Langmusi – Chengdu : quand l’air est froid et le ciel est gris, la chaleur est humaine

Bon bon, gros beug dans la publication de cet article qui est paru sous forme de brouillon au texte et aux photos incomplets avant l’heure… Merci le grand firewall chinois qui fait tout planter ! Voici donc la version All Inclusive de l’article… on espère que vous prendrez le temps d’y (re)-jeter un oeil et de le (re)-lire !

On vous avait laissé à Langmusi sur une nouvelle indécision d’itinéraire. On attendait que la nuit nous porte conseil et que la météo vienne miraculeusement nous confirmer dans notre choix.

Et bien sur, au réveil, il pleut, et mon pneu arrière est crevé. On part tard de Langmusi, et plutôt que de tenter le diable sur une éventuelle piste boueuse on rejoint la route principale bien vide de voitures en ces jours peu avenants.

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Peut-être que ça ressemble au panneau avec du soleil…

Après une pause dans un restaurant de bord de route, on constate que mon pneu est de nouveau à plat. La pluie redouble d’intensité, il n’y a pas de bande d’arrêt d’urgence, on répare à même la route éclaboussés par les camions qui nous doublent.

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Après cet incident, et un passage de tunnel aussi effrayant que glissant, on débouche dans un nouveau grassland, immense. Partout, des petites tentes blanches ou vertes, qui ressemblent au tentes des camps de réfugiés. De la fumée s’en dégage. Les éleveurs de Yak y habitent. A l’année ? On ne le sait pas, toujours est-il que nous sommes à plus de 3500m au mois d’octobre et ils sont toujours là. Les éleveurs kirghizes qui s’installent à cette altitude l’été démontent leur camp entre fin août et fin septembre. On en a marre et on commence à cherche un coin pour dormir.

Alors que je m’arrête pour prendre une photo, une femme sort d’une petite tente blanche et nous fait signe de la rejoindre. Il commence à neiger, on retrouve le sourire. Devant la tente, un immense berger tibétain bondit en hurlant et rebondit sur sa chaine. C’est effrayant. Au chaud dans la tente, Tsé Tsé et sa voisine nous préparent le Tsamba, une spécialité tibétaine ragoutante de prime abord mais consistante et délicieuse en réalité : du beurre de yak, mélangé à de l’eau chaude ou du thé, auquel on ajoute en malaxant de la farine torréfiée, pour former une boule de pâte. On ajoute du sucre et on déguste.

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La voisine de Tsé Tsé prépare le Tsampa

On en mangera au moins 5 tout au long de la soirée, installés au coin du poêle que Tsé Tsé remplit de bouses séchées toutes les 15 min pour s’assurer que l’on ait pas froid. La vie ici est ultra simple et précaire. La tente en toile repose à même le sol, contrairement aux yourtes il n’y a ni plancher ni tapis. Les matelas et couvertures sont entreposées dans un coin, les affaires de cuisine dans un autre, la moto et le sac de bouses séchées dans le troisième. On se dit que les peuples nomades sont connus pour l’ingéniosité et la solidité de leur habitat face à des hivers rigoureux. Comment en est-on arrivé à ces tentes en plastique, plus modernes, mais beaucoup moins confort que l’habitat traditionnel nous semble-t-il  ? Nous n’avons vu des yourtes dans les grasslands que pour accueillir les touristes. Les vrais habitants dorment dans des tentes en plastique. On ne comprend pas bien.

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Tsé Tsé chez elle

Rapidement Tsé Tsé nous propose de rester dormir et la soirée se prolonge avec son mari, Ala, et des voisins comprenant le mandarin et munis de smartphone pour tenter de communiquer. Parce que le soucis, c’est que nos hôtes parlent un dialecte tibétain et ne comprennent pas le mandarin. Le guide et le traducteur sont donc bien inutiles. Mais en communiquant par langage des signes et avec le Point-It on arrive à échanger des informations basiques : d’où on vient, combien d’enfants ont nos hôtes, comment on dort d’habitude etc. Après tous ces thés, j’ai fort envie d’aller aux toilettes. Le soucis, c’est qu’il n’y en a pas, il faut attendre la nuit pour faire ce qu’on a à faire dans le noir quelque part dans la plaine. La nuit tombe enfin et tsé tsé et son mari rassemblent les chevaux et les yaks.

Puis on partage le repas de la famille, un riz à la viande de yak séchée réchauffé et on boit du thé et on mange encore du tsamba. On est complètement repus.

