De Vientiane à Luang Prabang: c’est karstiquement beau!

Avec Benoit aux commandes de ce tout nouvel article ! 

Vis ma vie d’expat

La vie s’organise tout doucement à Vientiane entre les séances de kiné et les petites visites ici et là. On découvre le musée COPE relatant la terrible tragédie qui a frappé le Laos durant la guerre du Vietnam. Pendant 9 ans de 1954 à 1963, nos amis ricains lâchèrent 2 093 100 tonnes de bombes sur tout le territoire faisant du Laos le pays le plus bombardé au monde. Coincé entre deux camps (les Viêt et les Etats-Unis), le malheureux peuple laotien a subi cette guerre. Ces bombardements se répercutent encore aujourd’hui dans leur quotidien. 35% de ces bombes appelées « cluster » n’ont pas explosé. Un danger permanent, notamment pour les paysans qui travaillent la terre, de « tomber » sur les clusters qui mutilent et brisent des vies. Nous ne connaissions pas ce pan d’histoire sur la guerre du Vietnam et ça nous a beaucoup ému. Difficile d’excuser l’inexcusable barbarie de la guerre avec ses lots d’injustices et de morts.

Sans transition, mon genou va mieux, le kiné est confiant, il semble plus inquiet pour mes ligaments internes, qui fatiguent à la longue, que pour ma tendinite. Son optimisme nous rassure, je suis sur la bonne voie. Il m’apprend quelques exercices de renforcement musculaire et d’assouplissement pour être fin prêt en attendant de reprendre la route. Alice a aussi le droit à ses petites séances pour réduire l’inflammation de sa cheville. On se sent comme à la maison au centre médical français. Le Kiné est hollandais et très sympa, et il nous raconte comment il a contribué à la création du centre de rééducation pour les victimes des Clusters. 

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Activité physique pour tous, tous les soirs sur l’espace public ! Une vraie source d’inspiration pour l’ex coordinatrice santé

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Séance manucure et massage par une horde de petites dames fort convaincantes

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Tous les soirs le soleil se transforme en boule de feu

On passe aussi quelques soirées dans un bar-resto français à côté de notre Guest-House. Séb, le proprio, installé depuis une dizaine d’années au Laos, nous accueille sympathiquement et nous passons d’agréables moments à discuter avec lui et les expatriés qui fréquentent ce lieu. C’est l’occasion pour nous de connaitre et de comprendre un peu mieux la vie d’expat. Noyées dans les effluves, les histoires s’enchaînent, j’ai du plaisir à les écouter, touché par leurs parcours de vie pas toujours heureux, envieux par moment qu’ils aient pu construire quelque chose loin de la France dans un climat plus « calme ». 

Nous assistons à la soirée de fermeture du bar qui se délocalise au centre-ville dans un nouveau lieu. C’est l’occasion de faire la fête et se déhancher sur des rythmes endiablés, un test grandeur nature pour mon genou qui tient le coup avec brio !

A la recherche du vélo parfait 

Notre repos forcé nous oblige à modifier nos plans de départ. Cyril, le frère d’Alice, devait nous rejoindre en Thaïlande pour partager un bout de route avec nous. Nous ne pouvons le rejoindre là-bas à temps. Nous décidons de nous retrouver à Vientiane. On prépare en amont son arrivé en arpentant les différents vélocistes des environs. Le vélo n’est pas beaucoup développé au Laos, ici, les motos et scooteurs règnent en maître sur le marché des deux roues. 

On trouve de bons vélos tout de même mais les cadres sont souvent de petites tailles adaptés à la morphologie locale. On dégote par hasard une vieille boutique, sorte de caverne d’Alibaba de la récup de pièces détachées étalées à même le sol. Le mec semble s’y connaitre, il nous montre un cadre et nous assure qu’il peut construire un vélo de rando pour 150 $. On part confiants, nous reviendrons l’essayer dans quelques jours avec Cyril.

