Quand les loosers deviennent loopers… pause forcée au Laos

Bienvenue en 2017 !

18 mois que nous tenons à jour ce carnet de voyage, en essayant de retranscrire au mieux la réalité de ce que l’on vit, ressent, mais aussi de ne pas cacher nos faiblesses, nos petits (et gros) défauts. Et pourtant, vous ne connaissez pas encore tout… Il est temps de lever le voile sur un aspect plus personnel…

…La malédiction du nouvel an ! 

Vous aurez compris qu’Alice avait un léger soucis en matière d’habileté et d’équilibre, qui lui vaut le fabuleux surnom de Pierre Richard. Toujours le nez en l’air, dans l’appareil photo ou dans le smartphone…Quand le manque d’attention se combine avec l’absence naturelle d’habileté, la chute est inévitable. Et en dehors du vélo, on en compte un certain nombre : chute d’un trottoir à Cusco, chute de la passerelle et casse du reflex à Pamukkale, entorse dans un terrier au Kirghizistan… on va crescendo dans le scénario débile, comme vous pouvez le constater. Aussi pas douée que peu concentrée, elle est un véritable fléau pour les automobilistes devant lesquels elle se jette, nez rivé sur l’écran du téléphone.

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Benoit, lui, c’est un peu la tête en l’air, le spontané qui parle parfois un peu trop vite… D’où son surnom d’Eve Angeli. La vente du recueil de ses petites phrases aurait pu ajouter du beurre dans les épinards de ce voyage, c’est dire. Encore récemment, alors qu’on discutait Front National au petit déjeuner – oui, chacun ses sujets de prédilection au réveil : le climat, le sommeil des enfants, le programme de la journée, des idées pour le prochain week-end… nous c’est la famille Le Pen – …
« A : C’est encore la division chez les Le Pen, à cause d’un tweet de Marion Maréchal Le Pen qui tacle sa tante sur l’avortement… Elle est horrible.
B : Elle est insupportable. Puis son nom… Marion Maréchal Le Pen…  qu’est ce qui est passé par la tête de ses parents, c’est pas un prénom ça « Marion-Maréchal » !
A : Ah non en effet, Maréchal c’est pas un prénom…  »

Une confiance presque aveugle dans la vie et une capacité de détachement incroyable, près à tout vivre « au fil de l’eau »…

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Partant de là, un phénomène étrange se produit tous les deux ans : le passage de la nouvelle année commence de manière chaotique. Ça donne tout de suite un peu de piment à l’année qui commence, du défi pour relever le niveau au fil des mois à venir ! Ceux qui nous connaissent se rappellent du passage de 2011 à 2012, en béquilles pour Alice, tombant le jour même en ski et se fissurant le plateau tibial. D’autres auront retenu le passage de 2014 à 2015, avec le vol de la planche de snowboard de Ben, cadeau de ses 30 ans, par deux gars avec qui nous faisions de la luge en pleine nuit et à qui il avait laissé la planche pour retenir les affaires. Puis du train loupé le matin parce qu’il s’était trompé de date en réservant… Bref…

Le passage de 2015 à 2016 avait été parfait : à Valparaiso la magnifique, avec Océane et Loïc et plein d’autres cyclos que nous avions rencontré pour l’occasion et avec qui nous avions gardé contact : les breizhiliens Kristell et Fabien, le Normand Camille, le Québécois Vincent, Kate etc. Après un tel sans fautes, la malédiction ne pouvait être qu’encore plus puissante pour le passage de 2016 à 2017, et on ne s’est pas loupé.

Dans le précédent article, nous avions vaguement évoqué une nouvelle chute pour Alice. Un petit saut dans une cascade où la pas douée s’est trompée de zone de réception et a atterrit les jambes bien tendues et toutes raides à un endroit presque sans fond… entorse, mais ça aurait pu être pire ! Comme ça restait léger, on ne pouvait pas s’arrêter là.

