On se la coule douce de Luang Prabang à Chiang Mai

Au rythme lent et balancé du Mekong

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Nous entamons ce matin une nouvelle phase du voyage à 3, celle de backpackers, avec en guise de sac à dos deux gros vélos de 20kg chargés de 35 kg de bagages. Pratique. En fait, on ouvre cette nouvelle phase à 4, avec Janneke, qui se joint à nous pour ces deux jours en bateau. Elle doit faire des compromis pour rejoindre à temps la Birmanie, avant l’expiration de son visa. Le chargement est super facile (nos vélos sont installés sur le toit sous nos yeux inquiets) et le bateau plus confortable que prévu, avec d’anciens sièges auto en guise de banquette.

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Mais avant de partir, Benoit se paye le luxe d’une petite cascade, histoire de bien marquer aux yeux du monde entier que Pierre Richard, maintenant, c’est lui. Le bateau est une grande et longue barque motorisée, surélevée à l’avant et à l’arrière. Les banquettes entourent une allée centrale. Et dans cette allée centrale il y a la cale du bateau, ouverte au moment de l’embarquement pour y charger les bagages. Quand j’embarque, j’avoue remarquer un peu au dernier moment le trou béant devant moi et me féliciter de le contourner ! Je me retourne, et je demande à Ben quelque chose, persuadée que lui il a vu le trou. Et c’est un moment digne d’une séquence de smash de Jeanne et Serge qui se déroule alors : j’ai l’impression de voir Benoit faire un grand pas dans le trou pendant un laps de temps infini qui me laisse le temps de penser « non, il va pas le faire. Merde, j’aurai pas dû parler alors qu’il y avait le trou, Non, non il va pas faire ça, j’aurai dû le prévenir, merde il va pas marcher directement dedans, mais si ça y est, oh meeeeeeerde ! » mais la seule chose qui sort de ma bouche c’est un cri strident et paniqué qui réveille d’un coup tout le bateau qui complète d’un cri collectif plus étouffé type « hoooo ». Et Benoit est au milieu de la cale, miraculeusement sur ses deux jambes, avec de part et d’autres des belles poutres métalliques qui l’enserrent. Quelques passagers viennent s’enquérir de la situation mais pas de trousse à pharmacie pour désinfecter la petite plaie sous son genoux. Finalement plus de peur que de mal, un bel hématome et la peur de bousiller le genou gauche bêtement… Bon, je l’appelle petite plaie mais si Benoit vous le raconte un jour, il vous expliquera sans doute comment il a survécu a une fracture ouverte sur une barque naviguant sur le Mékong. Sachez que nous parlons bien de la même histoire, tout est une question de point de vue.

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La journée passe très doucement sur le bateau. On lit, on dort, on dessine, on joue aux cartes, on profite du paysage. 9h après le départ, on arrive à Pakbeng, ville étape, qui semble avoir fait de l’accueil des voyageurs en bateau sa principale activité. Restaurants, guesthouses, alcool à gogo et plus sans doute. Les fêtards peuvent être rassasiés même en escale. Bon, on ne vous cache pas qu’on a pas craché sur les shooters de whiskies offerts au restaurant ni sur quelques bonnes bières pour trinquer à nos vacances à 4 !

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Le lendemain matin, embarquement dans un nouveau bateau, moins confortable avec ses sièges en bois, mais tout aussi lent et propice à la contemplation. On apprécie la balade lente et sans efforts, mais c’est aussi un peu long à force. Arrivés à Houaxai, on s’installe de nouveau à 4 dans une guesthouse et on part en ville partager notre dernier repas avec nos derniers kips. Qui en fait sera loin d’être notre dernier repas ensemble et c’est tant mieux !

