs  : Pauline et Germain, en vélo aussi, qui filent vers la Pamir (c’est le cas de le dire, ils sont adeptes des étapes de plus de 100km), Cyril et Harmonie, qui voyagent en van aménagé, Renaud et Nicole, les Elsasseurs partis sur les route à vélo depuis 17 mois et 26600 km !!! (pour rappel, vos serviteurs ont parcouru 11000 km en 15 mois, ponctués il est vrai de nombreuses pauses bicyclettales !), Renaud, qui revient d’une tentative d’ascension du Pic Lénine et avaient partagé le séjour à Osh de Fred et Ophélie il y a quelques jours, Jean-Baptiste et Benjamin, qui découvrent le kirghizistan quelques semaines, un couple de hollandais en van qui s’apprête à traverser le pakistan… Bref, plein de monde, plein d’histoires, plein de parcours, on découvre, on partage, on rigole, c’est très sympa !

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Soirée grillades à la Renaud du Sud, plov à la Transatos, crumble, et vin rouge (à la couleur du vin près, le programme de Fred et Ophélie il y a 3 jours quoi!), et il est déjà temps pour nous de reprendre la route…

Mais pas tout de suite en vélo ! Ne souhaitant pas se retaper les 3 cols en sens inverse, on a décidé de faire du stop.

Retour à la case départ

On quitte la guesthouse vers 13h. Une fois trouvé le coin suffisamment éloigné des différents embranchements de sortie de ville, à plus de 10km du centre, on tend le pouce, et une petite camionnette ne tarde pas à s’arrêter. Le conducteur est très gentil et propose de nous conduire jusqu’à Gulcha. On embarque les vélos au sommet des sacs de farine à l’arrière de son camion, Ben devient tout blanc et la lessive de la veille n’est plus qu’un lointain souvenir… mais nous voilà partis !

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On sera un peu tristes pendant le trajet parce qu’on ne connaît que très peu de mots en kirghize et la discussion est donc très limitée avec notre chauffeur pourtant très gentil et curieux. Arrivés à Gulcha, on a à peine le temps de descendre les vélos, de saluer 3 cyclistes arrêtés là, qu’on est tout de suite pris en stop dans une autre camionnette. Notre chauffeur est une pile électrique, il n’arrête pas de faire des blagues et de poser des questions.

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Comme il insiste plus que le précédent, je comprends ce qu’il essaye de me demander et je peux donc répondre, ça fait plaisir ! Au début, Benoit reste à l’arrière, dans la benne, avec les vélos. Notre chauffeur prend son mégaphone et crie son nom pour le faire rire ! Quand on croise des troupeaux de moutons qui occupent toute la route, il prend aussi le mégaphone pour faire « Och, och » l’onomatopée locale pour dire aux bêtes « bouge », et il se marre. Au bout d’un moment, il se dit que Benoit doit avoir froid à l’arrière et le fait monter avec nous dans la cabine. On chantera notre hymne français préféré, Frère Jacques, à sa demande. Cette fois, sans les panardos, c’est un succès fou ! Bref, le trajet passe vite, et à 17h, on arrive à Sary Tash, dans la guest-house où on avait dormi 12 jours plus tôt en arrivant du Pamir.

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De nouveau à 4 sur la route… Et quelle route !

On rencontre Elise et Nicolas, partis de Bishkek 3 semaines plus tôt. Eux aussi vont vers la frontière chinoise. Chouette on ne sera pas seuls pour cette longue journée qui s’annonce un peu stressante, entre attente, fouilles, et taxi…

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Un tour au « supermarché » de Sary Tash avant le départ

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Difficile d’y trouver des fruits et des légumes, mais des shots de vodka, pas de soucis

Mais en attendant, on s’élance tous les 4 sur une route magnifique, bordée par l’impressionnante chaine de montagnes enneigées du Pamir. Ils sont comme nous, en admiration, et on s’arrête toutes les 5 minutes pour des pauses photos malgré une lumière pas très favorable au paysage de rêve qui s’étend devant nous.

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Vous vous rappelez peut-être de la famille neo-zéalandaise avec ses 3 enfants et ses deux petits tandems ? Ils nous avaient vivement conseillé de prendre l’ancienne route sur 10 km pour éviter un col 250 mètres plus haut. Ils ont vu la route « elle est toute plate, en bon état, grimper au col ne sert à rien ». Arrivés à la bifurcation on hésite quand même car la route du col est bien asphaltée et se rapproche des glaciers. Mais la piste a vraiment l’air plate et en bon état vu d’ici, la paresse l’emporte donc… Et la punition ne se fait pas attendre.

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En fait de « route plate », on se retrouve sur une route qui descend, monte, redescend, remonte, sur plus de 10 km, et de manière plutôt raide. La piste se dégrade au fur et à mesure et devient de plus en plus caillouteuse. Au final, on a plus grimpé que si on avait franchit le col, on est épuisés par la mauvaise piste et on a loupé le glacier… Le pur plan de merde.

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Du coup on se sent cons d’avoir écouté l’avis de personnes qui n’avaient pas suivi cette piste mais qui ont juste pensé que l’herbe était plus verte dans le jardin d’à côté. Et on s’en veux vraiment d’avoir entrainé Elise et Nico dans ce mauvais plan, eux qui étaient tellement attirés par le glacier…

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En fin de journée, on passe un check-point kirghize. C’est une table dans un ancien Wagon, il faut se hisser sur de spneus pour atteindre la petite fenêtre du garde. Elise veut nous prendre en photo et se fait immédiatement interpellée par les agents de police qui n’ont vraiment que ça à faire ici, et partent du coup à la découverte de toutes ses photos !

