Quand l’hiver s’invite au printemps… qu’il fait bon retrouver les siens ! De Cologne à Colmar, c’est bel et bien le retour.

‘a On termine à deux voix : en Bleu, Benoit, en gris, Alice.

Ça vole pas haut…

Et oui les ami.e.s, il fallait que l’on termine ce si fantastique voyage par un si fantastique pays comme l’Allemagne. Ah ces casques à pointe, ces teutons, ces klein Bosch, qu’est-ce qu’ils sont sympas, une ouverture d’esprit à faire pâlir un tibétain révolutionnaire ! hé ja tu pech

L’idée d’atterrir dans un pays frontalier pour un retour tout en douceur me paraissait une chose saine à la base. En regardant les comparateurs de prix des vols sur internet on se mettait à rêver…

« Ah Barcelone la Sagrada Familia, le quartier de Barri Gotic bercé par la douce chaleur printanière de ce milieu de mois d’avril… »

Barcelone, Parc Güell : vue sur le concombre et la Sagrada Fami
« Rome la ville éternelle, le charme latin et le bon vin rouge. »

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On s’y croyait, on y était… et puis la bascule, une tâche noir sur l’écran, un truc flou à peine perceptible… Cologne, et oui Cologne cette charmante bourgade schleu…

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Alors pourquoi avons-nous choisi cette ville comme première étape de notre dernière étape du voyage?

  1. il paraîtrait que le peuple allemand est l’un des plus accueillant au monde
  2. la gastronomie allemande est raffinée, très peu grasse et équilibrée
  3. heu…
  4. je ne sais pas

Et bien figurez-vous qu’une superbe compagnie « eurowings » propose des vols très attractifs pour les voyageurs accompagnés de leurs fidèles compagnons à deux roues allant de Bangkok vers Cologne. Capitalisme quand tu nous tiens ! Pas encore en Europe et déjà on choisi les compagnies qui tirent les prix vers le bas en exploitant tout ce qui peut l’être et en se nourrissant de subventions publiques. Mais écologiquement parlant, on s’en sort mieux que d’hab, pas d’escales de Bangkok à Cologne. Ouf, on va obtenir un bon point Hulot.

Alors, « Eurowings », ça ne vous dit rien ? Aller, un petit effort, rappelez-vous…

Quelque pat dans le ciel à bord d’un A320

« toc toc toc »
C’est qui?
Ecoutes mon petit, c’est le pilote qui te parle et derrière moi il y a aussi les hôtesses de l’air, je crois même que les 150 passagers voudraient aussi calmement te parler, tu ouvres?
Je peux pas j’ai piscine
Allez fait pas le gamin ouvre cette porte, sois gentil.

Et oui, Germanwings, les petites filous ont changé de nom et mis tous leurs pilotes sous prozac. Ils se font oublier et cassent les prix pour attirer à nouveau de la clientèle, mais qui peut encore se faire avoir de nos jours ?

Nous on est pas comme ça. On savait déjà tout et on y est allé quand même la bouche en cœur. Quand tu prends un vol dit « sec » tu ne t’attends pas forcément à se que les services, les repas et le confort le soient aussi. Et bien nous si, et pourtant, ils nous ont quand même surpris. C’était le minimum de chez minimum avec une spéciale torture crache-ton-fric sortie de derrière les fagos. Je m’explique, un vol de 13 heures, forcément ça creuse, forcément nous on avait pris quelques gâteaux mais rien de conséquent.

À la place du petit dej, tu as un mini sandwich, puis plus rien et ça dure, ça dure… Les hôtesses passent et repassent avec des chariots de salades et sandwichs bien chèro. Alors on résiste, ils ne nous aurons pas, on est fort mentalement. Le repas arrive et tu as tellement faim que tu le dévores en une fraction de seconde. Bing le piège se referme, les salauds ! Technique imparable ils t’affament puis te donnent juste de quoi t’ouvrir l’appétit. On était tellement fiers d’avoir résisté jusque-là. Mais quand il s’agit de bouffe l’un comme l’autre, on manque de conviction. Et 2 sandwiches hors de prix pour les pigeons, rouuuh rouhhh.

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Arrivés à destination, nous récupérons les bagages et les cartons de vélos (avec les vélos en plus ! enfin un vélo plus les restes de mamouthou).