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Un très discret strap anti-inflammatoire

Puis viens le retour en France, douleurs dans l’avion pour Benoit, puis une chute et de grosses douleurs dans le genoux. Mais « ça va aller, t’inquiète ». Oui oui… Et à 1h de prendre le train de retour vers l’aéroport de Paris pour rentrer au Laos, Le genoux est bloqué et Benoit passe encore un IRM. Le diagnostic est clair : bursite inflammatoire et tendinite. Au minimum 3 semaines de repos… Panique, on ne sait pas quoi faire. On prend quand même l’avion qui nous conduit à Vientiane sans savoir comment on va gérer la suite et en se demandant un peu ce qu’on fout là. Le 30 décembre, en arrivant, on file au centre médical français, pour y voir le médecin. Coup de massue : il pense que la reprise du vélo est compromise, et le kiné qu’avait vu Alice pour son entorse et sur lequel on avait fondé tous nos espoirs est en congés pendant 10 jours. On est au fond du trou…

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Passage en force de 2017…

On était hébergé chez un Warmshower expatrié chinois à Vientiane. Comme il est rentré en Chine entre temps, et pour ne pas s’imposer à ses colocs qui n’ont rien demandé, on décide de déménager et de chercher un hôtel pas cher. Mission difficile un 31 Décembre… On déniche finalement l’auberge la moins chère du centre, à 70.000 kip la chambre, petit-déjeuner inclus. A ce prix là, faut pas être gourmand, elle ressemble à une cellule : quatre murs sales entourent le lit dont on ne peut pas faire le tour. Son avantage par rapport aux autres chambres tout aussi petites et plus chères qu’on avait visité c’est qu’elle a une petite fenêtre, puits de lumière naturelle même si elle donne sur le mur du bâtiment d’en face d’où se dégagent les vrombissements et bruits de gouttelettes des climatiseurs…

Hop hop hop ! Il est déjà l’heure de fêter le passage à la nouvelle année ! On a autant d’énergie que deux escargots sur une route bitumée en plein été. Sauf qu’en plus c’est tout l’inverse, le temps est à la pluie. On s’arrête dans un bon restaurant de la ville, réputé pour la qualité de ses mets et par son personnel, des jeunes en insertion issus de foyers pour enfants en difficultés ou orphelins. Et ces derniers nous annoncent tout de suite la couleur avec un large sourire et des étoiles dans les yeux : ce soir, c’est « disco » au centre de Vientiane, ils ont bien l’intention de sortir tôt pour aller danser ! Du coup, quand on commande le dessert, notre jeune serveur autrefois souriant nous fusille presque du regard et commence à remballer une par une les tables qui nous entourent. Le paiement de l’addition signifiant sa proche libération (encore deux tables après nous), il retrouve son sourire et nous indique sur la carte comment rejoindre le fameux « disco ». Il est 21h. La soirée va être longue.

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En sortant du restaurant, on ère en espérant échouer par hasard dans un coin sympa. Que nenni, tout ferme, les rues sont désertes, il pleut. On fait un break dans notre cellule pour chercher des vêtements de pluie. La loose attitude est belle et bien là. Tout nous pousse vers le disco, chaque laotien croisé nous y incite. Nous y allons donc et prenons part à la grande soirée organisée par la fameuse Lao Beer locale, pendant que des DJ’s mixent de la musique pop à grand renfort de basses, ce qui nous abime les oreilles plus qu’autre chose. C’est pas tellement le genre d’ambiance qui nous fait vibrer… « Disco »: on s’imaginait bouger en vociférant sur du Abba, tenter un énième moon walk foireux au rythme de Feu Mickaël, se déhancher sur du cloclo. Mais non. Mais c’est rigolo de voir les Laotiens passer une excellente soirée, alterner jeux de séduction et danse stoïque (moi qui ai toujours cru que j’étais mauvaise danseuse, j’ai découvert que j’avais le moove laotien en fait), enchaîner les canettes de bières au même rythme que les selfies et chanter à tue tête ! Peu avant minuit, la musique s’arrête, des gens montent sur scène et semblent fêter la nouvelle année entre eux pendant qu’on les regarde. Puis trois fusées sont tirées juste au dessus de nos têtes, Booooooonne année !!!!!

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La pluie revient. On peut rentrer. On est complètement passé à côté de notre nouvel an laotien, faute d’avoir cherché un peu avant tout ce qui était organisé. Puis après, un nouvel an, c’est toujours plus sympa en famille ou entre amis, même quand une allemande est impliquée… Je dis ça, je dis rien 🙂

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Certes, il a la même tête quand il a trop bu. Mais là il est juste blasé

Prison Break

La cellule, ça va trois jours, mais le moral est à zéro entre ces 4 murs sombres. A ses heure perdues, Benoit s’est tatoué sur tout le corps le plan de la guesthouse pour aider ceux qui nous succèderont à s’en échapper… N’hésitez pas à nous contacter. Pour nous, c’est gagné.