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En attendant je m’attelle à la réparation de nos vélos. Pour changer les pièces défectueuses, je suis obligé de me transformer en MacRambo, doux mélange entre MacGyver parce que je n’ai pas les outils adéquates et Rambo parce que je suis obligé de taper comme un dératé pour extraire les blocs cylindres et les roulements à bille qui refusent de sortir. Faut dire qu’Azub monte cette partie du vélo à sec, comprenez sans graisse. Au bout de 18 mois de voyage, je vous laisse imaginer la rouille, la saleté et l’usure qui s’y trouvent. Bien sûr, fallait s’en douter, à force de marteler, j’abime un pas-de-vis. Grosse panique, on contact le SAV d’Azur qui comme à son habitude réagit super vite et envoie de nouvelles pièces à Cyril avant son départ, le tout gratuitement. 

Finalement, on se dit que le hasard fait bien les choses puisque sans ma tendinite, Cyril ne serait pas venu à Vientiane et nous n’aurions pas pu avoir les pièces de rechange. Dans tout malheur, toujours chercher du positif, ça peut aider !

Un nouveau membre chez les transatos

Cyril débarque le 16 janvier, il vient de faire un long trajet France-Bangkok-Vientiane. Au programme repos, visite de la ville.

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On trouve enfin le fameux buffet à volonté dont tout le monde nous a parlé !

On retourne voir notre marchand de vélo, il n’a toujours pas fini, il s’est contenté d’installer les roues et le pédalier. Au Laos, il faut parfois savoir prendre son temps… Il nous promet que le vélo sera essayable dans l’après-midi. Mais quand on revient, après seulement 15 mètres d’essai, le moyeu arrière se désintègre littéralement ! Alice avait fait remarquer au gars le matin que le moyeu avait l’air léger, et il lui avait assuré avec la nonchalance Laotienne « non, non pas de soucis, c’est costaud… ». Ben tiens. C’est pas rassurant. En plus on se rend compte que le vélo risque d’être un peu grand finalement. On repart faire le tour des autres boutiques mais on ne trouve rien de satisfaisant. Entre deux boutiques de vélo, Alice et Cyril s’autorisent quelques visites touristiques. 

Le lendemain, le vélo terminé, on organise une petite boucle d’une 40aine de km autour de Vientiane, c’est le grand test pour Cyril comme pour mon genou.

Et le grand gagnant de ce test est… mon genou! Je ressent certes une petite gène mais pas de grosse douleur, ma tendinite ne se réveille pas, mes ligaments ne se déchirent pas. Ce qui se déchire par contre c’est le pneu du vélo de Cyril au bout de 25 km seulement…

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On l’a mauvaise, on avait pourtant bien expliqué au vendeur qu’il nous fallait un vélo qui tienne la route jusqu’à Chiang Mai en Thaïlande, visiblement, il nous a installé des composants de très très mauvaise qualité. On retourne voir le vendeur qui nous explique un truc du genre: 

  • « Pour 150 $ vous espériez quoi? »
  • « Ben c’est vous qui avez dit 150$. Nous on a juste demandé un vélo qui roule, ce serait déjà bien! » 

Rebelote, on retourne voir les autres magasins en catastrophe et on modifie à nouveau nos plans. On propose à Cyril de courir derrière nos vélos sur 600 km, proposition bizarrement rejetée ! Finalement nous optons pour une location de vélo. Nous rejoindrons Luang Prabong tous les 3 à vélo, l’un de nous (devinez qui ?) retournera à Vientiane en bus pour rendre le vélo. Puis nous prendrons le bateau deux jours durant sur le Mekong pour rejoindre la Thaïlande. 