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En mode mécano à Cologne 

On reçoit un SMS de mes parents, mon nouveau cadre de vélo est arrivé chez eux ce matin. Mes parents ont grimpé dans la voiture direction Cologne pour nous l’apporter. On est heureux, on va pouvoir terminer notre voyage, c’est un grand soulagement pour nous.
Nous contactons nos hôtes du soir, Michel et Eireen, des warmshowers ayant pas mal bourlingué eux aussi en vélo pour leurs expliquer la situation. Ils proposent de nous accueillir tous les 4 chez eux. C’est extrêmement gentil de leur part. Michel nous donne rdv à l’arrêt de tram de son quartier. Nous on est à l’aéroport avec 2 énormes sacs de jute contenant nos sacoches et nos affaires et 2 cartons de vélos. Et c’est parti : on porte les sacs sur quelques 10aines mètres et on revient sur nos pas pour prendre les cartons de vélo et ainsi de suite. On arrive bien suant jusqu’au métro, le tram que l’on doit prendre débarque sur le quai, on est à une centaine de mètre de la porte du wagon. Petit coup de speed, une fille nous aide à entrer nos sacs, on passe tout juste.
À la sortie du tram, nous attendons Michel qui arrive en vélo. Il a essayé de trouver une voiture pour transporter nos affaires jusqu’à chez lui mais personne ne pouvait l’aider. L’idée de transporter tout un par un jusqu’à chez Michel ne m’enchante guère. Heureusement, mes parents sont arrivés et malgré des petits détours dans les rues de Cologne, ils finissent par nous rejoindre et on charge tout dans la voiture.

On passe une super soirée autour d’un repas en discutant voyage bien sûr.

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Le lendemain, nous nous rendons dans un appartement trouvé par Alice sur AirBnb. Le proprio qui vit au-dessus avec sa famille est un fan de vélo et fabrique lui même ses propres cadres. J’en regretterai presque de ne pas avoir amené mon cadre cassé de Thaïlande, il aurait peut-être pu le ressusciter. Mais bon dans l’immédiat, pour remonter les composants de mon nouveau vélo de beau gosse pas besoin de personne surqualifiée. On s’installe et avec l’aide de mon père, on s’attaque au vélo d’Alice.

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Le lendemain, on s’attaque à mon vélo. Je déballe mon nouvel engin, il est beau, il est costaux, il brille au soleil, il , il… Fred appelles moi dès ton retour stp.

On le remonte bien délicatement, c’est bête mais je ne veux pas qu’une rayure le souille à jamais. Je pars le tester, enfin je mets mes fesses dessus et je prend appuis sur mon guidon qui se devisse sous mon poids. Bon pas grave, on avait pas forcé sur les vis, il suffit que l’on ressert un peu plus. je remonte sur Mamouthou 2.0 et rebelote. Le guidon tourne. Il y a eu des améliorations entre Mamouthou 1.0 et Mamouthou 2.0 et notamment au niveau du guidon, mais de là à avoir un guidon chewing-gum…
HOUSTON HOUSTON il y a un problème, et chez les schleu de surcroit !

On analyse scrupuleusement avec mon père le vélo, on débat sur les différentes méthodes pour résoudre le problème et on choisi la solution la plus sage : on va bourinner à fond les vis pour que le guidon ne bouge plus. Et vous savez quoi? ça marche… Nan j’déconne bien sur. Une des vis a fini par casser et est restée dans le pas de vis. L’heure est grave, je dois m’en remettre à Dieu pour qu’il intervienne : « euh Alice, il y a un problème avec mon vélo, fais quelque chose… ».

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On est dépité, il va falloir faire de la bidouille avec du matériel neuf. Le type qui nous loue l’appartement essaye de nous aider et à 3 sur mon vélo, on réussit a coincer le guidon avec un morceau de fer. A moi maintenant de faire attention de ne pas trop forcer sur les derniers kilomètres du voyage. Après vérification par Azub, il s’agissait bien d’un problème de diamètre d’une pièce… Poisse, quand tu nous tiens ! Avec tout ça, la visite de Cologne a été réduite malheureusement mais l’essentiel n’était pas là.

 

En mode esquimaux le long du Rhin… 

Nous mangeons avec mes parents le lundi midi, enjambons nos vélos et quittons Cologne sous la pluie. Mes parents quand à eux rentrent vers Colmar, encore une fois, ils nous auront énormément aidé pour le bon déroulement du voyage. On se donne rendez-vous samedi matin à Neuf-Brisach !

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Remarquez le beau ciel qui nous accompagne et ces charmantes tenues printanières.

Sous la pluie, au bord du Rhin, on roule tranquillement, on a le temps, d’après nos calculs, nous devons rouler 70 km par jour pour arriver à Colmar le 22 avril. Le soucis, c’est qu’on a pas de carte GPS de l’allemagne. On s’y est pris trop tard et elle est trop lourde à créer et à charger sur OSM. Nous ne pouvons nous orienter qu’avec Google Map, quand on a du réseau. Mais on est confiants, on en a vu d’autres quand même, et en plus, on doit suivre une piste cyclable !

Cette semaine, c’est le retour de l’hiver en Europe. On est frigorifiés par le le vent, le ciel est noir, il n’y a pas vraiment de bon bivouac au alentour, on décide de s’arrêter dans un camping près de Wesseling pour profiter de la douche et manger à l’abris. A peine 10km après Cologne. On est super confiants.