No man’s land

Au petit matin, on se lance en vélo à 3, Ben, Janneke et moi en direction de la frontière pendant que Cyril attend son Tuk Tuk. Timing parfait, on y arrive en même temps. Côté Laotien, on nous prend nos passeports et on nous presse à aller charger les vélos dans le bus qui traverse le pont de l’amitié entre la Thaïlande et le Laos en attendant qu’ils soient tamponnés. Pont qu’on ne peut franchir qu’avec un véhicule motorisé pour une raison mystérieuse… des cyclistes aventuriers auraient-ils tenté de vivre dans le fabuleux no man’s land, sous le pont, du fruit de leur pêche dans le Mekong ?  Cette règle n’a sans doute rien à voir avec le fait que le prix des 3 minutes de bus est de 20 Baths par personne et 100 Baths pour les vélos… Ne soyons pas mauvais esprit. Après avoir renoncés à charger nos vélos dans l’allée du bus comme ils l’envisageaient initialement, les chauffeurs nous demandent de les démonter le plus possible pour les charger dans les soutes minuscules. On a les nerfs de devoir enlever les sièges et dévisser le guidon pour faire 2km en bus. Une fois l’opération de chargement terminée, il faut encore qu’on récupère nos passeports. Nous en avons deux chacun puisqu’on les a fait refaire à Vientiane (cf épisode de loose précédent). On nous avait bien prévenu, le douanier Laotien doit tamponner le nouveau passeport pour signifier notre sortie, et pas l’ancien, sinon on ne sera pas accepté en Thaïlande. Evidemment, on arrive au guichet, et il nous tend tout fier les deux passeports avec l’ancien passeport tamponné. Je lui explique qu’il nous faut le tampon de sortie sur le nouveau et lui il m’explique que c’est trop tard, il ne peut pas faire un nouveau tampon… Le con… Le bus klaxonne, il va partir avec toutes nos sacoches et nos vélos, on lâche l’affaire et on saute dedans, enfin on escalade plutôt puisque les chauffeurs ont quand même décidé de mettre le vélo de Janneke dans l’allée…

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2min 50. Sortie du bus, on remonte tout. La douanière Thaï joue l’exception qui confirme la règle : pas un rictus d’amabilité au fameux pays du sourire. Elle prend mes deux passeports. Me regarde d’un air grave et agacé, et me dit que le tampon de sortie devrait être sur le nouveau passeport. Oui, je sais. Put… c’est pas vrai, ils vont vraiment nous faire ch… pour un tampon de m… Voilà exactement ce que j’ai en tête à ce moment là. Je tente la méthode «  Mathias » le cycliste allemand ultra optimiste croisé en Asie Centrale, sourire et confiance en soi, je lui explique que le douanier Laotien a refusé et que je n’y suis pour rien. Failed. La méthode demande sans doute plus d’expérience… La douanière contrôle mon passeport page par page. Et évidemment tique sur la belle photo voilée de mon visa Iranien. Elle décide d’appeler son supérieur et nous met à l’écart. Cyril et Janneke sont pendant ce temps là brillamment admis en Thaïlande ! Après un contrôle méticuleux de toutes les pages, le supérieur appelle un autre supérieur qui nous demande de le suivre ! Chouette, on est en Thaïlande, mais au bureau des douanes… Le supérieur donne nos passeports à un autre supérieur, assis à un bureau. Il met fin à son skype familial, les regarde attentivement et conclu comme tout le monde avant qu’il y a un soucis. Long soupir. Il appelle quelqu’un et reprend la lecture de nos passeports. Puis se lève, range son bureau, sort une trousse de toilette et enferme nos passeports dans un tiroir… oh merde, on va dormir là… ouf, sauvé par le gong, son téléphone sonne, il se rassoit, rentre sa trousse et sort nos passeports. En raccrochant, il les montre à un autre officier dans la pièce qui vraisemblablement en arrive à la même conclusion. Il y a un problème avec le tampon. MAIS PUTAIN LES GARS CE N’EST QU’UN TAMPON QU’EST CE QUE ÇA PEUT BIEN VOUS FOUTRE QU’IL SOIT SUR UN PASSEPORT OU SUR L’AUTRE DU MOMENT QU’IL EST LA ET QU’ON PEUT LE PROUVER PUISQU’ON A LES DEUX PASSEPORTS !!!!!! ça c’est ce qui se passe dans nos têtes. Mais en apparence, nous sommes complètement léthargiques, afin d’éviter tout ce qui pourrait ressembler à la crise de la GH de Luang Prabang. Entre alors une dame à la veste verte kaki encore plus décorée de galons que ces messieurs. Nouvelle inspection des passeports. Nouveau coup de fil. Nouvelle inspection des passeports. Nouveau coup de fil. Discussion avec le supérieur numéro 4, celui à la trousse de toilette, puis transmission des instructions au N°3 celui qui nous a emmené dans le bureau. Celui-ci prend nos passeports, un stylo et un bout de papier, écrit un nom et nous dit « allez à la frontière du Laos, et demandez cette personne elle va vous faire un tampon… ». Je lui demande alors, dans un élan de radinerie et de mauvais esprit, comment on doit se rendre à la frontière. Il me dit « avec le bus ». Je lui dit qu’on a rien pour payer le bus. Faut pas exagérer, c’est eux qui nous coincent avec leurs bêtises et nous on doit repayer le bus aller-retour. On nous fait rassoir. Benoit est à deux doigts de m’étrangler. Numéro 3 parle avec Miss Kaki. Je me relève pour dire que c’est bon, on va trouver une solution pour prendre le bus, mais il me dit « non, non on s’en charge ». Et en effet, un mec arrive, nous embarque en voiture, nous conduit à la douane Lao, nous fait monter, assoir dans les bureaux, cherche le fameux mec dont le prénom est sur le papier, lui explique le problème, et en 15 minutes, nous avons le bonheur d’entendre le tampon frapper notre nouveau passeport après une nouvelle inspection ! Finalement, heureusement qu’on s’est fait accompagner, je pense que sans cela on aurait passé la matinée à arpenter les couloirs avec notre papier. Benoit ne peut que l’admettre… De retour en Thaïlande, nous sommes de nouveau conduits au bureau de la douane qui nous conduit au guichet où nous avons été intercepté deux heures plus tôt. Dix minutes d’attente plus tard et enfin, nous sommes officiellement en Thaïlande ! Par contre on a loupé le bus direct pour Chiang Mai et Janneke, sympa, est restée avec Cyril en nous attendant alors qu’elle a plus de 100 km à pédaler aujourd’hui !