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Pour tenter de redresser la barre, on décide de déménager dans une auberge éloignée du centre ville, qui a le mérite d’avoir un jardin et des voisins laotiens. Pour presque le même prix, la chambre est grande, lumineuse, l’endroit calme, entouré de petites échoppes et de petites rues étroites, et les propriétaires sont adorables. Et très fans des animaux puisque nous partageons la cours avec 7 chiens, autant de chats, et depuis peu des écrevisses. Mais tout de suite, à l’air libre, le moral remonte en flèche ! Fine l’impression d’être coincés dans un ghetto de touristes fans de hamburgers et de pizzas. Et petit à petit, on s’habitue à l’idée de la pause forcée.

Bienvenue chez les loopers

En attendant le kiné, et en attendant de pouvoir récupérer nos nouveaux passeports à l’ambassade (notre retour en France nous aura couté de précieuses pages vides, les chinois chez qui nous avons fait escale à l’aller et au retour étant fans de formalités administratives…), on décide de s’organiser une escale au centre du Laos en mode Backpackers. On a trimballé pendant 8 mois un sac à dos de 70L pour rien, on vient de le laisser en France, et nous voilà condamnés à en avoir besoin… c’est rageant.

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On a voulu prendre le bus des radins… Et c’est la première fois du voyage qu’on renonce à monter dans un bus, on aurait dit qu’il s’était déjà renversé 10 fois et qu’à chaque fois ils avaient redressé la tôle…

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On laisse toutes nos affaires dans la guesthouse et partons avec le strict minimum vers Thakhek, pour faire la fameuse boucle entre grottes et montagnes au départ de cette petite ville à 350km au sud de Vientiane. C’est un grand classique des circuits touristiques, on trouve facilement des tas d’information dessus sur les sites des « tourdumondistes », des gens qui font un « tour du monde » (notion que nous méprisons, j’espère pouvoir y revenir un jour…) et rédigent des articles en forme de mode d’emploi bien pratiques pour les autres ! Il y en a tellement sur « la loop de Thakhek» qu’on croirait un voyage organisé : il faut louer le scooter là, dormir là, manger-là. Visiter telle grotte, se baigner dans tel lac. Seules les pauses pipi et les pauses midi sont laissées au hasard et à l’originalité du looper. Car voilà la notion phare du truc : à Thakhek, le voyageur se transforme en looper. Surnom anglicisé plus cool et tendance que sa traduction française de « boucleur » qui signifie que vous allez arpenter les 480km d’une boucle pendant 4 jours en scooter de location. L’aventure commence !

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Etape 1 : réserver son scooter au même endroit que tout le monde – Done

Première entorse aux conseils avisés de nos illustres tourdumondistes, nous choisissons un scooter plus cher et plus puissant que les préconisations (nécessairement petit budget) de ceux qui nous ont précédé. Pas parce qu’on est riches, ou péteux, ou les deux, mais parce que comme tout le monde fait pareil, il n’y a plus de scooter pas cher de disponible. Au petit matin, casque trop grand et pas de première jeunesse attaché du mieux possible sur nos têtes, nous entrons officiellement dans la grande famille des loopers et entamons la boucle, carte à la main.

Etape 2 : Visiter les grottes, mais que les plus belles et les gratuites – Done

Premier arrêt, on enchaine la visite et la baignade dans deux grottes. Des micros poissons comme ceux des instituts viennent nous arracher les peaux mortes, tout ça gratuitement, quelle chance. Sur la route, des montagnes karstiques nous entourent, les paysages sont splendides.

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On s’arrête manger dans un petit magasin en bord de route. Les enfants jouent à Mario Bros sur la super nintendo, sous le regard jaloux d’un Benoit nostalgique.

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La journée scooter continue, les paysages changent, on entre dans une partie plus humide.