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On repart le lendemain assez tard, on avait oublié qu’il était possible de rester dans une tente jusqu’à 8h du matin sans que le soleil ne nous transforme en rôti. Pas grave, on a le temps, on est relaxe et puis il pleut encore aujourd’hui. On est frigorifié, le vent et l’humidité s’infiltrent de partout, ambiance morose, peu de personnes croisées, bienvenu en Europe !

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L’Eurovélo est agréable, on traverse de charmantes églises et châteaux le long du Rhin, la vallée de la Rurh est prospère, surtout dans le domaine de l’industrie et de nombreuses usines jalonnent notre parcours. Le père d’Alice nous parlera « d’opulence froide ». Pas mieux.

Nous nous arrêtons dans la belle ville d’Andernacht pour y chercher un camping, mais il n’y en a pas. Planter sa tente dans un champ, c’est pas très évident coincé entre deux montagnes et disons le clairement, on a pas la motiv. Il fait un froid de canard, on est pas du tout acclimaté après 6 mois de grosse chaleur asiatique. On craque et on prend une chambre d’hôtel. On ne sortira même pas pour une petite balade nocturne, les corps sont fatigués, extinction des feus avant 22h.

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Avant de repartir pour l’étape du lendemain, on check un peu notre itinéraire sur google map et on se rend compte que Freibourg est encore loin. Va falloir mettre les bouchées double.

Cela tombe bien la température chute encore, on se réchauffe en appuyant un peu plus sur les pédales. Petite pause le temps de laisser la grêle passer et puis c’est reparti, pédalions-nous il y a 15 jours sous les chaleurs de la Thaïlande ou n’est-ce qu’un rêve? On se plante, en suivant sur quelques kilomètres la moselle au lieu du Rhin. On aurait eu l’air cons une fois arrivé à Metz…

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On pose notre tente dans un camping minable et cher, sans wifi. On est obligé d’aller quémander une connexion internet au resto du camping, le taulier allemand, de nature accueillante, nous envoie balader, c’est un wifi privé uniquement pour les clients du resto.
Heureusement, une dame viendra à notre secours et nous donnera le code wifi en toute illégalité. Elle a risqué sa vie pour nous, à l’heure actuelle, la GESTAPO est toujours entrain d’enquêter…
Google map nous indique, comme la veille, un kilométrage jusqu’à Freibourg plus élevé que se que l’on pensait. Là, on commence à s’inquiéter, on a roulé pratiquement 100 km aujourd’hui et on continue à accumuler du retard sur la distance restant à parcourir… On trouve l’explication rapidement, le GPS ne suit pas le tracé de l’Eurovélo continuellement, nous si ! A force de faire des zigzag pour longer le Rhin et éviter les villes, on a perdu beaucoup de temps. Il nous reste 3 jours et près de 400 km pour nous rendre à Freibourg.

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Bon ok, cet Eurovélo 15 commençait à être ennuyeux, je veux bien avouer qu’à l’approche de la fin du voyage, on commençait à mettre les freins comme si nous voulions retarder le moment fatidique où tout s’arrêtera, c’est clair, il nous fallait un peu de motivation pour avancer, mais de là à se taper 140 bornes par jours sous la grêle…

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Alors au programme de la matinée, 4°C au compteur et doudoune sur le vélo. On se réfugie au chaud dans un resto du centre de Mayence pour la pause de midi, on voit au travers de la vitre, tomber des flocons de neige, ambiance hivernale…Mais pu…naise c’est quoi ce bordel ?

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Pendant qu’Alice reste au chaud déguster un café, je me motive à affronter le froid et changer le câble du dérailleur de mon vélo, cassé depuis quelques kilomètres. Des petits filaments de câble sont restés dans le levier de vitesse et je les extirpe avec difficulté. Malheureusement, je n’ai visiblement pas réussi à tout sortir puisque lorsque je mets le nouveau câble en place, le levier de vitesse coince et casse. On perd 2 heures pour trouver un modèle compatible et pas trop cher. Il est 16h quand on repart de la ville, on pédale comme des malades, on se perd dans les petites routes secondaire et les innombrables pistes cyclables de la région. La tension monte encore d’un cran…

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Rien à voir… Mais visiblement les allemands ne sont pas très incommodés par les pub sexistes. Ici, pour un magasin de meuble…

Salut, c’est Alice. Malgré l’incroyable qualité du récit précédent, je reprends la main pour finir car nous sommes le 16 août, et à ce rythme, pas sûr que l’article paraisse encore en 2017…

En mode « put… je crois qu’on y arrivera jamais… »