 Dégustation d’insectes au marché de nuit avec Cyril : 

Nous passons notre dernière soirée en compagnie d’un autre couple de cyclovoyageurs Camille et Loic qui sont arrivés la veille. On s’est senti comme chez nous dans cette Guest-House malgré les nombreux chats et chiens et les odeurs qui vont avec (rien de comparable avec les chaussettes d’Alice au bout de 4 jours de bivouac, faut pas pousser!) et leur installation récente et un peu bruyante d’un élevage d’écrevisses. 

Ça roule ! 

Cyril est un peu tendu, le carnet de route est costaud avec près de 5000 mètres de dénivelé positif sur 400 km, la peur de ne pas y arriver, les doutes sur ses capacités physiques, on essaye de le rassurer, on est passé par-là plus d’une fois, c’est compréhensible. Moi, de mon côté, je n’en mène pas large non plus, si mon genou nous lâche, c’est la fin de notre voyage de cyclotouristes. Difficile de se dire que je pourrai être le maillon faible et mettre à mal notre fin de notre parcours.

Le jour J est arrivé, qu’il est bon de retrouver les automatismes de cyclo-randonneur, on prépare nos bagages, on remet les cales de nos chaussures et on enfile nos t-shirt délavés par le soleil. Les trois premiers jours ne présentent que peu de difficultés hormis une bonne chaleur, nous avançons tranquillement.

Nous bivouaquons pour la 1ère fois dans un temple bouddhiste, on y va timidement, sans trop savoir comment demander l’hospitalité mais les moines nous mettent directement à l’aise et nous montrent un endroit où planter les tentes et nous avons même le droit à une douche.

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Ils nous offrent des bouteilles d’eau et des gâteaux, on est aux anges. En échange, on leur coupe du saucisson, cadeau des parents d’Alice, ils regardent ça d’un air surpris, « bon quoi les gars, un bon sauciflar ça vous tente pas ? ». En fait, avec le recul, on se dit qu’ils sont peut être végétarien… Mais ils acceptent quand même le saucisson.  

On bivouaquera le lendemain derrière un resto en construction donnant sur un magnifique point de vue des montagnes karstique au couché du soleil avec bananes séchées et bières à la main, elle est pas belle la vie ? En tout cas plus belle que le midi où nous enchainons les bouibouis qui ne servent que des soupes pas vraiment délicieuses, dans lesquelles flottent des boulettes à la composition indéterminée et des tentacules de poulpe dont on ne connait pas la provenance, vu que le Laos n’a pas de zone côtière… Ce soir, j’ai failli expérimenter un nouveau concept d’émission: « j’irai prendre ma douche chez vous ». La famille a qui appartenait le resto nous a gentiment proposée de prendre une douche. Alice, puis Cyril y sont allés avec succès, quand se fut mon tour, je ne saurais pas vraiment vous expliquer pourquoi, mais j’ai cru que la douche se trouvait dans la maison à coté du resto. 

Arrivé à la hauteur de la porte, Alice m’intercepte en me demandant se que je fiche là. J’étais en fait sur le point d’enter dans une famille qui ne me connaissait pas avec ma serviette et mon savon, dans le genre, « ne vous dérangez pas restez assis, dites-moi juste où est la douche!! »

Le 3ème jours, nous nous arrêtons dans la ville de Vang-Vieng. Lieu de débauche pour occidentaux avides d’alcool, de champignons, d’herbe et autres petites délicatesses. Si tu enlèves « débauche » et « alcool » de la phrase, le truc passerait presque pour un village vosgien, mais c’est loin d’être le cas. 