Funky bus

On se donne rendez-vous à la gare routière, où Cyril va en taxi et nous en vélo. Sauf qu’il y en a plusieurs et on met environ 45 minutes à le retrouver. Il est midi, on partage un repas ensemble au marché avec Janneke et on se donne rendez-vous à Chiang Mai d’ici quelques jours. Nous embarquons dans un petit bus local folklorique en direction de Chiang Rai, à 130 km et 3h30 de là, nos vélos accrochés au toit…

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A Chiang Rai, on décide de filer directement à Chiang Mai où se déroule la célèbre fête des fleurs. On attrape donc le bus de 18h et c’est parti pour 3h30 supplémentaire. On avait réservé une chambre à Chiang Mai pour éviter la déroute de Luang Prabang, en période de fête. Quand nous rejoignons enfin notre guesthouse, la petite dame qui en est la propriétaire est bien gênée car elle ne trouve plus notre réservation… Du coup, ce sera chambre double confortable pour Ben et moi et petit lit dans un dortoir au deuxième étage et toilettes au Rez de Chaussée pour Cyril qui est ravi ! Malgré la fatigue, on fait un tour d’horizon du quartier pour trouver un restaurant sympa où manger. On atterrira au bus bar, qui comme son nom l’indique est un bar d’extérieur composé de plusieurs vieux bus mis au rebut. C’est très sympa et ça deviendra notre QG bière fraiche à Chiang Mai.

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les amoureux du riz sauté en portion XXL

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ça s’appelait « crevettes au citron ». J’avais pas vu ça comme ça. Ben était très jaloux !

Les fleurs en fête à Chiang Mai !

Le lendemain, on se lève aux aurores pour assister à la parade de la fête des fleurs. Les chars défilent, entourés de personnes en costume, de fanfares, de danseurs. C’est parfois kitsch, souvent magnifique. Les chars sont pour beaucoup dédiés au roi décédé cet automne, adoré de la population, et dont le deuil national est toujours en cours.

Je ne me lasse pas d’assister au spectacle de 8h30 à 11h30 alors que mes deux acolytes masculins commencent à se sentir défaillir au 51e char sous le soleil brûlant de la fin de matinée. Une dame offrira même une glace à Benoit qui jouait avec son fils !

Attention cher lecteurs : Ce diaporama est vivement déconseillé à tous les allergiques aux costumes, aux fleurs, au kitsch, et couleurs flamboyantes… Je me suis un peu lâchée sur le déclencheur, l’overdose est probable… 

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Dans l’après-midi, on se promène et on visite la Ville.