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Et pour cause. Les amis chinois du Laos ont volontairement inondé une vallée pour créer des barrages. Noyées les forêts, ensevelis les villages. Ça me rappelle le Bois Joalland à la maison, en 10.000 fois plus grand… c’est des chinois, ça déconne pas. Paysages de désolation donc, les pointes des arbres morts qui sortent de l’eau en direction du ciel, jusqu’à ce que le pourrissement les fasse tomber et dériver. Et tout ça sur des centaines de km.

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En bon loopers, nous nous arrêtons dans une guesthouse recommandée, mais nous décidons de faire l’impasse sur le fameux buffet barbecue « im-man-qua-ble » préférant apporter notre contribution financière à un autre restaurant. L’autre immanquable de l’étape, c’est le lever du soleil au dessus de l’eau.

Etape 3 : observer le lever du soleil – failed

Réveil à 6h00, le soleil est supposé se lever en face de nous. Merde, on dirait qu’il est derrière. Impossible, les tourdumondistes ont dit que c’était là. Oui mais là on fait face à l’ouest, c’est bizarre quand même. 6h30. Bon, c’est sur, il s’est levé derrière nous et on a rien vu. C’est vraiment bizarre, ils racontent n’importe quoi les tourdumondistes, on était pourtant au bon endroit, j’ai revérifié. Autant se recoucher. 10h, on se réveille, on déjeune, on enfourche le sccoter, on passe un pont… Ah merde… le pont, la terrasse, tout s’éclaire… c’est de cette terrasse là qu’on peut l’observer le lever de soleil… pas celle de la guesthouse. Note pour plus tard : suivre à la lettre un programme ne doit pas interdire de réfléchir.

Etape 4 : dormir à Konglor – failed

La route est vraiment belle, et les laotiens sont vraiment adorables. Ils nous impressionnent. Ils voient passer toute la journée des blaireaux comme nous en scooter, casque-champignon vissé sur la tête, mais ils continuent de nous saluer et de nous sourire comme si on était les premiers à découvrir ces contrées éloignées.

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Recherche de métaux ?

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Des barques réalisées à partir des métaux des OXI issus des millions de bombardements dont a été victime le Laos

Petite baignade dans des eaux fraiches et turquoise en pied de montagne et on décide de s’arrêter 50km avant notre objectif initial (et commun à tout looper), pour ne pas arriver en pleine nuit et rater la route annoncée comme fort jolie.

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A la place, pour compenser le lever de soleil raté, on se pointe dans un autre « must to do » des loopers, pour observer le coucher du soleil. On est seuls, mais malheureusement, les nuages viendront cacher la lente descente du soleil. Et on se rendra compte le surlendemain qu’on était pas au bon endroit… Décidément ce deuxième jour fait de nous les pires boucleurs de l’histoire de la loop…

Dans la guesthouse, deux cyclistes allemands en voyage à vélo en Asie du Sud-Est arrivent à la tombée de la nuit. On discute, ils nous donnent envie d’enfourcher nos vélos. A part deux côtes bien raides, cette route s’y prête totalement.

Etape 5 : visiter la grotte de Konglor – Done

Comme prévu la route est magnifique aujourd’hui. On visite la grotte de Konglor. Cette grotte de 7km de longueur a la particularité de se visiter quasiment entièrement dans le noir, en pirogue. Si ça a un petit côté aventurier excitant, on a quand même du mal à comprendre l’intérêt de la chose, d’autant que notre piroguier ne nous montre rien et ne nous explique rien des cavités immenses que nous traversons.

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Bref. En sortant, on reste se détendre, lire et se baigner à l’entrée de la grotte, un beau moment de détente.

Puis on rebrousse chemin pour retourner à notre point de départ du matin. Grâce aux lumières de fin de journée, le paysage est encore plus beau qu’au matin. On en prend plein les mirettes.

Etape 6 : Dormir au Travel Lodge – Done (et c’est pas une bonne idée!)

Dernière journée de loop. Plus de 140km au programme, sur des routes pas palpitantes, voilà ce qui est annoncé dans nos modes d’emploi. On part tôt, et très vite la lassitude du scooter se fait sentir.

Malgré cela, on se paye les 40km de détour pour aller se baigner dans les eaux bleu profondes d’un petit lac perdu aux pieds des montagnes (mais maintenant payant).

La route qui y conduit est superbe.