Donc nous voilà à Mayence, manette de dérailleur cassée, à arpenter les magasins pour en trouver une à moins de 40€. Finalement c’est toujours le dernier magasin le bon, on en dégotte une avec un vendeur allemand type « Matthias », les initiés comprendront. Ça m’apaise. Et donc, en redémarrant à 16h, il nous reste en théorie une bonne 60aine de KM à parcourir pour s’assurer des étapes raisonnables pour les jours suivants. Le temps est gelé, on en fera 30. On est toujours aussi peu enclins au bivouac. Il faut dire que le temps est vraiment humide et froid, c’est la fameuse semaine qui aura fait geler les vignes et les arbres fruitiers dans l’Est ! Et comme Ben n’a plus de matelas depuis la Thaïlande, on lui en a trouvé un type J-aime-le-Yoga-je-serai-trop-heureux-sur-une-planche-en-bois pour la dernière semaine. On arrive dans une bourgade où on se rend dans un hôtel référencé comme pas cher sur Agoda. C’est plein. On va ailleurs : c’est hors-budget. Mais comme ils ont pitié de nous, ils appellent une dame qui tient des chambres d’hôte et on fini par trouver une chambre au chaud. A 40€ tout de même, et autant dire que ça a l’allure et l’odeur de la vieille chambre d’ami de ton arrière grand-mère, les allemands n’ayant pas la réputation d’être des as de la déco d’intérieur. Ils n’ont pas le temps, un pays à faire tourner pardi ! On se rappelle avec émotion le temps où on négociait âprement des bungalows avec pieds dans l’eau qui nous semblaient bien trop chers à 15€ la nuit… Radiateur, douche chaude, sommeil réparateur, petit-déjeuner fromage charcuterie, on part aux aurores avec pour objectif du jour… 130 km… Et oui, le check-up google map du soir nous a appris qu’on était encore à 260 km de Fribourg, où on doit arriver le lendemain.

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Alors on fait ce qu’on a jamais aimé pendant ce voyage : on pédale, on pédale, on pédale. Sans trop s’arrêter, sans s’émouvoir, sans changer de plan. On pédale. On soupçonne vraiment le climat de nous pousser à la maison. En attendant, je suis contente d’avoir trainé ma doudoune, mes chaussettes étanches, un bonnet (même si ce n’est plus THE bonnet en poils de lama) et des gants jusqu’ici. A aucun autre moment du voyage je ne les aurai porté aussi longtemps tout au long de la journée.

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On soupçonne aussi les allemands de se montrer sous leur plus mauvais jour. Revenant tout droit d’Asie, on est un peu free avec les règles de circulation, on peut l’avouer. Mais à chaque petit contresens dans une voie sans passage, à chaque fois qu’on roule côte à côte sur une voie cyclable, à chaque fois qu’on ose poser nos roues dans des espaces piétons, on se mange directement de sévères remontrances dans une langue qui n’inspire pas en réponse sourire, dialogue et zen-attitude. Un matin, un mec nous croise en voiture en nous faisant de grands gestes. Ben s’énerve « tu vas voir, si je le croise, je vais lui dire que c’est de la merde et bla bla bla ». Ça tombe bien, le mec a fait demi-tour pour venir lui expliquer l’impardonnable faute encore commise ce matin. J’observe bien amusée le Ben écouter relativement calmement et conclure d’un « Sorry, I don’t speak german. In French or in english please… » bien loin de ses plans initiaux ! Et c’est finalement un papi marcheur sermonneur dans un parc arboré qui subira plus tard le courroux d’un Benoit sur la réserve depuis 5 jours !

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En fin d’après-midi, on atteint enfin Karlsruhe, et comme dans chaque grande ville, on perd les pédales et les panneaux et on tourne en rond. Ajoutez au stress de tourner en rond l’agacement de tomber face à une passerelle étroite avec escaliers pour traverser une centrale hydrolique, indiquée comme étant l’option 1 de la piste cyclable. Pour nous ce sera option 2, et 8 km de plus, pour contourner la centrale. On est motivés à bivouaquer. Enfin surtout moi, car j’ai un bon matelas, le soleil est de retour, et c’est l’avant dernière nuit du voyage. Sorti de nul part, Wadim arrive à notre hauteur et pédale à nos côtés. Il demande d’où on vient, où on va. On discute sur quelques kilomètres. Il nous demande où on compte dormir et nous propose vite de venir chez lui. A 10km d’ici nous dit-il… en arrière. A Karlsruhe. Ben accepte tout de suite et moi, j’oscille entre l’angoisse de faire demi-tour en pensant à la journée qui nous attend le lendemain et l’envie de passer une de ces soirées inattendues qui font le vrai goût du voyage et qui nous manquaient tant. On roulera 15 km en arrière mais on passera une délicieuse soirée avec Wadim et ses colocs. On partagera sa petite chambre, ils n’ont qu’une cuisine en commun. Wadim est originaire de Russie, de l’est, là où il fait toujours froid et où la vie est si rude. Lui et sa famille sont venus vivre en Allemagne il y a une dizaine d’années. Il y retourne peu. La vie professionnelle lui coupe les ailes, il rêve de partir à la découverte du monde sur son vélo. C’est pas nous qui allons l’en dissuader. Une rencontre parfaite, un passage de témoin quelque part, pour une dernière soirée de liberté nomade.