J’ai la lumineuse idée de proposer qu’on aille faire la sieste au parc… qui est justement l’épicentre de la fête des fleurs ! C’est encore le stade au dessus du spectacle de ce matin : des bonsaïs, des centaines d’orchidées gigantesques, des fleurs dont je ne connais pas le nom mais dont j’apprécie les formes et les couleurs, des compositions florales aux couleurs folles et chaleureuses, je ne sais plus où donner de la tête et j’avance pas par pas. Benoit et Cyril savent où donner de la tête. Ils la pose entre leurs mains quand ils m’attendent assis sur le bord du trottoir.

Même avertissement, allergiques aux fleurs, passez votre chemin… 

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Finalement je tiens ma promesse et on trouve un coin ombragé pour une sieste bien méritée.

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Le soir, on ira en Tuk Tuk au saturday night bazar, un des multiples night bazar de Chiang Mai, proche du parc de la fête des fleurs. On y va surtout pour gouter à tout aux petits stands de rue.

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Comme on est samedi soir, on aimerait bien trouver un bar avec une ambiance sympa. On en repère un pas loin de chez nous, qui propose de la musique Live tous les soirs. Pour le coup, l’ambiance est loin de ce qu’on avait imaginé : tout le monde est assis en rang d’oignons face aux musiciens, seule une jeune fille d’un âge certain danse en se trémoussant, visiblement enivrée par quelques bières offertes par un vieux crado qui la reluque du coin de l’oeil. Le groupe est composé de petits jeunes qui reprennent des tubes des années 80 et 90, en se servant d’un mouchoir pour tenter de rendre leur voix un peu plus électronique. Cette technique a son petit effet sur le couple de sénior devant nous qui retrouve une deuxième jeunesse, se séparant momentanément des coussins gonflables installés sur leur chaise pour onduler follement au rythme endiablé de « rising my bell ». S’en est trop, on retourne au bus bar, où l’ambiance est la limite du Chill Out. Pas de soirée endiablée pour nous en ce samedi soir.

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Chiang Mai, la ville qui compte presque autant de temples que d’habitants.

Dimanche, jour de détente, de réflexion sur la suite du programme et de visite de la Ville.

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Voilà les vrais tuks tuks !

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Salle de gym version monastique

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This a men’s world… 😦

 

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Et bien sur, la journée se termine sur une note gustative légère et locale… Du tourisme éclairé et responsable on vous dit !

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Y’en a un que tu n’aimerais pas croisé à la nuit tombée dans la forêt…

Disney Land version Buddha

Le lendemain, tournée des agences pour définir le programme d’activité de la semaine. Et retrouvailles avec Janneke qui a bouclé les 350 km en 3 jours ! Pour elle, le programme est moins fou puisqu’elle doit remplir les formalités de demande d’un visa Chinois. On décide d’aller ensemble visiter temple Wat Doi Suthep qui offre une belle vue sur la ville. Si le temple est décevant tant il ressemble à une attraction de Walt Disney la vue est quant à elle très belle.

Ce soir on est raisonnables et on mange au marché !

Le lendemain, on s’offre un nouveau massage, et cette fois Benoit est de la partie. On va dans le petit salon accolé à notre GH, et on est de suite installés dans une petite pièce avec 3 futons accolés. Comme ça, on peut vivre en direct la souffrance des autres quand le masseur tire les doigts de pieds, appuie de tout son poids sur les cuisses, t’enfonce ses doigts sur les vertèbres et tape dessus avec la tranche de ses mains. A la sortie, on ne sent pas vraiment mieux, Benoit a carrément plus mal qu’avant.

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On choisit un restaurant qui sert des Ribs de porc géants, et propose un menu spécial « early bird », des prix réduits pour les gens qui mangent tôt, les petits vieux comme nous. Cyril flaire l’arnaque et réussit à faire admettre à la serveuse que le ribs proposé dans le menu « early bird » est finalement plus cher que celui proposé plus tard dans la soirée… La démonstration ne la perturbe pas plus que ça 🙂 Cyril et moi termineront le repas avec deux cheesecake d’anthologie, au caramel et au potiron. Il fallait bien ça pour se préparer à la randonnée dans la jungle qui nous attendait le lendemain.

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Les pieds Nickelés dans la jungle

On avait réservé un tour en groupe mais finalement on se retrouve à 3, personne d’autre n’étant motivé pour une randonnée sur deux jours près des montagnes de Doi Ithanon sans lavage d’éléphants, sans radeau en bambou, sans femmes au long cou. Bref, que de la marche…

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Le chapeau pour faire barrage aux toiles d’araignées

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Peck, notre guide, est un habitant du coin. Il a grandit ici et connait tout. Il nous raconte plein d’anecdotes, nous montre toutes les curiosités animales et végétales sur notre passage, nous éclaire sur la culture Karen, son éthnie, qui peuple ces contrées. Au final, si la randonnée n’est pas spectaculaire, il la rend fort agréable.