En arrivant à Thakhek, après 4 jours de scooter, nous sommes enfin imprégnés de l’esprit du looper. C’est comme ça que nous nous arrêtons dans THE guesthouse, celle qui apparait partout, THE PLACE TO BE. Grosse déception : c’est cher, loin de tout, pas si convivial. Bref, c’est con. Mais c’est grâce à cette erreur de parcours qu’on rencontrera Camille, une voyageuse à vélo qu’on avait rencontré à Vientiane. On prend de ses nouvelles parce que quand on l’avait croisé, elle venait de se blesser à l’oeil et on lui avait indiqué le centre de santé qui n’a plus de secret pour nous. On passe ici une excellente soirée en sa compagnie. C’est une fille hyper active, ouverte et militante, une très belle rencontre ! Elle organise un festival dans sa région, au concept super chouette : fête et dégustation de vins locaux, accessible à tous, avec des artistes locaux ou un peu plus connus. Pour en savoir plus, c’est ici : Festival Dezing

Retour à Vientiane, en espérant redémarrer à vélo…

Au matin, sans scooter, direction la gare routière pour attraper le bus « VIP » pour Vientiane. Les tabourets s’accumulent dans les allées, au fur et à mesure des arrêts. Une photo me vaudra les foudres de mon vieux et moite voisin anglophone, aussi touriste que moi, mais certainement convaincu que le droit à la photographie est son privilège. Une belle esclandre dans le bus, décidément, la vie de backpackers ne nous aura pas convaincue…

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De retour à Vientiane, on ne regrette pas d’avoir vécu la vie de « Looper » pendant 4 jours, car de toute façon, cette partie du Laos n’était pas dans notre programme initial, et on se rend compte à posteriori que c’était bien dommage. Les paysages y étaient magnifiques. L’idée de voyager en scooter nous avait déjà traversé l’esprit, surtout quand on était envieux des engins motorisés qui nous doublaient en montée. Et maintenant que nous avons vécu l’expérience, on est pas du tout convaincus. C’est trop rapide, on n’observe pas bien la vie dans les villages, on a pas le temps d’échanger avec les gens. C’est ennuyeux pour le passager arrière qui ne voit pas bien devant, et le conducteur peut difficilement se détacher de la route pour apprécier le paysage. Et puis ce n’est pas confortable, pas comme un vélo couché j’entends. Bref, nous n’avons pas eu de révélation.

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Le kiné est de retour, on va voir ce qu’il pense du genoux de Ben. Et savoir si on peut repartir. Mais ce qui est sûr, c’est que si il n’est pas possible de continuer à vélo, on ne continuera pas ici en bus et sac au dos. Seul le vélo nous semble pouvoir offrir un rythme et un contact propices à une découverte authentique et hors des sentiers très très (ra)battus de l’Asie du sud est. C’est pour ça qu’on a donné donné rendez-vous ici à Cyril, le frère d’Alice… à vélo ! On croise donc les doigts pour pouvoir continuer en pédalant et sinon, pour trouver un plan B jusqu’au mois d’Avril…

A bientôt !
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10 réponses à “Quand les loosers deviennent loopers… pause forcée au Laos

  1. Bonjour
    Oh là là quelles aventures … médicales ! J’espère bien sûr que cela se finira bien et rapidement ! C’est rageant mais parfois il faut savoir s’armer de patience (là en l’occurrence de repos) pour pouvoir re-partir … du bon pied ha ha ha plutôt que de vouloir à tout prix foncer et se retrouver peut-être dans une situation encore plus grave si on force trop sur tendinite et autre entorse : courage ! Sinon, le Laos, c’est vraiment trop beau ou alors vous êtes de bons commerciaux en « venez visiter le Laos ». Les photos sont magnifiques. Et comme en France, on nous annonce une nouvelle vague de bien froid (t° négatives mm en journée), ça fait tjrs plaisir. J’ai hâte de suivre la suite de vos aventures et vous souhaite un bon rétablissement !

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    • Merci ! N’étant pas très patiente de nature, c’était difficile, mais bel et bien nécessaire.
      Le Laos est vraiment très beau… Pour prendre une belle photo, il suffit d’ouvrir les yeux et d’appuyer sur le bouton ! Le pays fait le reste 😉

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    • Le pire étant de finir backpaper…ça c’est encore plus dur. Ou pire : visiter en sac à dos les îles de Thaïlande… inimaginable 😉
      Mais grâce à cette expérience en scooter on a enfin percé le mystère de la souffrance des motards. : 5h/jour le cul sur un siège qui colle à regarder le paysage filer trop vite au bruit assourdissant du moteur… C’est pas humain.