Ici la spécialité c’est le tubing. Prenez une chambre à air de tracteur, mettez-y des joyeux lurons bourrés et sous stupéfiants, faites les descendre une rivière, mélangez le tout et vous obtiendrez… des morts. En 2012, le gouvernement décida de réagir en fermant les bars le long de la rivière et en limitant la vente de drogue et Vang-Vieng retombe peu-à-peu dans l’oubli. Bizarrement, tu peux toujours commander un milkshake aux champi ou une pizza au cana dans les bars de la ville si l’envie te prend mais vu l’ambiance plan-plan dans les rues tu risques de te sentir bien décalé. Bon visiblement ça n’effraie pas tout le monde, et on croise quelques perchés bien ridicules. Mais les gens continuent le tubing dans la rivière, et on voit débarquer des touktouks entiers de gens en maillot de bain en plein centre ville de Vang-vieng, comme si le port du tee-shirt était prohibé. Les laos doivent vraiment nous prendre pour de gros blaireaux… Autre bizarrerie non élucidée, dans beaucoup de bar, ils passent des épisodes de la série Friends en boucle, allez savoir pourquoi! 

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Le plat typique laotien pour se récompenser de 3 belles journées sur la route 🙂

Vang-Vieng n’a donc que très peu d’attrait pour nous, on pourrait même dire qu’on a trouvé cette ville glauque. Par contre les alentours sont splendides avec de nombreuses caves et plans d’eaux et toujours ces beaux reliefs karstique. 

Nous louons des scooteurs (c’est le retour des loopers !) et explorons les lieux en finissant la journée par une grosse grimpette pour atteindre un point de vue au couché du soleil.

Malheureusement, on n’a pas été récompensé de nos efforts car les nuages viendront se mêler à la fête. Pour se remettre de cette déception, on s’envoie un milkshake au psylo, des space cake et on se mate la saison 4 de Friends… non je déconne, on boit une bière et on trouve un touktouk pour aller nous coucher dans une guesthoue à 5km de là, on est devenu vieux et franchement pour le coup, tant mieux. Par contre, notre journée de « repos » nous coutera de belles courbatures pour les jours suivants. 

Nous reprenons les vélos le lendemain pour une belle première étape de montagne qui nous conduira jusqu’à la ville de Kasi.

En route on croise un type en vélo couché. On papote un peu, il essaye le vélo d’Alice et moi j’essaye le sien. Son vélo a deux grandes roues et il galère pas mal dès que la côte a un fort pourcentage. Du coup, il a du pousser son vélo ces derniers jours, au grand désespoir de sa conjointe allemande qui elle, en vélo droit, semble avaler les pentes sans aucun problème.

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De Kasi, on doit se rendre aux sources d’eau chaude situées à une 20aine de km. On se réveille tout de même assez tôt pour arriver début d’après-midi là-bas. Avant de démarrer je remet de la précision dans les pneus de nos vélos et dans celui de Cyril. Et là, c’est le drame, je sens que la chambre à air de Cyril se dégonfle. De suite je pressens le mauvais coup, si c’est troué au niveau de la valve, la chambre-à-air est foutue. Nous n’avions pas amené de chambre à air de secours pour Cyril qui a une taille de roue différente de la notre. J’entend encore Alice me dire qu’il serait bien d’en acheter avant de partir, j’avais fini par me persuader qu’on avait des rustines donc pas de quoi s’inquiéter. 

J’aurais du le savoir, généralement, quand je repousse un truc par pure flemmardise, ça me retombe sur le coin de la gueule.

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Bref avec notre chambre à air crevée au niveau de la valve, on arpente Cyril et moi la « ville » en quête d’un réparateur de vélo mais personne peut nous réparer ça. Aucune chambre à air de 28 pouces en stock dans les magasins non plus. Au bout d’une bonne heure de recherche on est dépités et on décide de passer au plan B. De la colle super glu et du chatterton et advienne que pourra. Sur les premiers mètres, ça semble tenir, mais pour combien de temps? 

Et bien nous ne le saurons jamais puisque nous croisons 2 cyclos en ville. C’est bien la 1ère fois que je dis bonjour à quelqu’un tout en regardant fixement sa roue avant pour voir si la taille correspond. Et oui, il a bien une roue de 28 pouces ! Le mec a été vachement cool puisqu’il n’avait plus qu’une seule chambre à air de rechange mais il nous l’a donné sans rechigner après une brève hésitation. Et en plus, le diamètre est adapté aux pneus riquiqui du vélo de Cyril ! On a eu un bol monstre de les rencontrer par hasard, on repart avec un grand soulagement.