A 10 km de la frontière, on part en quête d’un coin de bivouac. Après une première tentative dans un coin qui ne satisfait pleinement aucun d’entre-nous, on finira par trouver le courage de grimper un peu plus et se poser à flan de montagne, avec une vue dégagée sur les sommets blancs du Pamir. Un dernier bivouac de rêve pour une dernière nuit au Kirghizistan !

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Petite frayeur avant de dormir : un homme à cheval, dans le noir et sans lumière, vient nous rendre visite au bivouac. On reconnaît l’homme qu’on a vu plus bas, près de la rivière. Il ne parle pas trop, nous observe, rigole de temps en temps, se couche sur son cheval bizarrement… Il faut savoir qu’on a tous les 4 en tête l’affreuse histoire qui est arrivée à Pauline et Germain quelques semaines avant : ils se sont fait agresser par un cavalier qui a arraché leur tente en plein galop et, ne parvenant pas à la dérober, est revenu les fouetter. Bref, du coup, c’est con, mais on n’en mène tous les 4 pas large et on ne s’éloigne pas trop de nos tentes… Finalement, après un petit « goodnight » et « Dasvidania » explicite, notre homme, bien plus curieux que méchant s’en va en nous rendant la pareille avec le sourire !

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Pas très passantes les routes, idéales pour faire la sieste

Rakhmat Asie Centrale !

On se lève super tôt et on profite, pour une fois, des premiers rayons du jour dans un air glacé. On roule à la fraiche, bonnets et gants bien vissés sur la tête, ça réveille. Les camions en file indienne apparaissent devant nous. Ça y est, nous y sommes, nous sortons du kirghizistan, et allons découvrir cette grande énigme chinoise qui a perturbé plus d’un voyageur !

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La (trop) courte page du kirghizistan se ferme, et avec elle la très belle page de l’Asie Centrale. Nous reviendrons au Kirghizistan, c’est certain. On aura « optimisé » au mieux le temps ici pour quand même pouvoir vivre l’un de mes rêves, randonner à cheval dans les montagnes kirghizes, et pédaler un peu pour aller à la rencontre des gens, approcher la culture de ce pays au croisement des influences slaves, asiatiques et musulmanes. Ce petit goût de kirghizie nous a donné envie d’en découvrir bien plus, tant par la gentillesse des personnes que nous avons croisé en route que par la beauté des paysages. Notre route à travers l’Asie Centrale restera d’ailleurs marquée par ces deux aspects : des gens d’une gentillesse incroyable et des lieux très souvent grandioses. Vraiment, je rêvais d’Asie Centrale depuis plusieurs années, et tout ce que nous avons vécu ici a surpassé ce que j’avais imaginé. Nous ne pouvons que recommander aux amoureux d’histoire, de grands espaces et de rencontres d’aller y faire un tour, en prenant leur temps, et en sortant des grandes villes, pour en ressentir toute l’essence. L’Asie Centrale nous a transporté, jamais nous n’avons eu autant le sentiment de « voyager ».

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Il est maintenant l’heure d’entrer en Chine, et la première épreuve qui nous attend est le passage de douane qui peut s’avérer très long, et parfois très compliqué… A l’heure où je vous écris, je suis dans un train couchette. Il est 23h30, il flotte dans l’air un mélange des différents parfums de noodles, mon voisin rote et crache en se raclant le fond des poumons, la dame du dessous vient de réveiller la jeune fille en face d’elle pour savoir si elle ne voudrait pas échanger de lit avec sa mère, celle là même qui met à fond la musique de son portable et décroche pour conduire une conversation décomplexée en vociférant. Donc oui, fin du suspens, nous sommes bien en Chine ! Par contre, si vous voulez savoir comment Benoit a faillit ne jamais y entrer, savoir si on a récupéré nos vélos et toutes nos bagages qui sont partis sans nous, et partager un peu des 39h40 qu’on a passé dans ce train, il faudra attendre le prochain article mijoté par Benoit ! A bientôt !

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3 réponses à “Kirghizistan, un (trop) petit tour et puis s’en vont

  1. j’ai beaucoup aimé ce passage de votre long périple ; plein de contrastes, de beauté, de peurs, de rencontres, de dureté physique et de douceur dans certains moments partagés. Après tous ces moments passés dans l’itinérance (et parfois l’errance !) votre fraicheur (mentale) de voyageur semble intacte. demain la chine …..

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  2. Naturel, dépouillé, simple d’utilisation le jouet est attirant ; tous les enfants au monde aiment jouer avec un lance pierre.
    Quel plaisir de découvrir que dans ces contrées lointaines, les enfants sont bien heureux car ils peuvent s’adonner sans restriction à ces plaisirs fondamentaux.
    Tout en voulant, comme tous les enfants, montrer leur savoir faire. Quelle habileté en effet que de savoir faire froler une personne par son projectile tiré à 300 mètres. Et atteindre une tente d’une pierre, c’est sans doute pour eux comme la toucher du doigt.
    Comme tu le dis, c’est une belle découverte de la variété de la Vie que d’aller à la rencontre chez eux de peuples de cultures différentes et de leurs petits.

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  3. Je pourrai faire mon lourd à tenter une blague pourri sur ta maîtrise du pis de vache, mais non.
    L’épisode des gamins et leur lance-pierre à du être bien relou, mais il faut bien équilibrer les choses, vous faites trop de belles rencontres !
    Une chose est sûre, en plus de la photographie et de la prose, tu sais maintenant parfaitement maîtriser l’art du teasing et du suspense avec le dernier paragraphe !

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