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Soirée smartphone pour tenter la communication. Photo prise avec mon appareil par un des voisins !

Au moment de dormir, tout le monde participe au gonflage de nos matelas et inspecte notre matériel. Une fois que tout est prêt, on ne sait pas trop quoi faire car Tsé tsé, Ala et tous les voisins sont encore debout à nous regarder. Ils nous disent de nous coucher et nous regardent en riant rentrer dans nos duvets. On est allongés, ils sont 6 autour de nous, debout, c’est bizarre. Après une inspection des duvets, et discussion entre eux, le constat est sans appel : on aura pas assez chaud. Ils sortent deux couvertures et nous bordent dedans ! C’est trop adorable, on est submergé par tant de générosité. Puis les voisins s’en vont et TséTsé et Ala installent leur couchage dans l’autre coin de la tente. Ils éteignent l’ampoule qui est reliée à une batterie auto reliée à un panneau solaire. C’est l’heure de dormir.

J’ai du mal à trouver le sommeil car je suis complètement retournée par toute cette générosité. Les seuls mots ou idées qui me viennent à la tête sont dignes des candidats de Pekin Express « c’est ceux qui en ont le moins qui vous donnent le plus ». J’aimerai aller plus loin dans l’analyse, car c’est une énorme porte ouverte enfoncée, un stéréotype vieux comme le monde, mais c’est tellement vrai. Depuis le début du voyage, on a vraiment rencontré la confiance, le partage, le don, plus souvent en milieu rural et par des gens qui vivaient très simplement. Il est sur que l’individualisme et le chacun pour soi nait aussi dans le matérialisme : plus tu as de trucs chers et de gadgets à protéger, plus tu as peur d’ouvrir ta porte à un inconnu, moins tu fais confiance, plus tu as peur d’y perdre. Et peut être que moins tu possèdes, plus tu as la faculté d’empathie, et plus le fait de donner te paraît naturel et te conforte dans ton humanité et ta dignité. Ta faculté à être humain. La fameuse théorie du don autour de laquelle j’ai tellement travaillé ces dernières années prend ici tout son sens, encore plus fortement qu’avant. Je me sens tellement liée à tous ces gens qui nous accueillent, tellement redevable, tellement petite.

A 5h30 du matin, je sors de mon sommeil. Tsé tsé est en train de se préparer. Un petit tour aux « toilettes » et je me recouche pendant qu’elle va traire les Yaks. Il neige. Quand nous nous réveillons à 7h30, elle rentre tout juste et prépare le tsampa pour le petit déjeuner. Il neige encore dehors. Nos hôtes nous invitent à rester mais il nous faut reprendre la route. Pourquoi ? On pas de train à prendre, on a pas de rendez-vous, on a rien de vraiment très contraignant. Le seul hic c’est qu’on a déjà pris plus de temps que prévu et plus on retarde notre arrivée à Chengdu, plus on retarde notre escapade à plus de 4000 m sur le plateau tibétain. Et les conditions risquent d’être rudes si on arrive trop tard dans la saison.

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On reprend donc la route, qui grimpe et redescend doucement sur des collines. On ne voit rien du paysage, il neige de plus en plus fort. Les véhicules qui arrivent en sens inverse sont couverts d’une épaisse couche de neige, ce qui n’augure rien de bon. On roule 30 km dans ces conditions, et arrivés au sommet de la dernière « colline », avant la prochaine ville, on se rend à l’évidence : tenter la descente dans ses conditions serait dangereux : la route est glissante, la neige venant de face on ne voit rien, et les véhicules ne nous voient pas non plus. Il faut faire du stop. A l’instant précis où on se dit ça, un pick up débouche du virage, on tend le pouce et il s’arrête.