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En mode « non, on va quand même pas finir en train… ».

Au matin, Wadim file au travail et nous tentons de nous extirper de Karlsruhe, toujours sans GPS. Evidemment on se perd. On décide de quitter l’euro-vélo et de tracer tout droit vers Fribourg, à 150 km de là. Après deux journées à 95km et une à 137km, on entame cette avant dernière journée vers Colmar avec les jambes exercées mais fatiguées. Mais la bonne humeur est là. En Allemagne, les bonbons Haribo bien chimiques ne valent rien. On en achète des paquets que j’installe à portée dans un gant sur mon guidon, en libre accès pour moi, distribués après sélection des couleurs et parfum à Benoit 😉 Alors qu’on coupait à travers champs sur une route en graviers, je décide, tout en roulant, de sortir un nouveau paquet de ma sacoche. Et en même temps que je me dis « c’est pas une bonne idée » mais que je persévère dans la connerie annoncée, je perds l’équilibre, mon vélo penche sur celui de Ben qui roulait à côté, le rétro se coince dans ses sacoches et voilà Mamoutha trainée, Alice étalée et Benoit qui retient comme il peu son chargement. Bilan du pêché d’envie et de gourmandise : un pantalon troué, un genou et une main brulés, les vitesses ne passent plus directement, les freins sont tordus. Pas le temps de réparer, on continue. Il reste 90 km.

Vers 20h on atteint Freiburg mais il nous faudra plus d’une heure et demi pour traverser la ville tant les jambes sont douloureuses. Et surtout sans GPS. On avait demandé l’hospitalité à des warmshowers dans le mondialement réputé éco-quartier Vauban, dans l’idée de découvrir un peu la vie qui s’y déroule. Arrivés à 21h30, après 160km parcourus dans la journée, la peau cramée par le soleil et le genoux toujours crouteux, épuisés, nous n’en ferons rien.

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Last but not least

Le réveil sonne. Ça y est, nous y sommes, LE dernier jour. Celui qu’on a imaginé plein de fois. Qui sera déjà au premier point de rendez-vous à Freibourg pour prendre la route avec nous ? Pas Charley en tout cas, l’ami de St Nazaire que vous avez eu l’honneur de découvrir au premier jour de ce voyage et lors de son séjour à nos côtés en Patagonie. Sans remonter toute l’échelle des causes, disons qu’il est coincé à Bâle, en suisse, avec son vélo, avec 5% de batterie, victime d’une erreur d’aiguillage des contrôleurs SNCF nous jure t’il. Avec notre hôte warmshower on se lance dans des recherches de dernière minute pour tenter de trouver la meilleure option qui lui permettrait de nous rejoindre. On à peine le temps de lui envoyer un sms sans savoir s’il l’a bien reçu. Avec tout ça, on est à la bourre au point de rendez-vous. Gael, Sophie, Solveig et Fred ont eu plus de réussite que Charley et nous y attendent.

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Pendant ce temps là, le convoi de Colmar est en route…

On est heureux de les retrouver, mais ça a en même temps un petit quelque chose de déstabilisant. En plus, toujours sans vrai GPS, on tourne un peu en rond pour s’extraire de Freiburg. Un cycliste du samedi, tout en lycra et jaune fluo mais bien aimable, nous propose de le suivre. Il nous abandonnera une fois les panneaux de la piste cyclable retrouvés, notre rythme de croisière étant bien inférieur au sien. Notre petit convoi avance gaiement et doucement, au rythme des discussions qui font la joie des retrouvailles.

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Arrivés à la frontière, on voit que le train de Bâle est arrivé en gare. On se demande si Charley était dedans, mais ne l’apercevant pas sur le quai, on reprend la route. Et surprise, au moment de l’immanquable selfie devant le panneau France, le voilà qui nous rattrape ! C’est donc au complet que nous passons la frontière, toujours dans la bonne humeur.

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Les portables commencent à sonner, on est à la bourre au deuxième rendez-vous. Plus on avance vers Neuf-Brisach, plus le coeur se serre et le ventre se noue. On sait que le comité qui nous y rejoint sera plus nombreux. Chacun de ces temps de retrouvailles marque un peu plus la fin du voyage, la fin de cette parenthèse incroyable qu’on aurait bien vu durer encore plus longtemps. Et en même temps on savoure de prendre des nouvelles, de retrouver ces visages familiers qui nous ont beaucoup manqué.