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  2. On croise les doigts pour vous, que vous puissiez vite repartir pédaler. On a hâte de lire votre avis sur le fait de « faire » le tour du monde… même si vous-même avez « fait » la « loop » 😈 On vous remercie quand même d’avoir parcouru cette route en scooter pour vos fidèles lecteurs, puisqu’on a adoré votre récit ponctué de mésaventures, et vos jolies photos 😊

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    • Héhé, bien vu les pandas ! Voilà… une minute d’inattention et tu te retrouves à « faire » le Laos… J’ai honte. C’est la punition immédiate pour avoir été trop pédante et pompeuse dans cet article ! 🙂
      Pour vous remercier de m’avoir mis la puce à l’oreille et de m’inciter à développer cette question qui me tient à coeur, je vais vous faire la primeur de mes réflexions philosophico-psycho-socio-mégalo sur les « tour du monde » 🙂 En fait, je trouve que ces dernières années, avec l’offre toujours plus économique des alliances aériennes proposant des billets « tour du monde » on est entré dans une ère nouvelle du voyage, ou faire son « tour du monde » à 30 ans, c’est un peu comme avoir une Rolex à 50 ans, c’est « à faire pour pouvoir dire j’ai réussi ma vie ». Et au final, dans ces tours du monde express, c’est un peu toujours les mêmes pays qui sont visités en mode « fast-food » : tu vois les 3 trucs « à voir » et tu fais les 4 trucs « à faire » et tu te casses, tu changes de pays, de culture, de langue, en un saut d’avion. Du coup, c’est ni plus ni moins que le cumul de 10 années de congés payés en un seul voyage… C’est bien loin d’un tour du monde, au sens « noble » du terme, où tu prends le temps de comprendre les endroits que tu visites et de rencontrer les gens qui y vivent. Où tu respectes les endroits que tu traverses. Je crois que les gens qui font vraiment le tour du monde sont vraiment rares. Mais comme c’est à la mode, les « tour du monde express » font le buzz, sont présentés comme des « expériences initiatiques de retour à l’essentiel », qui font rêver tout le monde, sans qu’on en questionne en même temps les moyens, les finalités et l’impact sur les pays visités…
      Bon, pour tout vous dire, au début, on avait pensé partir comme ça. C’est pour ça que ça me fait réfléchir. Et je hais le terme « tour du monde », parce que quand on visite 10 ou 12 pays sur les 197 que compte notre belle planète, faudrait être sacrément prétentieux pour considérer avoir fait le tour de la question 🙂
      Un jour, j’espère lire à ce sujet et écrire un truc un peu plus étoffé et intéressant que cette première synthèse. En attendant, je vous laisse, faut qu’on se prépare pour aller faire la Thaïlande 😉

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  3. Quel régal ce passionnant récit de la loop. Me rappelle certains sentiments ressentis par moi même au cours de différents périples (beaucoup plus softs bien sûr)! Mais les tourdumondistes ont tellement proliferes depuis que vos commentaires ne m étonnent pas… La professionnalisation du voyage toutou… Mais récit et photos très réussis.
    Vivement que vous puissiez reprendre le cours du voyage à vélo avec notre Cyril.
    Gros Bisousssss en attendant la suite.

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    • Je pense que toi tu as pu vraiment « découvrir ». Aujourd’hui, il devient très difficile parfois de « sortir des sentiers battus ». Après, c’est notre « faute ». On avait qu’à rien lire avant, à prendre notre tente et notre réchaud et à faire comme en vélo mais à scooter. On a cherché la sécurité du plan bien ficelé, comme tout le monde. En tout cas c’est sûr que le vélo nous manque.
      Gros bisous !

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  4. Les enfants qui voyagent font voyager leurs parents. Ils arrivent à leur insuffler des images et de récits dont ils n varient pas idée. Si bien que quand ils disent que la planète est si belle,ils n ont aucun mal à ce que l idée soit partagée. Tout dans Wikipedia est décrit permettant de comprendre le Laos et le géant thaïlandais que tout oppose. Nous vous savons en bonne voie pour reprendre les vélos. Tout Bientôt.francoise et eric

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