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Un homme et sa femme, habillés en tenue du dimanche, acceptent de nous prendre et nous aident à charger les vélos sous la neige. Quatre ou cinq kilomètres plus loin ils nous déposent devant un hôtel luxueux au centre de Zoige. Quand j’entre dans l’hôtel, le prix affiché de la chambre est 330 RMB (Environ 45euros), trop cher pour nous. L’hôtesse d’accueil me rassure en me disant que ce sera 220 RMB. Mais c’est toujours trop cher pour nous. Je lui explique que pour nous le maximum c’est 150 RMB. Elle me dit que ce n’est pas possible. En désespoir de cause je lui écris 200 RMB. Elle raye mon chiffre et le remplace par 180 RMB. Ok, ça c’est de la négociation involontaire ! Mais c’est quand même bien cher, du coup je vais voir un petit hôtel en face. 100 RMB la nuit, la chambre est très correcte, et la jeune fille qui m’accueille sympathique. On décide donc d’y aller. A l’arrière de l’hôtel il y a un préau et une barre d’immeuble où vivent en famille les propriétaires de l’hôtel. On met les vélos à l’abris, puis Chuichui, qui m’a montré l’hôtel, et sa belle mère, nous assoient auprès du feu, mettent à sécher tous nos vêtements, nous servent thé sur thé, et nous préparent à manger : des pommes de terre vapeur dans du beurre de yak (et du sucre!!!), des légumes sautés au wok, du riz, des beignets. En moins de deux heures, on est passé de l’enfer au paradis. Et il ne neige plus dehors.

C’est le grand défilé des frères, des oncles, des voisins, avec qui on discute et à qui on montre les photos de nos familles. On est parfois morts de rires quand les gens essayent de deviner qui est de la famille de qui ! Nos hôtes nous expliquent qu’ils sont tibétains, et parlent tibétain. Chuichui a appris le mandarin, du coup, on peut utiliser un logiciel de traduction pour communiquer. On passe une belle après-midi en leur compagnie.

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Séance photos de famille !

Et on règle l’un des problèmes de notre tente, puisque Chuichui nous conduit chez un cordonnier avec qui elle doit âprement négocier pour qu’il accepte juste de changer le curseur de fermeture éclair. Avant ça, elle nous avait conduit aux 4 coins de la ville chez 4 couturières différentes qui avait toutes refusées. Sans elle, on n’aurait sans doute jamais réussi la mission.

Après un contrôle de la météo qui nous prédit la fin de la neige mais le maintien de la pluie, on décide de persister à rallier Songpan où l’on prévoit de prendre un bus pour Chengdu. La route est belle, les sommets enneigés, le temps couvert mais sec.

On trouve un coin isolé pour planter la tente, dans une zone assez humide. Le vent ne faiblit pas pendant la nuit et la pluie bat son plein. On attend 11h du matin pour démarrer, en repliant la tente trempée. Il pleut toujours.

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La côte qui mène au col n’est pas raide du tout, elle est longue, mais c’est pire. On a l’impression qu’on n’y arrivera jamais. Et enfin, on y est !

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Les panneaux publicitaires pour ces balades à cheval montrent 3 ou 4 personnes au galop, cheveux au vent, dans des plaines d’herbe abondante. La réalité est un peu différente…

On entame la descente et la pluie commence à faiblir puis disparaître. On ne regrette pas d’avoir persévéré parce que la descente nous emmène dans des paysages complètement nouveaux de forêts de pins et de conifères aux couleurs automnales. C’est tout simplement splendide !

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Le moment parfait pour une petite crevaison ! Comme on est de bonne humeur grâce au retour du temps sec, on le prend bien et on décide que pendant que Ben répare, je prépare rapidement des noodles pour qu’on perde moins de temps. Des ouvriers nous regardent et auscultent les vélos pendant que Ben répare sans dire un mot ni répondre à notre bonjour. C’est plaisant. Alors que tout le matériel de réparation est sortit, ainsi que le réchaud et que les sacoches sont bien ouvertes, je me retourne, et je vois un gros nuage et ses trompes d’eau débarquer sur nous. On a rien le temps de replier, en l’espace de 5 minutes, l’averse à tout trempé. On est dégoutés. On repart, et on rattrape le gros nuage. Résultat : on roulera sous la pluie jusqu’aux portes de Songpan, et pour rendre l’affaire plus complexe, les freins arrières de Benoit et mes freins avant ont décidé que c’était le moment de nous abandonner.

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A Songpan, on a juste envie de trouver un bus pour sortir de cette semaine météo de merde. Ce n’est pas vraiment une question de mauvaise période, parce que la semaine qui suit est annoncée très ensoleillée. C’est l’automne, et comme chez nous, il y a des phases d’été indien et des phases de temps à rester au coin du feu. Pas de bol sur ce coup là, on aurait été bien au coin du feu !