Il nous fait surtout beaucoup rire, car il est ultra dynamique, va dans tous les sens, aime faire des blagues et rire à gorge déployée, mais surtout… il a@rrache un peu de tout sur son passage pour nous le montrer. Et hop, avec telle herbe tu fais un appeau, et hop avec telle feuille tu fais un chapeau, et hop la jolie fleur, et hop un collier à base de plantes grasses.

On se dit que si il accompagne des groupes comme nous quotidiennement, il ne faut pas s’étonner de la déforestation progressive de la jungle… Non c’est pas vrai, on a même fait un détour pour éviter de perturber un bébé araignée.

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Peck ouvre la marche mais il y a un petit soucis… il est tout petit. Et nous, 1m71, 1m80 et 1m83 derrière. Donc celui qui suit Peck est celui qui se mange en pleine tête les toiles d’araignées. Dès le départ, Ben flaire le mauvais coup et traine à l’arrière. C’est donc entre Cyril et moi que la lutte pour se maintenir à la 3e place bat son plein. Et en exercice de désensibilisation à la phobie des araignées, je me mangerai une belle toile dans les cheveux, tellement collante que Ben me la retirera avec un bâton comme une barbe à papa.

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La feuille de bananier c’est pour l’échelle.

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L’antre de l’araignée…

Le soir, baignade dans la cascade en guise de douche, puis soirée au coin du feu et festin délicieux préparé par le beau-frère et la soeur de notre guide. Lui aussi guide. De toute façon, au cours de la randonnée, on se rendra compte que toute la famille (immense) de notre guide profite (dans le sens positif du terme) du tourisme. Ça rend l’expérience d’autant plus agréable.

Au soir du 2e jour, on se quitte et on embarque dans la voiture qui nous ramène à Chiang mai, les jambes bien lourdes.

Les agences ont la manie d’utiliser des pick-up avec des bancs latéraux dans la benne arrière où tu peux entasser 10 personnes. C’est ultra inconfortable mais ça donne un côté Indiana-Jones-part-dans-la-jungle qui doit beaucoup plaire. On retrouve Janneke pour la soirée mais papi et moi nous nous  couchons tôt car la journée du lendemain promet d’être intense.

Lara Croft et Lara Clette sont sur un bateau…

En effet, nous avons réservé une activité Kayak ! On ne nous arrête plus ! On avait réservé un circuit qu’on était visiblement les seuls à vouloir faire, du coup les moniteurs blasés nous en ont dissuadé à grand arguments « y’a plus assez d’eau » « si vous aimez pousser le kayak c’est ce qu’il vous faut » « c’est moins beau » « il y a des requins » et nous voilà intégré à un groupe de 12 personnes… Parmi ces 12 personnes il y a :

  • Lara Croft : une plantureuse jeune demoiselle dont le tour de poitrine dépasse celui de mon fessier. Et dont le fessier est plus rebondit que mon tour de poitrine. Bref, LA fille que tu as envie de détester injustement par excès de jalousie, et d’autant plus quand en introduction elle se décrit comme « vegan, car c’est mieux pour ma santé et pour le respect des animaux… ». Bref, le stéréotype de la fille parfaite, avec des convictions en plus. Je ne pourrai pas m’empêcher d’avoir un petit rictus de plaisir quand elle se retournera comme une bouse au lancement de son kayak dans l’eau.
  • La championne de Kayak. Tonique, musclée, tatouée, cheveux courts, elle pointe nerveusement et frénétiquement le doigt vers le haut quand le moniteur demande « qui a déjà fait du kayak ». Et de nouveau quand il demande « qui veut un kayak un peu plus technique ». Elle est ultra sûre d’elle et veut en découdre avec les rapides. A la place des rapides, elle aura le droit à un carambolage avec Lara Clette qui manquera de la faire tomber à l’eau.
  • Monsieur Muscle. C’est l’équivalent masculin de la championne de kayak. Gopro en plus. Gopro avec problème de batterie en plus. Ben oui, filmer toute la journée ta descente en kayak à deux kilomètres à l’heure sur les eaux calmes du nord de la thailande, ça épuise tes fans et ta batterie. Du coup, il n’arrête pas de faire des pauses pour en changer. Il n’a pas qu’une batterie dans son sac.
  • The couple. Un petit couple fort mignon et amoureux sur le banc de la voiture à l’aller, collé-serré, yeux dans les yeux, discussions passionnées. Ce sont les seuls à avoir choisit un kayak double. Et à peine embarqués à deux sur les flots, madame se transforme en furie hargneuse et destructrice, n’arrêtant pas de lancer des jurons en hébreu à son cher et tendre qui ne lui répond pas plus aimablement. Ils se plantent, tournent en rond, restent coincés sur les cailloux, sous le regard amusé du moniteur. Me voilà rassurée, il n’y a pas que moi qui soit victime de ce phénomène de démence si tôt que je me trouve avec quelqu’un dans une petite embarcation.
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Cyril au second plan dans son Kayak Pro