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L’attente des éternels retardataires…

Nous voilà en approche du centre de la ville. On les aperçoit au loin, réunis au centre de la place. Les amis, les parents, les frères et soeurs, les amis des parents. Je crois que là je ne peux parler qu’en mon nom. Je suis submergée par l’émotion en approchant. Mais paradoxalement j’ai envie de faire demi-tour. Parce que je n’aime pas les célébrations et applaudissements en général, et parce que cette fois c’est sûr, c’est terminé. Et cette perspective est difficile à accepter. Mais quel bonheur de découvrir ici des visages auxquels on ne s’attendait pas : mes parents en premier. Je ne sais pas pourquoi, je ne m’attendais pas à les voir avant l’arrivée à Colmar. Ma soeur, mon frère, la soeur de Benoit qui ne pouvait normalement pas être parmi nous aujourd’hui. Mathieu, Cedric, Marie, Pascale. Des visages qui nous font du bien. Et toute la bande des followers de la première heure, les « organisateurs » de ce retour en pédalant : André, Catherine, Coco, Domi, Richard, Fabienne, et Alexandra. Lire l’émotion sur les visages, comprendre que dans le bonheur des retrouvailles tout le monde sent bien aussi la tristesse d’une page qui se tourne. Les larmes me montent aux yeux et je fonce me réchauffer dans les bras parentaux, comme l’enfant qui rentre au bercail. La tristesse n’est que de courte durée face au bonheur des retrouvailles.

Ben: pour ma part je me sens tout petit face à cette masse des têtes que je reconnais petit à petit. Au fur et mesure des coups de pédales, j’aimerai faire demi-tour, je ne veux pas m’arrêter, tiens, l’Australie, ça doit être chouette non ?

Voilà, en fait, on ressent la même chose.

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On est vraiment pas beau mais on devine bien l’émotion…

 

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Hop, nous voilà en quête du coin idéal pour partager le pique-nique. Puis le convoi à vélo reprend sa route, gaiement. On a l’impression de ne jamais s’être vraiment quittés. Ou que c’était avant-hier.

Au fil de la route, on est rejoint par le clan SchumaBoesh, sur ses terres, Gaël, Yoann, Laure et Marine. Une crevaison à l’aller, une au retour. C’est Solveig qui offre le plaisir à Ben de montrer ses compétences en mécanique vélo acquises au fil de la route.

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Et puis, on y arrive. La maison des parents de Benoit. D’autres amis, d’autres visages connus, qu’on a bonheur a retrouvé. Encore un trop plein d’émotion.

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Et cette fois, la certitude que le compteur ne progressera plus. Il s’arrête à 18050 km. On en rigole, car après toutes les galères de santé et de mécanique des derniers mois, on avait tiré un trait sur le fait d’atteindre les 18.000 km. Mais en vérité on s’en fichait. Qu’est ce que le nombre de km traduit ? La richesse du voyage ? Certainement pas. La force des cyclistes ? Non plus. Rien en fait. C’est juste une donnée parmi d’autres à mettre en perspective avec plein d’autres facteurs et plein de souvenirs, de vécu. Mais c’est un phénomène sociétal : les chiffres et les statistiques permettent la comparaison, donnent à voir, donnent des repères. Alors comme tout le monde, on tombe vite dans l’écueil de la démonstration par les chiffres. Et on y perd un peu du sens du voyage, qui est, selon moi justement, de sortir du besoin de tout contrôler, de tout rationaliser, de tout chiffrer et comptabiliser et de tout mettre en compétition. Bref, de ce qui fait le terreau du capitalisme destructeur de notre humanité.

Bien que glacée, la soirée est douce et belle. Elle commence par une touche d’évasion, au rythme des douces notes des amis du trio Yoloma qui nous enchante de ses sonorités vagabondes, des steppes aux plaines d’afrique. Une invitation à prolonger le voyage qui nous laisse tous un peu rêveurs, un peu flottants.

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D’ailleurs, mettez donc un brin de leur musique des steppes pour finir de lire cet article et vous plonger dans l’ambiance…

Flottante. C’est exactement comme ça que je me sens toute la soirée. J’avais imaginé prendre une douche, me changer, cacher par du fond de teint ces affreux coups de soleil sur mon visage, mais en fait, je reste dans ma tenue de voyageuse un peu sale, vraiment nature, celle dans laquelle je me suis tellement sentie moi ces derniers mois. Il fait très froid dans l’air mais chaud dans les coeurs.

L’ami Mathieu a préparé un diaporama qui reprend les photos du voyage et tourne en boucle. C’est juste magique. Je suis obligé de m’y reprendre à plusieurs fois pour aller le regarder. J’ai trop envie de faire un bond en arrière, d’y retourner. Ce paradoxe entre le bonheur d’être ici et l’envie de partir m’habitera toute la soirée. Et puis les chansons de Pascale et de mon père, qui nous font autant rire que pleurer d’émotion, au son des guitares. Pas de soirée folle donc, mais une soirée simple, vraie, authentique, pleine d’amour et d’amitié. C’est tout ce dont on avait besoin.

La page se tourne en douceur, la soirée se termine avec l’arrivée d’une petite pluie fine. On ne peut que se sentir heureux d’être si bien entourés. Et pour le reste, ce n’est qu’un au-revoir au voyage. Nous reprendrons un jour la route, c’est sûr.