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On réserve un billet pour le bus de 6h, et pour faire simple, on se pose dans l’hôtel au dessus de la gare routière. Pas le bon plan économique, mais le meilleur plan pour faire tout sécher et se lever plus tard demain matin. C’était sans compter sur nos voisins de chambre qui arriveront au milieu de la nuit en criant avant de se lancer dans une interminable partie de jambes en l’air. 3H de sommeil plus tard, on est prêts à embarquer dans le bus. Le chauffeur n’est pas de cet avis, il n’apprécie guère le volume de nos bagages et nous demande 100RMB par vélo. On tente de négocier, il ferme les soutes à clé, et des passagers et badauds commencent à s’énerver contre nous. On craque, on paye ce qu’il demande, mais les soutes étant vraiment petites on est obligés de tout démonter. Du coup, le chauffeur pris par le temps nous refourgue au bus suivant. On est hyper tendus, et une fois qu’on a réussi à charger les vélos le chauffeur jette les sacs à dos des autres passagers dessus. Un rétro cassé. Ce qui vaudra à Benoit une entrée dans le bus fracassante en hurlant toutes les insultes possibles. Nos voisines de sièges avaient commencé à nous offrir des chocolats. Nous n’aurons après ça plus de contact avec elles.

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Prendre le bus pour 360 km de descente c’est frustrant, encore plus quand les paysages sont beaux comme ceux d’aujourd’hui et que le soleil est de la partie. Mais en voyant l’étroitesse de la route de montagne et le comportement de notre bus chauffard, on ne regrette pas complètement le coup d’accélérateur. Petit à petit, le ciel bleu disparaît pour laisser place à une épaisse brume blanche qui couvre tout, du sol au ciel. On ne voit plus les montagnes. On arrive à Chengdu. On passe plus d’une heure à remonter les vélos et réparer une nouvelle crevaison sur le mien. Les gens viennent nous observer, rigolent, tripotent, ce qui a le don de faire travailler les nerfs de Benoit.

Pour ces quelques jours à Chengdu, on est hébergés chez Rae, une voyageuse à vélo anglaise en pause de voyage pendant un an pour donner des cours d’anglais et ainsi renflouer un peu ses caisses afin de continuer l’aventure. Beaucoup d’étrangers font ça à Chengdu, en particulier les voyageurs au long cours. Énormément de chinois souhaitent que leurs enfants parlent anglais ou souhaitent eux-même apprendre, et beaucoup d’écoles privées cherchent des professeurs. Ceux que nous avons rencontré ont été embauché en moins de 24h, sans expérience pédagogique préalable ! Rassurez-vous nos familles, nous n’avons aucune chance de devenir professeurs d’anglais !

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Rae, c’est wonderwoman. Elle est rentrée de ses vacances à vélo la nuit précédente à 3h du matin, après plus de 30h de bus coincé dans la neige. Durant ses 10 jours de vacances elle a parcouru 600km sur le plateau tibétain, enchainant les sommets à plus de 4000m. Et aujourd’hui, elle travaille jusqu’à 21h. Et malgré tout ça, elle débarque remontée comme une pile, le sourire jusqu’au oreilles, pour nous faire découvrir le quartier, et nous emmener dans un délicieux restaurant. On passera 6 jours avec Wonder Rae, qui sera aux petits soins pour nous. Bons restaurants, petits déjeuners au lit avec du vrai café, visite du parc et adresses de tout ce qu’on cherche à Chengdu, elle nous aide constamment.

Chengdu, c’est une mégalopole. Quatrième ville chinoise avec plus de 14 millions d’habitants, des buildings, des écrans géants et des néons à faire passer New-York pour une citée antique. Tout est neuf, tout est démesuré. On a jamais vu autant de magasins de luxe. Et n’allez pas croire que les prix en Chine soient plus bas que ceux pratiqués en Europe, bien au contraire. La marque se paye cher ici aussi. On en revient pas du fossé qui existe entre la vie ici et celle que nous avons connu dans les plaines d’altitude 4 jours avant.

Le lendemain de notre arrivée, on retrouve nos panardos préférés, eux aussi à Chengdu. Une petite balade dans leur quartier d’adoption et la tour de 30 étages qu’ils habitent, et nous nous quittons pour aller visiter le tant attendu Décathlon de Chengdu tandis qu’eux vont visiter le tant attendu Carrefour. C’est toujours un plaisir de se revoir et de se raconter les anecdotes du voyage.