Aujourd’hui je me débrouille seule et ça me va fort bien. Je crois d’ailleurs que c’est la première fois de ma vie que j’apprends vraiment à manoeuvrer un kayak car jusque là, je pagayais à gauche pour tourner à droite et inversement. Le moniteur m’explique que c’est l’inverse et il me faut une bonne heure pour intégrer le principe dans ma tête et m’exercer à la maitrise de la droite et de la gauche. En attendant, je me plante dans les buissons, sur les rochers, sur les bords d’eau. Ben lui se débrouille parfaitement mais traine à l’arrière du peloton pour « s’économiser » dit-il. Cyril a levé le doigt en même temps que Mr Muscle et la championne de Kayak, il a donc le droit a un Kayak pro et malgré le fait qu’il soit un peu trop petit pour ses jambes (il n’est décidément pas aux dimensions asiatiques…) il lui rend parfaitement honneur… Mais préfère s’aligner posément avec Benoit histoire de ne pas s’épuiser à la tâche, malgré le fait que Lara Croft fait tout pour rester en tête auprès du moniteur et espère ainsi faire oublier sa gamelle au démarrage. Les paysages sont magnifiques et je prends vraiment goût au kayak. Pourquoi pas un jour un peu de rando-kayak ? A creuser donc…

Bon, mais qui est donc cette Lara Clette qui a presque fait chuter la championne de Kayak ?

Dans le programme de la journée, une pause baignade est organisée dans un endroit assez peu propice et surtout remplit de brulis. Mais bon, puisque c’est dans le programme, tout le monde se prête au jeu et enfile son maillot de bain.

Benoit à Alice qui se dirige vers le lieu de baignade : « stop, reste là, bouge plus ! »

Alice : « pourquoi ? »

Benoit : « Parce que comme ça on a Lara Croft et Lara Clette côte à côte !!! »

Alice : « … »

Il a complété par « ou Lara Croft et Lara Croûte, comme tu préfères ! ».

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Alice TRONC

A la fin de la journée, on a les bras en feu, je suis aussi mobile qu’un tronc d’arbre : des courbatures dans les bras et les jambes, raide comme un piquet. Je tente d’exécuter le moins de mouvements possibles pour me mouvoir. Mais comme c’est la dernière soirée de Cyril parmi nous, on rejoint Janneke et son ami Thaïs au night market où on dévore grillades, rouleaux de printemps, hamburgers, selon l’envie de chacun, autour d’une bonne bière. Un arrêt au bus bar, et on rentre profiter de la terrasse de toit de la guesthouse. Enfin pas longtemps pour Ben et moi qui avons de plus en plus de difficulté à rester droit dans ce corps qui ne demande qu’à s’affaler… J’échappe de peu à une intoxication alimentaire qui mettra K.O Janneke et Thais, alors que j’avais pris comme eux des rouleaux de printemps, mais pas au poulet. Ouf !

Au matin, dernier smoothie mangue et petits pains, puis massage à l’huile cette fois au centre ville. Le massage à l’huile est déjà plus agréable que le massage Thai traditionnel, « à sec ». Mais l’étirement un peu forcé de mon petit doigt de pieds me laisse encore des séquelles aujourd’hui…

Cyril embarque dans le train qui le ramène de nuit à Bangkok d’où son avion décolle le matin même. Tout ça est très serré mais on est optimiste. Et il s’en est fallut de peu qu’il rate l’avion, après deux heures de retard du train.