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La route est difficile mais les montagnes karstiques, qui se dressent devant nous, nous enchantent. C’est le paysage carte postale dont je rêvais avant de venir en Asie du Sud-Est, alors les pentes, la chaleur passent vite au second plan.

On arrive fin d’aprèm, on plante nos tentes et profitons des derniers rayons du soleil pour se baigner dans les sources d’eau chaude. On repose nos corps car demain, grosse étape de montagne avec plus de 1000 mètres de dénivelé positif au programme.

On redémarre le lendemain à la fraiche, les paysages sont splendides. On atteint le restaurant presque au sommet avant midi ! Repas de midi avec vue panoramique sur les environs. Nos vélos ont du succès et sont pris en photo par des tas de touristes.

Et là d’un coup, tout bascule dans la folie, un moine se pointe et observe la vue à coté de nos vélos. Le combo idéal pour les touristes sans gêne qui le mitraillent sans répit. Franchement, la méditation, on va s’y mettre parce qu’à la place du moine, je pense que j’aurai envoyé des coups de boule-machette-balayette à tout va! Lui est resté inflexible, imperturbable prenant même le temps de passer un coup de téléphone, un vrai pro du self contrôle. Il nous demande même de le rejoindre pour combler l’assistance ! Et voilà comment on se retrouve sur notre photo souvenir du sommet avec un moine. 

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On repart après un bon repas pour enchainer les pentes jusqu’à la fin de journée. On demande à planter notre tente dans la cours de l’école d’un petit village. Dans cette région, plusieurs cyclistes campants dans la nature se sont fait délogés par des sortes de milices de surveillance armées, parfois en pleine nuit. Ils les amenaient jusqu’à l’hôtel le plus proche soit disant par souci de sécurité. Au moins là où nous sommes, ils ne viendront pas nous chercher. De toute manière on est tellement crevé par cette dure journée qu’on n’est pas sûr qu’ils réussiraient à nous réveiller, même en tirant une rafale de kalachnikov devant notre tente. 

Les gamins viennent nous observer monter notre bivouac avec des yeux pleins d’étonnements. On joue un peu avec eux, quelques grimaces, mais on a plus la force de leur courir après!  

Le lendemain, même programme que la veille, on grimpe, on grimpe, on grimpe. Mais dans la brume qui ne semble pas vouloir se lever.

Alors que nous nous tâtions pour nous arrêter pour manger, on passe devant un village typique de bord de route. Les maison en bois sont alignées le long du bitume et une effervescence s’en dégage. Une fête de village sans doute. On est invité à s’arrêter par un monsieur qui nous installe et nous sert une soupe avec des morceaux d’abats.

Pour faire passer le tout, on nous amène un verre de bière. Puis deux verres de bière, et hop, 3 et ainsi de suite. On comprend qu’il s’agit d’un mariage, d’ailleurs les mariés passent nous voir avec un plateau où sont posés une bouteille de bière et un paquet de clope. En gros, tu leurs donnes un peu d’argent et en échange ils te versent un verre de bière à boire cul sec et te file une clope. 

On discute avec Sid, qui parle un peu l’anglais, il vit ici avec son père (qui nous sert bières sur bières) et sa mère. Ses 4 frères sont tous partis dans l’armée. 

Un vieux monsieur trinque également avec nous, il a la bougeotte et nous invite à le rejoindre sur une piste de danse qui n’existe pas. Porté par les vapeurs d’alcool, je me lance et enchaine quelques chorégraphies entre les tables avec mon alcoolique heu non mon acolyte (pas Alice, le vieux monsieur, ça porte à confusion…) ! Bien ridicule mais au moins ça a le mérite de faire rire tout le monde. Alice qui se poilait bien tout en filmant la scène (la traitresse) n’échappera pas à des petits pas de danse quelques minutes plus tard.