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Décathlon est à 3km de chez eux, il suffit d’aller tout droit en suivant le périph, mais on décide d’emprunter un taxi pour gagner du temps. On perdra 45 minutes. Le chauffeur nous emmène dans le centre ville et interpelle les passants pour regarder sur leur smartphone où on veut aller. Ça n’en finit plus. On lui montre aussi, on lui dit quand il se trompe mais il s’obstine dans sa connerie. Et nous dans la nôtre de rester à son bord ! Et pendant ce temps le compteur tourne. Quand on arrive enfin au décathlon, il indique 40 RMB. Hors de question qu’on paye ça, on lui avait montré très précisément la destination sur la carte. On s’engueule et on part en lui laissant 20 RMB, l’affaire est close.

On découvre aussi quelques petites rues à Chengdu et quelques loufoqueries (qu’on appelle maintenant « chinoiseries ») électriques et culinaires.

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Le soir même, on prend nos vélos pour rejoindre Rae et tout un groupe de cyclistes qui se retrouvent tous les soirs de pleine lune pour une virée nocturne à vélo. On pédalera plus de 3h entre le temps de rejoindre le groupe et la promenade, pour ensuite partager tous ensemble une bière dans un pub bien sympathique. Pédaler en groupe dans ces grandes avenues aux milles lumières, dans les parcs rendus mystérieux par la nuit, sous les arches de ces échangeurs géants à 6 ou 8 voies à quelque chose de magique. Il faut pourtant faire abstraction du niveau de pollution. Durant notre séjour, il était en moyenne de 200. A Paris, pour une mauvaise journée, l’indicateur est à 50. Normalement à 200 on ne devrait pas sortir de chez soi sans un équipement de protection. Et nous on pédale à pleins poumons !

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A Chengdu, je dois faire un examen médical. Notre ordinateur aussi, puisqu’il a décidé de mourir d’un seul coup, nous laissant juste une trêve le temps de sauvegarder les photos. Journée docteur donc. Et il est plus facile de prendre rendez-vous chez docteur Pomme que de trouver le bon service dans l’hôpital international de Chengdu ! Les petits bras de Steve Jobs nous demandent d’attendre 5h avant de pouvoir avoir un rendez-vous. En attendant, on se lance donc dans la recherche de la clinique spécialisée dans les voyages à l’étranger. Quand on la trouve, ils ne consultent plus mais une dame accepte de me voir, me dit qu’ils ne peuvent pas faire l’examen dont j’ai besoin ici et me conseille deux pistes :

– l’hôpital international

– une clinique privée très très chère.

Et alors qu’on paye une assurance privée dont on ne s’est absolument pas servi depuis 8 mois, un instinct de radinerie ou de sens du service public me submerge, et je me décide à aller à l’hôpital, munie d’un post-it sur lequel la dame à inscrit en mandarin mon problème. Deux heures à tourner dans les services, à montrer mon post-it aux femmes de ménages ou aux infirmières sans pouvoir les distinguer, et on finit par nous dire que les prises de rendez-vous sont terminées et qu’il faudra revenir le lendemain matin. Direction l’Apple Store maintenant pour le seul rendez-vous réussi de la journée. En deux temps trois mouvements, mme Pomme croquée remet sur pieds notre ordinateur réfractaire qui avait à priori un bug système fort invalidant mais inexplicable.

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On retrouve Fred et Ophélie, qui ont préparé des délicieuses mousses au chocolat, chez Sarah et Scott qui les hébergent, et qui hébergent aussi Brigitte et Nicolas, cyclistes français dont on a parfois suivi les traces et dont la capacité à enchainer de longues étapes tout en prenant le temps d’apprendre beaucoup de choses sur les pays traversés nous avait impressionné. Vous suivez toujours ?

Le lendemain matin, retour à l’hôpital international où personne ne semble parler Anglais. On dirait que toute la ville s’est donné rendez-vous ici, c’est blindé. Premier guichet, on me fait acheter une carte magnétique, mais je n’ai pas de facture. Ça commence mal pour collecter les papiers qui seront nécessaires à l’assurance. Deuxième guichet, une gentille dame me repère en perdition et me conduit directement vers quelqu’un qui semble être chargé de répartir les patients. Il m’imprime deux codes barres et me dit qu’il faut que j’aille payer avec ces reçus pour demander un rendez-vous, peut-être dans deux ou trois jours. Pour payer et prendre rdv, il faut aller aux bornes électroniques, toutes en chinois. Et toujours pas de rendez-vous avec un médecin. Je vais donc payer pour deux examens sans avoir vu préalablement un médecin pour expliquer mon problème, sur la base d’un post-it. La veille, en cherchant, on a vu que les gens qui passaient des radios étaient appelés à la chaine pour faire l’examen puis retirer leurs résultats, comme pour les épreuves du bac. Mais pas d’entrevue avec un médecin au moment des résultats. Bref, ce que je veux, c’est voir un médecin, et là c’est vraiment pas sérieux. Changement de plan après toutes ces heures perdues, on file à la clinique privée et tout est bouclé en une demi-journée, avec tous les documents nécessaires et que des bonnes nouvelles. Le soir, avec Rae, on retrouve Fred et Ophélie, Scott et Sarah, Nick, Peter, et deux cyclistes polonais pour un bon burger accompagné d’un bon verre. Dix voyageurs à vélo et au moins 5 nationalités différentes autour de la table. Un régal.