Ça nous fait tout bizarre de nous retrouver à deux. J’ai été vraiment heureuse de pouvoir faire partager notre vie à vélo à mon frère, même si j’ai été très inquiète que ça ne lui plaise pas ou que ses craintes de ne pas y arriver soient fondées et qu’il garde de ses vacances un mauvais souvenir. Du coup, je me suis un peu mis la pression pour que tout se passe bien, et ça s’est finalement bien passé sans que je n’y sois pour rien ! Et la deuxième partie de vacances, en « vélos sur le dos » a été l’occasion de faire « autre chose » et de découvrir autrement la Thailande et la région de Chiang Mai. De manière très détendue. De vraies vacances quoi ! J’ai vraiment beaucoup aimé le Kayak et si Cyril n’avait pas été là, on aurait sans doute pas passé le pas !

Il est maintenant temps de penser à la suite. Mais avant de partir, on s’offre un petit plaisir : un cours de cuisine Thai ! Comme on est un peu radins, on choisit l’option où seulement l’un cuisine et l’autre regarde. On partagera les plats. Nous sommes en groupe et Benoit est le seul qui ne cuisine pas. Du coup, la prof lui refile tout ce qu’elle cuisine pour l’exemple, et les autres membres du groupe lui donnent ce qu’ils ne peuvent plus manger des plats qu’ils ont préparé. A la fin du cours, il a gouté à tout et mangé plus que tout le monde réunit !

Le vente plein, nous rentrons dans notre guesthouse préférée où nous campons sur le toit… l’histoire se répète : notre chambre a été réservée mais on a mûri depuis Luang Prabang ! Plus de scandale, juste des sourires, et tout est bien qui finit bien.

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Enfin, jusqu’à demain… Parce que demain, on reprend le vélo en direction des montagnes du nord…

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Les éléphants connaissent leur métier… t’as pas payé ? Pas de vidéo !

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Les 30 ans sont loin maintenant…

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« Oh regarde ! De vrais enfants en costume ! Qu’elles sont mignonnes, vite vite une photo « carte postale national geographic » ! C’est triste qu’on soit lundi et qu’elles ne soient pas à l’école quand même… Ah mais si elles doivent y aller, écoute, elles savent dire « money, money ».

8 réponses à “On se la coule douce de Luang Prabang à Chiang Mai

  1. j’avais du retard dans les articles et je me suis régalé avec ces derniers.
    J’adore votre humour et votre regard sur les différents pays .
    Ca va me manquer quand ca va s’arrêter !

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  2. Dans l’équipe il y a maintenant
    Un lourdaud qui a du punch
    Il sait tomber avec talent
    Et son genoux est frémissant

    Le garçon qu’il aime beaucoup
    Le prend par le cou
    Et pour Ben le monde est là
    Dans les bras de Cyril, Cyril, Cyril

    Beneu et Cyrileu
    Coups de pagaie
    Bières et hamburgereu
    Beneu et Cyrileu
    Amour dès le premier pétard

    C’est amour et pastis
    La vie pour Ben et Cyril
    C’est amour et pastis
    La vie pour ben et Cyril Ouiiiiiiiii

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  3. Ravi que le voyage ait plu à Cyril et que vous ayez trouvé le bon compromis entre profiter et en baver 😉 Nous étions quand même un peu inquiets lorsque nous vous avons rencontrés entre Vang Vieng et Luang Prabang ! Je confirme que tu as du talent pour écrire et qu’on attend toujours la suite impatiemment. Nous voici au Cambodge qui nous rappelle beaucoup le Laos pour certains paysages, les sourires et pour les vagues de « hello » à chaque traversée de villages ! Dommage que nos routes ne se soient pas recroisées ; bonne découverte de Myanmar et courage pour le retour mais vous avez l’air d’avoir trouvé le moyen de bien vous réintégrer. Encore 3mois pour nous, nous commençons à y penser doucement, ca va surement être dur aussi, c’est que c’est addictif le voyage à vélo !

    Aimé par 1 personne

    • Merci pour ce commentaire enthousiaste ! Je n’arrive pas à trouver votre blog, peux tu m’envoyer le lien ? Cyril à largement tenu le choc et nous a même distancé dans les montées. On est au sud de la Thaïlande maintenant, pour les derniers km. Ou êtes vous ?

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