On reprend la route avec un large sourire, c’est la 1ère fois qu’on nous invite à un mariage. L’alcool ingurgité me donne l’impression de flotter sur mon vélo, pour un peu je me croirai sur un pédalo…

Les pentes suivantes vont vite nous réveiller. On termine notre journée par une longue descente nous amenant dans un village encaissé, au pied d’une grosse montée que nous arpenterons le lendemain. On campe à nouveau dans une cours d’école.

La dernière journée jusqu’à Luang Prabang fut très chaude et éprouvante. Au sommet du dernier col, on croise un couple de cyclo qui nous souhaitent bonne chance pour trouver une Guest House. C’est le nouvel an chinois, les hôtels et Guest-House sont prises d’assaut par les touristes Chinois profitant des vacances pour visiter le Laos. 

Petit Nota Bene : je risque d’écrire Guest-House très souvent dans cet article et ça me gave d’avance de marquer Guest-House donc désormais j’abrégerai Guest-House par G-H comme ça je serai moins énervé d’écrire Guest-House parce que quand même Guest-House c’est long à écrire et puis Guest-House en vrai ça veut pas dire grand chose si on traduit littéralement en français Guest-House. Donc voila finit les Guest-House dans cet article, ouf j’ai cru que j’allais en faire une indigestion de ces Guest-House heureusement que j’ai eu cette idée de génie de mettre G-H à la place de Guest-House!

 Quand on arrive en Ville… 

En ville, nous croisons pleins de backpacker arpentant les rues à la recherche de l’oiseau rare : un endroit pas trop excentré et pas cher. On finit par trouver une G-H pas trop mal avec quand même une chambre double sans fenêtre pour 20$ et un lit en dortoir trop petit pour Cyril, avec en prime ses pieds sur l’oreiller du voisin pour 7$ (soit le prix habituel d’une chambre la dernière fois que nous étions là…). 

On se donne rendez-vous avec Nicolas et Gökben un couple en vélo couché (frogs on wheels) avec qui nous sommes en contact depuis bien longtemps et qui sont en ville depuis quelques jours déjà. Je m’empiffre d’un excellent buffet à volonté pour l’équivalent d’1€50, qu’on avait déjà testé lors de notre 1ère venue à Luang Prabang. Ce buffet, j’en rêvais depuis des jours.

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On a les jambes sciées mais on trouve la force d’aller écouter un peu de musique acoustique dans un bar du centre ville.

Marathon de transport en commun.

Le lendemain, on se balade un peu et on se détend devant une bonne bière face au Mékong. Alice croise une cycliste hollandaise, Janneke qui cherche un logement. Le coeur plein de bonté, Alice lui indique notre G-H en espérant qu’il y a encore de la place. Janneke finira par planter sa tente dans la cour. Ce détail peut paraitre anodin mais il aura des conséquences pour nous 3 jours plus tard.

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On grimpe au sommet d’un temple bouddhiste qui surplombe Luang-Prabang pour admirer le couché du soleil. On se retrouve en compagnie d’une bonne centaine de personnes, on se croirait dans un concert, il y a même des minis gradins.

Dans la soirée, je dois prendre le bus de nuit pour ramener le vélo de Cyril au magasin de Vientiane puis reprendre le 1er bus qui retourne à Luang Prabang le lendemain, easy. 

Mais bien sûr, il fallait quelques contre-temps sinon c’était pas vraiment drôle. Arrivé à 5h du mat à la gare de Vientiane, j’effectue les 16 kilomètres qui me sépare du centre ville avec la frontale comme éclairage. Je m’arrête au marché histoire de flâner et de manger un truc. 8h, je me poste devant le magasin de vélo, personne. Je vais prendre un café et reviens une petite heure plus tard, toujours pas ouvert. Le chauffeur de touktouk garé juste en face du magasin me dit qu’il n’ouvre qu’à 10h aujourd’hui. Je poireaute devant son magasin sans succès. 