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On profite d’être à Chengdu pour visiter le centre de préservation du grand panda. Sous la pluie évidemment. Les pandas passant la moitié de leur temps à dormir pour économiser de l’énergie, il faut tomber au bon endroit au bon moment pour les voir bouger. Mais il faut avouer qu’ils sont trop mignons.

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A cause de la pluie, les bébés pandas retirés à leur mère et élevés par les soigneurs sont confinés à l’intérieur, dans la nurserie. Et pour accéder à la vitre, c’est pire que le premier jour des soldes aux galeries Lafayette, pire qu’être coincé au milieu des jeunes filles en fleurs (et de Fred) au concert de Christophe Maé. On s’y reprendra à 3 fois ! Les bébés sont séparés de leur maman car ils naissent souvent jumeaux, et la maman Panda, instinctivement, n’en gardera qu’un. Les soigneurs s’occupent de l’autre.

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La visite nous plonge dans les turbulences du tourisme de masse chinois : on se bouscule, on se passe devant les uns les autres, on se prend en photo partout, on crie très fort, on jette tout par terre… Dans notre perception culturelle des choses, c’est du manque de savoir vivre. Mais culturellement, ici, c’est normal. A nous de nous adapter. J’ai quand même beaucoup de mal quand des filles hurlent comme des groupies pour tenter de réveiller un gros panda endormi et faire une superbe photo. Tient, « hurler comme des groupies » : encore un point commun avec Fred au concert de Christophe Maé…

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On découvre aussi avec Rae le « people’s park » de Chengdu. Il y en a dans toutes les grandes villes. Beaucoup de verdure bien sur, mais aussi des gens qui dansent, des karaoké, des œuvres d’art éphémères, des gens qui jouent dans les allées… et des poissons qu’on nourrit au biberon ! Les parcs sont hyper investis, ça laisse rêveurs !

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Vendredi matin, après 6 jours à Chengdu, il est temps de partir. Sous la pluie bien entendu. Deux jours de bus en direction du plateau tibétain, qu’on partage avec Brigitte et Nicolas, avec pour destination Litang où on reprend les vélos pour une étape de haut montagne qui s’annonce aussi dure que belle !

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Et surtout, n’oubliez pas : l’entironment, c’est important !

A bientôt

Les données de l’étape :

11.10

Langmusi

Tente nomades

53km

3h33

+343

-224

12.10

Dazhasi

29km

1h51

+157

-107

+4km de stop à cause le neige

13.10

15 km avant col

85km

5h43

+385

-181

14.10

Songpan

81km

4h22

+328

-1083

15.10

Bus Chengdu

Du 15 au 20

repos Chengdu

7 réponses à “Langmusi – Chengdu : quand l’air est froid et le ciel est gris, la chaleur est humaine

  1. Je pense que ça doit être dur de retrouver une telle forte densité de population après avoir passé autant de temps dans la nature, sur les plateaux, dans le silence. Si vous avez autant des crevaisons… Est-ce que il n’y a pas un truc qui est resté dans la jante?

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    • Oui la transition a été un peu rude et accentuée par le saut de puce en bus ! Rien dans la jante, plutôt la faute aux débris de camion en bord de route qui se logent dans les pneus et qu’on a beaucoup de mal à repérer…

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  2. Sublime récit, sublimes photos, expériences enrichissantes et rencontres attachantes, vous voici très riches. Quel courage aussi… En attendant le plaisir de lire la suite, plein de gros câlins chaleureux.

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  3. Le centre pour les pandas à l’air bien cool et je pense que Chengdu m’aurait bien plu
    Et pour la pluie et la neige, c’est pas si terrible, vous savez bien ce que j’en pense, il en faut pour une aventure réussit 🙂

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