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4 mois plus tard…

Alors, est-ce qu’on peut écrire le dernier article du blog 4 mois après le retour sans en parler, du retour  ? Je crois que non.

On a pas vraiment vécu de « dépression » du retour à proprement parlé. On en a pas eu le temps. Il a fallu rapidement réinvestir notre maison, et à peine 10 jours après le retour, reprendre le chemin du travail pour moi. Réparer, ranger, faire le potager pour Benoit. Reprendre pieds dans cette vie « d’avant ». Et finalement, on retrouve vite le rythme. Mais on est différents. J’ai l’impression que tout ce que nous avons vécu n’est qu’un rêve lointain. Que nous revenons juste de 3 semaines de vacances. J’ai encore du mal à réaliser. On ne déprime pas parce que dans nos têtes, il ne s’agit que d’un retour provisoire. Une nouvelle phase de notre vie avant, un jour, un autre départ. On s’est trouvé plus vivants, plus humains, plus heureux dans cette vie simple et nomade. On en revient pas changé, mais sans doute renforcés dans nos convictions. Peut-être un peu plus au clair avec ce qui compte pour nous. Ce à quoi on aspire. On a reçu quelques messages « bon courage pour le retour dans la vraie vie », auxquels on avait juste envie de répondre : non, la vraie vie, c’est ce qu’on vient de vivre pendant presque deux ans. Ce qu’on s’impose au quotidien, c’est une vie d’apparences, de possession, de matérialisme et de quête du pouvoir. Ce n’est pas ça vivre. Ça c’est exister dans une société malade. Une fois qu’on sort du jeu, on retrouve le vrai sens de la vie. On réapprend à vivre pleinement et simplement. C’est ce vers quoi on veut tendre aujourd’hui dans notre quotidien et dans d’autres voyages.

Mais le retour a aussi été marqué par une nouvelle épreuve de vie, celle de la maladie. Une erreur de diagnostic pendant le voyage nous a fait passer à côté et nous a paradoxalement permis de continuer à vivre l’expérience pleinement. Maintenant, nous devons y faire face. C’est comme la traversée de la cordillère blanche, comme l’abord de la carretera australe, comme les premiers tours de roue sur les pistes caillouteuses de la M41, comme être face au vent violent et froid du plateau tibétain : j’ai un peu la boule au ventre car je ne sais pas si je serai capable d’arriver au bout, j’ai l’angoisse de l’effort et des souffrances qui s’annoncent, mais dans le même temps, je sens l’énergie incroyable du mental, l’envie d’aller au bout, cette force qui pousse à se dépasser, à aller plus loin que ce qu’on pensait possible, à repousser ses propres barrières. Le voyage m’a appris à repousser mes barrières, à croire en moi. Ma force en est décuplée. Forte de cette expérience là, j’avance sur les chemins tortueux et en dents de scie de la maladie avec confiance. C’est donc un retour qui prend un tournant complètement inattendu, qui ne nous laisse pas de répit et nous met encore une fois à l’épreuve, individuellement et en tant que couple. On ne pouvait pas parler du retour sans en parler car c’est devenu notre quotidien, occultant un peu les 22 mois fabuleux qu’on venait de vivre. Mais on le sait, on l’a appris, on l’a vécu, après la pluie vient toujours le beau temps. Et il sera alors temps d’ouvrir une nouvelle page de notre histoire.

Merci à toutes et à tous de nous avoir suivi, accompagné, soutenu, dans cette expérience de vie qui nous a transcendé, ouvert au monde et à ses merveilles, ouvert aux hommes et aux femmes qui le font vivre.

Merci à tous ceux qui nous ont aidé sur la route, encouragé, souri, ouvert leur porte, leur famille et leur cœur. C’est vous qui avez fait ce voyage.Vous nous inspirez.

Merci à vous tous qui avez été et êtes présents dans cette étape difficile du retour.

A bientôt pour de nouvelles aventures En transat’ !

Benoit et Alice, mamouthou 2.0 et Mamoutha 1.0

 

 

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15 réponses à “Quand l’hiver s’invite au printemps… qu’il fait bon retrouver les siens ! De Cologne à Colmar, c’est bel et bien le retour.

  1. Waouh, quel article, ça ne laisse pas indifférent. On va passer très vite sur l’émotion pour vous confirmer que OUI l’Australie c’est super, et que dans la foulée la Nouvelle Zélande c’est le top ! Un petit saut en Nouvelle Calédonie et ça le fait bien aussi…
    On ne vous attendra pas mais peut-être que quand vous repartirez on parcourra un bout de route ensemble quelque part.
    Kenavo !