Le chauffeur de touktouk revient vers moi et me dit qu’il n’ouvrira peut-être pas ce matin. C’est bien beau tout ça mais j’ai un bus à prendre moi! Je prend les choses en main et relève le numéro de téléphone inscrit sur la porte du magasin et appel avec le combiné du resto d’à coté. Pas de réponse.

Je préviens Alice par mail de la situation, elle essaye également de le contacter et réussit à l’avoir. Il avait décidé de ne pas ouvrir aujourd’hui, sympa de ne rien avoir indiqué sur la porte du magasin. D’autant plus que quand nous avions loué le vélo on avait convenu de le retourner à cette date…Bref il est arrivé en catastrophe, un peu ivre et ne s’est pas excusé pour autant. Quand je lui demande s’il peut me conduire à la gare pour que je puisse attraper le bus de 13h, il me répond que se n’est pas sur sa route, la grande classe merci monsieur Lao Bike ! 

J’arrive tout de même à l’heure pour le bus mais manque de chance, il est plein. Je dois donc attendre celui de 16h dans le hall de gare sous une chaleur suffocante. Une fois dans le bus, je me rend compte qu’il n’a pas de clim, je suis à deux doigts de me noyer dans ma propre transpiration. Je finis par rejoindre Luang Prabang à 3h du matin épuisé, après plus de 24h de marathon bus, conclusion: le vélo c’est plus rigolo!!!

Pendant ce temps là, à Luang Prabang, c’est plus cool… 

Se faire virer d’une Guest House en plein nouvel an chinois ? Challenge accepted ! 

La chambre que nous occupions était réservée pour le reste de la semaine. Alice, la veille de mon retour avait réservé deux lits en dortoir. A son réveil, elle demande confirmation, c’est ok, jusque-là tout va bien. Deux filles en sac-à-dos attendent dehors alors que la G-H est pleine, bizarre mais bon comme la gérante a déjà entassé des clients dans la cabine de l’accueil en mettant des lits, plus rien ne nous étonne.   

Je me lève vers 10h bien décalqué mais on doit replier bagage pour aller dans le dortoir. Enfin c’est se qu’on pensait car en prennent le petit-déjeuner dans la cour, la gérante vient nous voir.

  • la gérante : « vous avez une tente ? »
  • Alice « Oui pourquoi ? »
  • « vous pouvez camper dans la cour! »
  • Alice : « euh pardon? on avait réservé les dortoirs! »
  • la gérante : « il n’y a plus de place dans les dortoirs, tout est plein en ce moment »
  • Alice: « je vous ai demandé confirmation encore ce matin et vous m’avez dit oui. »  

En gros elle a fait du surbooking et ayant vu Janneke planter sa tente sans problème, elle sait dit qu’elle pourrait faire de même avec nous. Seulement voilà, moi je suis crevé et dormir dans une tente sous le soleil s’est impossible, je risque de me transformer en poulet rôti. Le terrain est en bêton, en pente et ça pue les égouts la nuit. De plus, la manière cavalière dont elle nous a annoncé la nouvelle ne nous plait pas du tout. On lui explique tout cela calmement et on accepte de dormir en tente à condition de ne rien payer, après tout c’est pas de notre faute si elle a surbooké sa G-H. Elle refuse et veut nous faire payer un petit quelque chose. On est dépité, elle nous dit que si on veut le dortoir, elle va s’arranger mais le prix a augmenté depuis hier, tout les autres G-H sont pleines et augmentent aussi leur tarif… Ben voyons. On hésite, on ne sait pas trop quoi faire, elle n’attend pas notre décision et s’en va sans rien nous dire de plus. 