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    • Ne nous attendez pas parce que c’est encore loin sur le programme… ce qui m’en titille depuis le retour, c’est la traversée de l’Europe, la route de la soie encore, la Mongolie, pour aller au Japon et revenir… ça aide à garder le moral 😀Mais chut… c’est un secret 😉Merci d’avoir été de fidèles lecteurs, on continue à vous suivre et on espère bien vous croiser ici ou ailleurs. Bises

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  2. Bonjour,
    J’ai partagé avec vous votre voyage et je suis ému par votre denier récit.Je sais que vous surmonterez cette dernière épreuve pour repartir un peu plus tard. Pédalez en allant vers les autres rend tout simplement heureux.
    Admirations.
    Avec toute mon amitié.
    Pascal

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  3. Superbe. Mais j’aurais préféré ne pas le lire cet article, ou plus tard, pour oublier encore un peu qu’on va rentrer. Et pour ne pas penser à ce con de médecin à Chengdu.

    « Ce qu’on s’impose au quotidien, c’est une vie d’apparences, de possession, de matérialisme et de quête du pouvoir. Ce n’est pas ça vivre. Ça c’est exister dans une société malade. Une fois qu’on sort du jeu, on retrouve le vrai sens de la vie. On réapprend à vivre pleinement et simplement. C’est ce vers quoi on veut tendre aujourd’hui dans notre quotidien et dans d’autres voyages. »
    Que…quoi… ? Saleté de décroissante bouffeuse de bio !! Tu veux que l’économie s’effondre encore plus oui quoi ? Aller, va acheter un voiture neuve pour te repentir ! Et tu me feras le plaisir d’accrocher une photo de Macron avec Trump au-dessus de ton lit (entre les GI Joe de Ben et ta peluche affreuse au drapeau anglais)

    Pour les kilomètres, t’as raison, ça ne veut rien dire, ça ne décrit pas un voyage. Mais c’est important bordel ! Car ils sont fait à vélo, que les vélos sont lourds et que c’est pas tous les jours facile ! Donc bravo pour les 18 050 !

    Avec toute la panargiclette pour ta guérison
    Fred, qui vient de faire 30 km sous la pluie (ça compte double)

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    • La voiture c’est fait. Un kangoo d’occasion, le rêve de toute une vie. On y rentré facile les deux velos, le chien et 10 laotiens. Ne pensez au retour qu’en terme de tartiflette et cotes de porcs papates sautées et tout se passera bien 😊 Puis vous avez de beaux projets, non ? Merci pour l’énergie de la panargiclette. Manque quelques globules blancs mais à part ça, je suis aussi au top qu’on peut l’être 💪🏼

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  4. Bon ça y est c’est fermé.Quel beau voyage vous nous avez fait faire. Un grand merci,même si tout le plaisir ‘était pour vous…Je crois me souvenir que vous avez pu pédaler avec le grand Fred ! Quel Panard! Côtoyer Fred en pleine expé, ya plus d’une alsacienne qui en rêverait. C’est bien d’avoir tenu, votre numéro à quatre au cœur de la route de soie a été extra. Bonnes bises à vous 2 les petits amis. On a hâte de la suite .De tout tout cœur avec Alice. Pensons tres fort kirghistan, tadjikistan, espaces, cheval et ça va le faire. Jv

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    • Merci de nous avoir suivi et fait rire dans les commentaires. Et pour les encouragements. Ça va le faire, oui 👍 « Pédaler avec le grand Fred ». J’avais pas conscience de vivre un tel honneur, mais l’experience n’en était pas moins sympathique. Mais c’est eux qu’il faut féliciter car ils ont dû s’accrocher… pour supporter la 1/3 bretonne,1/3 ligérienne et 1/3 alsacienne dans ces moments de colère 😆À bientôt pour de nouvelles histoires !

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  5. Merci pour ce bel article, empreint d’émotion, qui vient clore cet épisode des aventures véritablement extraordinaires d’Alice et Benoît. Il n’est malheureusement pas possible de le lire avec la sérénité habituelle.
    Mais vous avez raison, lorsqu’on est tombé dedans, on est marqué à vie et je ne doute pas un seul instant que vous repartirez quand l’occasion se présentera de nouveau.
    Quand on en est momentanément empêché, des récits comme le vôtre permettent de continuer à voyager d’une autre manière. Et lorsque l’humour, l’intelligence, la justesse du propos, l’émotion et la chaleur des photos sont présents, on se régale d’autant plus. Ce fut mon cas tout au long de cette expérience de votre vraie vie. Bravo pour la chance que vous avez su vous donner.
    Et merci, merci, merci ♥
    La petite Dom qui vous embrasse très fort

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  6. Superbe récit et voyage que j’ai vécu au travers de votre expérience.
    J’espère que nous aurons l’occasion de nous recroiser professionnellement ou personnellement.
    Le monde du social est petit et surement encore plus riche avec l’expérience acquise.
    A bientôt
    Sylvain

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  7. Pingback: Le Myanmar à vélo, et au triple galop ! – V'Asie à Vélo·

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