On se décide à finalement à dormir en tente, ça nous fera des économies, de toute manière on quitte Luang Prabang le lendemain pour prendre un bateau direction la Thaïlande. Alice retourne à l’accueil pour lui faire par de notre décision, mais la gérante ne lui laisse pas l’occasion de parler. Elle est au téléphone et lui dit de patienter. Une fois le combiné raccroché, elle annonce à Alice que les dortoirs sont libres. Ah mais c’est gentil mais on n’avait rien décidé nous, on veut dormir sous tente nous. Là le ton monte, car le prix de la tente augmente. Alice lance la menace ultime du « on vous fera de la mauvaise pub sur trip advisor et on écrira sur notre blog super lu par la France et les francophone du monde entier nananananèreuuu ». La gérante panique et décide tout bonnement de nous virer de la G-H avec une logique tout à elle. Si on fait de la mauvaise pub, on n’est pas les bienvenus ici. M’enfin madame, si tu nous vires, on fera encore plus de la mauvaise pub ça parait logique non?!!! Alice tente de calmer le jeu m’appelle pour que je vienne l’aider à raisonner la gérante. Je m’énerve à mon tour et elle appelle par téléphone son mari à la rescousse. Il arrive fier comme un coq et nous prend d’un air dédaigneux en faisant un geste de la main pour nous dire de dégager. Sympa pas comme tout.

On est super énervé et surtout, on a plus de logement, la gérante au passage nous dit qu’on trouvera rien en ville, tout est plein. Petit moment de panique. 

En fait on trouvera une autre G-H à quelques rues de là et pour moins cher en plus. Et toc. Pour se remettre de nos émotion nous partons aux cascades pour nous rafraichir, vous vous souvenez, ces mêmes cascades ou Alice c’était foulé la cheville un mois plus tôt en sautant d’un tronc d’arbre dans l’eau. C’était toujours aussi joli mais remplit de monde et du coup moins charmant. Puis comme cette fois on y est allé avec une agence, le temps sur place est compté. Cyril découvrira avec horreurs les petits poissons qui viennent te mordre les croutes des pieds et nous partagerons ensemble l’idée que c’est vraiment bizarre de payer pour ce moment désagréable en institut…  Au retour, massage pour Cyril et Alice pendant que je répare une crevaison sur mon vélo. Décidément, je suis abonné aux mauvais plans. Bon et finalement, au pays du boudhisme, on retrouvera notre sang froid et on ne fera pas de mauvaise pub à la guesthouse parce qu’on s’en fout un peu, c’est pas vraiment grave, et que c’est surtout des soucis de compréhension tout ça… Mais du coup, la gérante a du se dire que sa stratégie d’expulsion avait été drôlement efficace ! 

Voilà pour nos petites aventures bicyclétales au Laos avec Cyril. La suite de nos aventures à 3 nous emmènera par les flots jusqu’en Thaïlande… Dans un prochain épisode ! 

4 réponses à “De Vientiane à Luang Prabang: c’est karstiquement beau!

  1. Merci ben🐼🦍🐿🌏vous avez tous bien assuré mais toi tu sais dire gH et faire des trucs durs avec gentillesse.bravo et merci pour ce reportage super illustre ,et c est bien sur un pays singulier et pas évident.on s est régale de ce reportage des plus vivants, a bientôt prenez bien soin!

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  2. Coucou ! A mon tour de suivre votre blog. Vous accompagnez mes soirées de déplacements professionnels seule au restaurant.
    Merci de continuer à me faire voyager et de me faire découvrir l’Asie 🙂
    A la prochaine et profitez bien car la routine revient extrêmement vite au retour.
    Bises d’une breizhilienne à Paris 😉 Kenavo !

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  3. Merci pour votre beau récit j’aimerais beaucoup visiter le Laos nous sommes un couple de 58 ans es ce un pays sécuritaire et les gens du Laos aiment til les québécois merci

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